LES TUILERIES


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LES TUILERIES

 

A guichets fermés

me yeux se baignent

une enfance est là qui ne veut pas vieillir

Marthe souriante

me tenant la main

il est une fraîcheur qui ne saurait mourir…

 

Niala-Loisobleu – 11 Août 2020

Romance sonámbulo -Federico García Lorca


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Federico García Lorca

Romance somnambule

(espagnol: Romance sonámbulo)

(poésie – texte traduit en Français)

Vert et je te veux vert.

Vent vert. Vertes branches.

Le bateau sur la mer,

le cheval dans la montagne.

L’ombre autour de la ceinture,

elle rêve à son balcon,

chair verte, verts cheveux

avec des yeux d’argent froid.

Vert et je te veux vert.

Dessous la lune gitane,

toutes les choses la regardent

mais elle ne peut pas les voir.

Vert et je te veux vert.

De grandes étoiles de givre

suivent le poisson de l’ombre

qui trace à l’aube son chemin.

Le figuier frotte le vent

à la grille de ses branches

et la montagne, chat rôdeur,

hérisse ses durs agaves.

Mais qui peut venir? Et par où?

Elle est là sur son balcon,

chair verte, cheveux verts,

rêvant à la mer amère.

L’ami, je voudrais changer

mon cheval pour ta maison,

mon harnais pour ton miroir,

mon couteau pour ta couverture.

L’ami, voilà que je saigne

depuis les cols de Cabra.

Si je le pouvais, petit,

l’affaire serait déjà faite.

Mais moi je ne suis plus moi

et ma maison n’est plus la mienne.

L’ami, je voudrais mourir dans

mon lit, comme tout le monde.

Un lit d’acier, si possible,

avec des draps de hollande.

Vois-tu cette plaie qui va

de ma poitrine à ma gorge?

Il y a trois cents roses brunes

sur le blanc de ta chemise.

Ton sang fume goutte à goutte

aux flanelles de ta ceinture.

Mais moi je ne suis plus moi et

ma maison n’est plus la mienne.

Laissez-moi monter au moins

jusqu’aux balustrades hautes.

De grâce, laissez-moi monter

jusqu’aux vertes balustrades.

Jusqu’aux balcons de la lune

là-bas où résonne l’eau.

Ils montent déjà, tous les deux,

vers les balustrades hautes.

Laissant un sentier de sang.

Laissant un sentier de larmes.

Sur les toitures tremblaient

des lanternes de fer-blanc.

Mille tambourins de verre

déchiraient le petit jour.

Vert et je te veux vert,

vent vert, vertes branches.

Ils ont monté, tous les deux.

Le vent laissait dans la bouche

un étrange goût de fiel,

de basilic et de menthe.

L’ami, dis-moi, où est-elle? Où est-elle, ta fille amère?

Que de fois elle t’attendait!

Que de fois elle a pu t’attendre,

frais visage, cheveux noirs,

à la balustrade verte!

Sur le ciel de la citerne

la gitane se berçait.

Chair verte, cheveux verts

avec ses yeux d’argent froid.

Un petit glaçon de lune

la soutient par-dessus l’eau.

La nuit devint toute menue,

intime comme une place.

Des gardes civils ivres morts

donnaient des coups dans la porte.

Vert et je te veux vert.

Vent vert. Vertes branches.

Le bateau sur la mer,

le cheval dans la montagne.

..

.

Federico García Lorca

 

PLAINE LUNE


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PLAINE LUNE

 

Plate et morne comme un écrasé sans une tubercule

l’enfant jeta la fourchette en rayant Parmentier du carnet de bal

ce con y me fout les boules à l’économe

rien de respirable

le chien dort pendant que l’eau de la robe des champs crame le fond de casserole

 

Je vais rêver que je suis pas un jouet

ni une poupée de sons débiles du hit parade

le clown triste

qui fait la manche pour avoir le jet d’eau de l’épis de l’Auguste

j’ai déjà donné

 

Je fais la chaise à portée musicale

laissez-moi rêver que je plane en vagues successives…

 

Niala-Loisobleu – 10 Août 2020

 

 

J’AI PLANTE L’AIGUILLE


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J’AI PLANTE L’AIGUILLE

 

 

L’herbe a brûlé, le prunus taillé en recouvre la mémoire pour tenir l’impression de frais

une morsure en témoignage de rage

force-vive du rire que rien n’arrête quand l’enfant dit: on joue ?

Lors d’un cambriolage le vol a été retiré aux oiseaux

un linceul symbolique s’est tendu en guise de drap en fil de survie

Resteront brodées nos initiales

au renflement du tronc dans leur version réversible

la pivoine que tu as mise au monde rayonne de tous ses pétales…

 

Niala-Loisobleu – 10 Août 2020

CASA AZUL


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CASA AZUL

On dit de la fleur que le fumier la porte

le beau dans son bouquet

en témoigne, hélas

J’ai vu à travers le monde et son architecture diverse

une maison

que j’ai mise à ma boutonnière

abri

sanctaire

ma Cathédrale du Beau

que jamais je n’ai vu et verrai

se faner

Elle crie, pierre debout qu’on ne peut arracher de sa vertu.

 

Niala-Loisobleu – 10 Août 2020

 

 

JOUISSANCE CONTRAIRE


JOUISSANCE CONTRAIRE

 

Du sol rendu insane par le mâle blanc, le jeteur de sorts remplit la pochette-surprise

L’enfant encore gluant de sperme rabat la capote

 

Sous une pluie battante

 

L’auto, volant fermement tenu, ne sort pas de la route…

 

Niala-Loisobleu – 10 Août 2020

 

LONG DE PAGE


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LONG DE PAGE

 

 

Une grosse fatigue

rend difficile de sortir du biblio lit

L’ongle tome du côté de la menthe

pour un coup de fou est

qui sortirait de la case…

 

Niala-Loisobleu – 10 Août 2020

BRUTE COMME SANS ELEVAGE


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BRUTE COMME SANS ELEVAGE

 

 

Et pourtant

mais sans

ne suis qu’un signe de croire

l’emblème originelle tracée par les romains

ne m’ayant pas marquée l’écaille…

 

Niala-Loisobleu – 9 Août 2020