RECESSION DE PIERRE SCHROVEN L’EPOQUE 2018 AUZOU/NIALA


Une nouvelle recension de l’EPOQUE 2018/ Pierre Schroven
14 AOÛT 2020 / BARBARASOLEIL
À paraître en novembre dans FRANCOPHONIES VIVANTES

Une recension de Pierre Schroven

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Charleroi , le 21 fév.1957

Biographie :

Né à Charleroi le 21/02/1957.
Poète et critique, Pierre Schroven travaille à la Région Wallonne (Namur) et a une formation de bibliothécaire-documentaliste.

Bibliographie
. Paupières-marées, poésie, L’Arbre à paroles, Amay, 1992
. Toi, l’instant, poésie, L’Arbre à paroles, Amay, 2000
. Contre-jours, poésie, L’Arbre à paroles, Amay, 2002
. Etats d’âme d’un feu, poésie, L’Arbre à paroles, Amay, 2003
. Matière d’énigme, L’Arbre à paroles, Amay, 2004
. Chemins du possible, L’Arbre à paroles, Amay, 2005
. Preuves de la vie même, Éditions L’Arbre à Paroles, Amay, 2009
. Dans ce qui nous danse, Éditions L’Arbre à Paroles, Amay, 2011
. Autour d’un corps vivant, Éditions L’Arbre à Paroles, Amay, 2014

L’Epoque 2018 : Les Mots Peints/Barbara Auzou, Niala ; Virton : Traversées ; 2019

Poésie et peinture s’unissent ici avec bonheur pour célébrer la vie et la nature dans toutes les langues. En effet, les peintures de Niala(Alain Denefle) et les poèmes de Barbara Auzou ne font qu’un pour évoquer avec une subtilité rare un univers où la nature exulte et joue sa partition sans la moindre fausse note. Il est moins question dans ces pages d’expliquer voire de commenter les événements que de tenter de « rendre » la fulgurance, la beauté et la magie de l’instant. Pluie d’images et de mots donc qui font surgir mais ne nomment pas, décrochent avec la réalité ordinaire et réclament une pensée chantant toutes les joies de l’indéfinissable. Célébrant avec subtilité ce qui est là, les deux artistes nous invitent en quelque sorte à retourner au corps, à réhabiliter l’enfance de l’être, à donner un visage à notre désir, à brûler des formes pour gagner la vie voire à retrouver un rapport à la nature qui aurait été perdu. Un livre solaire, mettant en évidence la sensibilité, la complicité et le talent de deux artistes pour qui, c’est une certitude, le monde est neuf chaque jour.

Quand il sera évident

Que la part d’ombre s’accroît

Sur un ciel de poussières et de sentences

Et reste perplexe au seuil du sensible lendemain,

Je prendrai ma mendiante par la main

Et fermerai ses yeux trop grands

Pour que cesse enfin la danse de la faim et du couteau

Et le chant inconsolable au ventre gorgé d’eau.

J’insufflerai la patience à l’insecte de son corps

Avant de le confier au fleuve qu’on remonte lentement

Qui berce la colère et conte au sampan

Des histoires d’amours solaires et de paravents d’or.

Rendue à la mer ravie, l’enfant intacte d’hier

Se balancera au croissant blanc

D’une sérénité lunaire.

Pierre Schroven

CECI S’ADRESSE AUX CURIEUX QUI VIENDRAIENT S’EGARER COMME ON ECHOUE . JE NE SUIS PAS UNE PLAGE…


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CECI S’ADRESSE AUX CURIEUX QUI VIENDRAIENT S’EGARER COMME ON ECHOUE . JE NE SUIS PAS UNE PLAGE…

 

Ôter le masque

Je n’ai aucune raison de vouloir vous plaire

et ne désire surtout pas provoquer

Je comprends donc que mon travail vous dérange et provoque chez-vous un désintérêt que vous afficher depuis des années

C’est la réussite de l’Art

la vraie

Celle qui se tient droit dans la case Vincent, abominable et criminelle par ses détours d’enchères

Et non dans la case de Pierre, du type qui Soulages, à vomir, outrancièrement noire

Les faux-artistes en toutes expressions sont le résultat d’un valet de Mittérand qui fut suppôt de la Culture

