
LES TUILERIES
A guichets fermés
me yeux se baignent
une enfance est là qui ne veut pas vieillir
Marthe souriante
me tenant la main
il est une fraîcheur qui ne saurait mourir…
Niala-Loisobleu – 11 Août 2020

A guichets fermés
me yeux se baignent
une enfance est là qui ne veut pas vieillir
Marthe souriante
me tenant la main
il est une fraîcheur qui ne saurait mourir…
Niala-Loisobleu – 11 Août 2020

Vert et je te veux vert.
Vent vert. Vertes branches.
Le bateau sur la mer,
le cheval dans la montagne.
L’ombre autour de la ceinture,
elle rêve à son balcon,
chair verte, verts cheveux
avec des yeux d’argent froid.
Vert et je te veux vert.
Dessous la lune gitane,
toutes les choses la regardent
mais elle ne peut pas les voir.
Vert et je te veux vert.
De grandes étoiles de givre
suivent le poisson de l’ombre
qui trace à l’aube son chemin.
Le figuier frotte le vent
à la grille de ses branches
et la montagne, chat rôdeur,
hérisse ses durs agaves.
Mais qui peut venir? Et par où?
Elle est là sur son balcon,
chair verte, cheveux verts,
rêvant à la mer amère.
L’ami, je voudrais changer
mon cheval pour ta maison,
mon harnais pour ton miroir,
mon couteau pour ta couverture.
L’ami, voilà que je saigne
depuis les cols de Cabra.
Si je le pouvais, petit,
l’affaire serait déjà faite.
Mais moi je ne suis plus moi
et ma maison n’est plus la mienne.
L’ami, je voudrais mourir dans
mon lit, comme tout le monde.
Un lit d’acier, si possible,
avec des draps de hollande.
Vois-tu cette plaie qui va
de ma poitrine à ma gorge?
Il y a trois cents roses brunes
sur le blanc de ta chemise.
Ton sang fume goutte à goutte
aux flanelles de ta ceinture.
Mais moi je ne suis plus moi et
ma maison n’est plus la mienne.
Laissez-moi monter au moins
jusqu’aux balustrades hautes.
De grâce, laissez-moi monter
jusqu’aux vertes balustrades.
Jusqu’aux balcons de la lune
là-bas où résonne l’eau.
Ils montent déjà, tous les deux,
vers les balustrades hautes.
Laissant un sentier de sang.
Laissant un sentier de larmes.
Sur les toitures tremblaient
des lanternes de fer-blanc.
Mille tambourins de verre
déchiraient le petit jour.
Vert et je te veux vert,
vent vert, vertes branches.
Ils ont monté, tous les deux.
Le vent laissait dans la bouche
un étrange goût de fiel,
de basilic et de menthe.
L’ami, dis-moi, où est-elle? Où est-elle, ta fille amère?
Que de fois elle t’attendait!
Que de fois elle a pu t’attendre,
frais visage, cheveux noirs,
à la balustrade verte!
Sur le ciel de la citerne
la gitane se berçait.
Chair verte, cheveux verts
avec ses yeux d’argent froid.
Un petit glaçon de lune
la soutient par-dessus l’eau.
La nuit devint toute menue,
intime comme une place.
Des gardes civils ivres morts
donnaient des coups dans la porte.
Vert et je te veux vert.
Vent vert. Vertes branches.
Le bateau sur la mer,
le cheval dans la montagne.
…
..
.

Fruit rouge
en soleil de feu
et un canadair au lieu des oiseaux
la coupe est pleine
sur l’étendue occitane.
Niala-Loisobleu – 11 Août 2020

Couverture chauffante
d’une saison erronée
seule toi à pleine prise
me ras fraîchi
Niala-Loisobleu – 11 Août 2020

Plate et morne comme un écrasé sans une tubercule
l’enfant jeta la fourchette en rayant Parmentier du carnet de bal
ce con y me fout les boules à l’économe
rien de respirable
le chien dort pendant que l’eau de la robe des champs crame le fond de casserole
Je vais rêver que je suis pas un jouet
ni une poupée de sons débiles du hit parade
le clown triste
qui fait la manche pour avoir le jet d’eau de l’épis de l’Auguste
j’ai déjà donné
Je fais la chaise à portée musicale
laissez-moi rêver que je plane en vagues successives…
Niala-Loisobleu – 10 Août 2020

L’herbe a brûlé, le prunus taillé en recouvre la mémoire pour tenir l’impression de frais
une morsure en témoignage de rage
force-vive du rire que rien n’arrête quand l’enfant dit: on joue ?
Lors d’un cambriolage le vol a été retiré aux oiseaux
un linceul symbolique s’est tendu en guise de drap en fil de survie
Resteront brodées nos initiales
au renflement du tronc dans leur version réversible
la pivoine que tu as mise au monde rayonne de tous ses pétales…
Niala-Loisobleu – 10 Août 2020

On dit de la fleur que le fumier la porte
le beau dans son bouquet
en témoigne, hélas
J’ai vu à travers le monde et son architecture diverse
une maison
que j’ai mise à ma boutonnière
abri
sanctaire
ma Cathédrale du Beau
que jamais je n’ai vu et verrai
se faner
Elle crie, pierre debout qu’on ne peut arracher de sa vertu.
Niala-Loisobleu – 10 Août 2020
Du sol rendu insane par le mâle blanc, le jeteur de sorts remplit la pochette-surprise
L’enfant encore gluant de sperme rabat la capote
Sous une pluie battante
L’auto, volant fermement tenu, ne sort pas de la route…
Niala-Loisobleu – 10 Août 2020


Une grosse fatigue
rend difficile de sortir du biblio lit
L’ongle tome du côté de la menthe
pour un coup de fou est
qui sortirait de la case…
Niala-Loisobleu – 10 Août 2020

Et pourtant
mais sans
ne suis qu’un signe de croire
l’emblème originelle tracée par les romains
ne m’ayant pas marquée l’écaille…
Niala-Loisobleu – 9 Août 2020
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