Habile magouilleur il continue d’ailleurs de s’engraisser au dépends de la société

Je n’y peux rien changer, sauf que je peux le dire et c’est beaucoup

Mon propos n’a rien à voir avec les Amateurs. De vrais artistes  de coeur s’y trouvent. Ils ont le statut que la vie leur impose de garder. Mais le professionnalisme ne devrait  pas être reconnu que par le fisc

Ma liberté de penser chante d’autant plus que je botte le cul de tous les imposteurs qui pourrissent l’Art

Aucune envie de vous servir de tremplin

Aussi passez votre chemin et ne venez pas ici exhiber votre absence d’humilité en m’étalant vos créations de merde -ateliers d’écriture, cours de peinture, poètes ténébreux – la lumière doit demeurer.

 

Niala-Loisobleu – 15 Août 2020

 

 

RÉVEIL DE L’IVRESSE


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RÉVEIL DE L’IVRESSE

Si la vie en ce monde est un grand songe,
A quoi bon la gâcher en se donnant du mal ?
Aussi pour moi tout le jour je suis ivre,
Et me couche effondré au pilier de la porte.

Au réveil, je regarde au-delà du perron ;
Un oiseau chante parmi les fleurs.
« Dis-moi, quelle est donc la saison ? »
« C’est le vent du printemps qui fait parler le loriot vagabond. »

J’en suis ému, et je vais soupirer ;
Mais, face au vin, je m’en verse à nouveau.
A voix haute je chante en attendant le clair de lune.
Ma chanson finie, tout est oublié…

Extrait de:
1962, Anthologie de la Poésie Chinoise Classique, Gallimard
Li Bai

 

L’EPOQUE 2020/35: LES ENFANTS DE GAÏA 1


L’EPOQUE 2020/35: LES ENFANTS DE GAÏA

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-cinquième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES ENFANTS DE GAÏA 1  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/35″Les enfants de Gaïa 1″NialaAcrylique s/toile 65×54

 

 

 

Là-bas des soleils exacts

S’invitent aux fêtes de la lumière

Rude sur la joue brûlée des femmes

Perfections des sphères et croupes poreuses

Les joies profondes sont silencieuses

Et l’invention du beau une haute violence

 A apprivoiser pour lever des veilles

Au temps s’écoule du temps seulement

Et des enfants que l’on fait en conscience

De terres et de mers mêlés

Serrés contre des tresses d’osier

Qui auront pour tout legs l’éclat d’un pays nourricier

Où poussent vivaces des béatitudes à bouquets

Et l’énigme de l’amour entre des pierres

Que l’on caresse

 

 

Barbara Auzou.

LAISSER DIRE MES ENFANTS DE GAÏA 


Gaia

LAISSER DIRE MES ENFANTS DE GAÏA

 

De tout ce qu’il me reste de vue

dire l’amour de vivre

par la voix de mes seuls enfants reconnaissants

 

Fernando  parle juste

 

Pour toi ma Barbara

je peins et dis…

 

Niala-Loisobleu – 14 Août 2020

 

 

 

VOICI PEUT-ÊTRE LE DERNIER JOUR DE MA VIE…

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Fernando Pessoa

 

 

Voici peut-être le dernier jour de ma vie.
J’ai salué le soleil en levant la main droite,
mais je ne l’ai pas salué en lui disant adieu –
non, plutôt en faisant signe que j’étais heureux de le voir:
c’est tout.

Extrait de:

1960, Le Gardeur de Troupeaux (Gallimard)

Fernando Pessoa

BANDE L’ARC DE TA LANGUE


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BANDE L’ARC DE TA LANGUE

Et ce délire déjà déchiré du mouchoir et du sperme, et l’odeur des affûts : la main, dans le bras creux, cherche l’hiver, le fou rire.
On grandit malgré soi dans l’oreille des vigies.

Ce que l’on dit de bleu fait mourir les filles.
Aimons jarres et parfums.
Marchons nus dans les rues.
Les maisons qu’on abat, faisons-en des navires.

Langue en langue.

Le doigt sur la bouche.

Affame.
Femme.

Blé bleu du chaos verni,

je t’incendie.

Dix clous sans tête

et je meurs à l’envers.

Incertain venin des nages.

Belle enclume de
Babel

dont je cache les marteaux.

Je m’insurge et vomis :

fleurs et bourreaux bourrus

m’enferment ici.

N’étemue qu’un vizir nu,

qui balbutie, qui lapide.

Le corps: maison de salive où des jambes multiples laissent trace, empreinte, où des mains de cent doigts effleurent le verre mince de l’œil ou du poignet.
Que meure la hâte des battements du cœur !
Que le bon liquide circule et soit suave!
Tout le vêtement des veines, cachons-le sous la peau.

Nous voici désossés, lancinants, languissants et meurtris.
Et nos bris de verre nous assaillent.
Et nous crispons poings et flottilles.
Le nerf aigu de l’herbe avive en nous paresse et pâmoison.
Cachons les épaules dans les grands miroirs.
Blé d’embolie dans le mille.
Ou serpent voyageur des abîmes.
Ainsi, ce ne serait que l’intérieur d’une coquille d’œuf : y loge un poing fermé.
Mille pattes le roulent en moi, qui n’ai pas de ventre.
Et j’use de mon droit de canaille, je souffle dans tous vos orifices et je vous enduis de mes liquides amers.
Réjouie, la dentellière se perd dans sa dentelle.
Je m’égosille dans la sueur; nos vitres vitrifiées, quel marteau les brisera?
Quel poupin me nargue?
Quel pantin me foudroie?
Quel jasmin me séduit?
Quel aveugle entêté me bande les yeux?
Quel bandit de bonheur m’étrangle?
Qui m’arrache langue et doigts?
Le nain
Vertige.

 

Jacques Izoard

 

Face aux prochaines calendes le rire et l’amer pourraient faire match nul. On nettoie le chemin de l’embarcadère et le chargement des cales s’opère sous contrôle. Les nains qui trichent et ne sont pas des victimes mais des imposteurs qui se la jouent Gulliver, sont interdits de séjour.

Cette foi (et cette fois peut-être la dernière) diront LE VITAL DE LA COULEUR EN CE QUI ME CONCERNE

Que l’amour me porte  en corps par les yeux le tant nécessaire !!!!

 

 

Niala-Loisobleu – 14 Août 2020

 

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LE POING PRES DU CŒUR


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LE POING PRES DU CŒUR

Midi dormant.
Trembleur, voici les écoutilles, les bâts, la rivière au long cou dont je touche l’embellie, la pierre-fendre ou le lit.
Voici repos carré, bonne entente.
Rêvons de muscles ou de leviers, de jardins tués, de grenouilles, d’attelles, de piliers du cœur.
Pâle, ô parle ou fais parler ceux qui nous caressent, excitateur savant des tempes, grand chemin que la foudre mord, malmène, détruit.
Blanche, la secousse assaille le bref délire, le doigt creux, le sommeil soudain, la camarde.

Blanc d’œuf.
Luge.

Bon caillot léger du coude.

L’épicier dort dans l’œil

d’un borgne à court d’haleine.

L’épervier pille le cœur

d’un dormeur qui nage.

Et les doigts touchent

l’obscur pays

des sabots wallons,

le miroir exsangue, la châtaigne.

Femme au lever des bras :

la main descend près du visage.

Nous nous parlons.
Cheveux.

Noyaux.
Jardins qui tombent.

Âne très blanc de ton corps,

qui est un corps de femme,

un corps qui vint ici,

qui n’est que salive,

et sueur, et eau.

Pouce au doigt sans engeance.

Grand parc de poudre aux yeux.

Jubilation du sommeil

entre les jambes.

Cheville de verre: longue sarbacane où vit le maigre voleur de sable qui dort dans mes cheveux.
J’appelle à l’aide: roule ta bosse, tambour; petites femmes sans chaussures, fermez les yeux du mort.

La marche est légère : je donne à mes doigts le feu des cerises.
Le savon, dans la cruche, pierre de patience, douceur d’eau douce, a le ventre moins rond qu’une fille rieuse.
Une échelle de voleur sort du puits sans vacarme.

La langue est dans la langue

un mot qu’on ne dit plus :

la main touche la main

la plus blanche ou la plus gelée.

Tu vis dans le fourreau

d’une chambre étroite.

Et le frère et le voleur savent

les objets que tu veux :

le poing tout près du cœur,

l’aiguille dans la paille,

l’étui moussu du feu,

le gouvernail contre la jambe.

Les jambes dans l’herbe, serrent les jambes et les jambes.
Je volais ta langue, tes doigts et tes toupies, voleur couvert de froid dans le village du dimanche, dans la chambre du tambour.
Tu mords la laine ou le feu, tu aimes ce que tu aimes : l’animal cousu, la pierre trouvée, le doux venin de l’œil, le givre allongé de l’arbre.

À respirer l’ail.
Toupie crie crécelle. À respirer la craie.
Le cri déchire l’œil. À respirer la menthe.
Doux feu l’endort. À respirer ma propre haleine.

… et me dit que j’arrache

poutres et balivernes.

Et que je cesse d’être

domicile de sable

ou serre sans chaleur.

C’était écrit quelque part :

c’était ce peu de peau

qu’on cherche et qu’on caresse.

On respire l’odeur

des maisons qu’on détruit.

Le bon chemin dort dans la loutre. (Est-ce un animal ?)
Le venin rond, le pouce affûtent le fil de l’œil.
J’embrasse la crosse d’une arme vaine dont je trouve le nom sous l’écorce peinte de tel arbre debout.

Je dirai septembre de sangliers dont on meurt ; glacis des châtaignes dans chaque poing, chaque doigt, chaque phalange.
Et nos villages traversés d’enfants.
Nos oursins gonflés de jaunes d’œufs.
Mais rien n’est gelé dans l’œil: la petite pupille rétrécit.
Le levain dort dans l’avoine à coudre.
On enveloppe de laine chaque regard qui vit sa propre vie.
Déjà, l’on dit déjà; l’on refait le mouvement du bras gauche qu’on croyait perdu.
Vents et marées sont vents et marées.

Sous l’escalier, le front de taille étouffe les mineurs allongés, qui ont dans le front cent lampes de papier bleu.
Nous voici montant vers la colline, calvaire, cal, carcan sans soleil.
Avec des enfants creux et légers.

Vingt élèves dorment la tête dans le foin, les membres immobiles, les yeux sous les paupières comme de minuscules collines cachant des mines d’or.
Et les nerfs sont dans la jambe.
Et les doigts serrent les caresses: fourrages, prunes, œillets, pierres sans odeur, grains fructueux, tout se tait. (Les grands enfants n’ont qu’un poing endormi !)
Je n’ai jamais connu la moindre chose: ni les chemins pointus ni les étangs trouvés ni les langues arrachées.
Voici que vient le paysan patient sur les épaules d’un promeneur de laine.
On crie dans la bouche.
On vit dans le bras gauche.
Les ongles sont des faux.
Les onguents apparaissent à travers la peau: sang toujours plus rouge qu’on ne croit, fouillis de fibrilles, lait qui fait le sourd bonheur du sein.
Et l’on voyage comme un passeur d’eau.
On coupe le papier.
On écrit le poème.

Ici montèrent cagoules et essieux.
Arbres surplombent et le nom de pierreuse évoque tombereaux d’oursins, de cailloux lisses.
Haleine très lente de quelques alpinistes.
Soutènement du cœur, dont l’aorte bat.
Carré de soleil de quatre mètres sur trois, qui annonce l’ère de ce qui est, de ce qui vit autour de nous.

Pâle escalier où coule à coulée claire un soleil d’octobre.
Le raidillon déguerpit vers les terrils anciens, où vivent les cœurs noirs des mineurs, à la bonne franquette du charbon.

Le tissu nerveux, l’eau-de-vie fêtent la campagne et les monts quant à moi, je marche et marche, et serre osselets ou marrons, billes.
Dès que l’odeur blanche envahit les tilleuls, je dors avec des femmes.
Je nourris mon sommeil de jambes ou de lèvres.
Un chat mange la main d’un dormeur endormi.

Mont de l’épaule,

écart bleu de l’œil à l’œil,

chemin d’une seule veine

qui fait le tour du corps…

La carcasse te protège

des pics, des aiguilles;

ma maison très petite

est dans ma bouche,

y entre qui veut,

vêtu, dévêtu, libre

d’aller et de venir

avec des doigts ou des corolles

La tempe du sabot dort dans le poing de l’œil.
Quelle cruche alléchée fait sourde panse?
Qui tue le sommeil dont le bon grain nous comble ?
Affût pur des oiseaux que la main libère.

Je tourne en rond dans l’œil d’un voyeur du dimanche.
Union des fées et des sabots Épave, écharde, étrave…
Basse amitié des morses, passe d’armes et de ciguës.
Je vole ta langue, ma double voix déchire mon frère le plus pur.

Ceci explique l’hiver, la maisonnée: pots de tabac, maillets, voix de bébés, noisettes.
L’escalier de laine offre aux visiteurs barres de cuivre, tapis de cent ans.
Le bon tonneau cache les vêtements du mort

Ville de mille chambres:

les grands chameaux, le brouillard

l’enjambent, la dissimulent.

Cafés bleus du
Carré.

Bon tabac doré de
Meuse.

Pêle-mêle ou mêle-pêle,

enfants pâles et pierreux :

voici les teinturiers

de bon teint, de grand teint,

de petit teint, les tisserands

tissant l’escalier de laine.

Ville de mille aiguilles

sous la peau, la pluie.

Coupe la main du lecteur:
Judas, dans la laine, tisse le tissu.
Je vécus dix heures dans la peau d’un autre.
Peux-tu bouger la langue dans la bouche du voisin ?
Les intrus ont l’air d’être sourds et aveugles.

Kick starter de la machine.
Moto pâle, moto pâle.
Le venin de la vitesse, le bon venin du nord, te mord ou te dorlote, te pétrifie, te coud d’acier.
Est-ce le chahut des tubes qui casse en mille tessons le fracas des mitrailles?
Roulons vers
Vottem.
Baisons lèvres et pneus.

Le feu parle, hurle, parlehurle.

Feu qui moud n’a pas d’os,

meurt dès qu’on sommeille

ou qu’on dit bleu.

Feu fourré qu’on trouve,

qu’on achève de sucer.

Feu-sexe où l’on brandit

le dard, le doigt sans anneau.

L’herbe étouffe l’herbe.

Y font bombance les noix,

les carabes du dimanche,

les bogues, les chats.

Pourpoints en boule

y ont leur logement,

leurs nuits sans mailles.

Déjà, filles en feu

cassent le sarcasme

de ce qu’on ébrèche.

L’animal bleu feu

rôde et glapit :

chanson sans chanson;

siffle qui peut

dans les doigts que j’aime.

Dans le bras, voici le feu

qui monte, qui monte,

qui fait la bête.

Une seule haleine d’orme

est une leçon d’écriture.

Pourquoi les bourgs

ont-ils gardé les femmes

fileuses de laine?

Mon grand loup, déjà,

quitte la meute et s’en va,

traverse ma paume.

La longue échine, à l’abattoir.

attire les pleureuses.

Touche en même temps

l’ongle et la langue.

Audace de celui qui veut

que la lampe allumée

soit toujours avalée.

Nous perdions les dés sous la table.

Et le jour tombait.

Mendiants frappaient aux portes :

un peu de lait, s’il vous plaît,

un peu de farine et de miel…

Mais nous cachions dans nos armoires

nos escarres, nos moignons, nos pieds bots.

 

Jacques Izoard

 

 

Pinceau dans l’oeil, mais lequel, se peint durcit, il en faut que d’un poil que tu crois au miracle

un truc à brûler vif dans tes larmes

La Rochelle  aura été ma vue sur le port à minime homme…

 

Niala-Loisobleu – 13 Août 2020
 

BONNARD DE PÊCHE  ou LE SAUVETAGE EN MERE


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BONNARD DE PÊCHE  ou LE SAUVETAGE EN MERE

 

A tenir d’écume le bond trouvé sous Pierre

quand traversant le vide involontaire de toi

à mains nues

du trident laissé à la criée

le trou  se combla de ton image poissonnière

Endroit rose  écaille

mouvant éventail

poisson-chat

et sans serviette

côte sauvage où les buffles arquant du dos remontent le sel aux greniers

pour mettre l’atelier en saumure

Il faut l’aider  à être capable d’affronter la traversée sèche au halage

la mer morte de trop de chaleur

 

Niala-Loisobleu – 11 Août 2020