ET LA MER


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ET LA MER

 

Le regard ne rencontre qu’un voilier posé sur un trait d’hippocampe

les sternes sont encore à table

sans que le grincement des élingues ne contredise la promesse du jour

Depuis les carreaux du marais le paludier monte ses cônes vers les sphères

tandis qu’à terre les vignes se portent garantes de vendanges imminentes.

 

Niala-Loisobleu – 22 Août 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ROUSSEUR DES ECOBUAGES


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ROUSSEUR DES ECOBUAGES

 

 

Dans l’encoignure du cactus quelques rares gouttes humectent

le sol oxydé de faire

que l’ancre remontée de la traversée retient

Sur la table de toilette la cuvette faïence le bouquet où le bleu de l’anémone respire sur le broc

l’eau courante passe au fond du couloir

et la lampe à pétrole fait office de puits de lumière

Les rêves sont sur le matelas posé sur les vieilles tomettes déchaussées

un couteau émascule l’avenir du regard qui s’aventure au coin de la rue

sans que le saxo soit empêché d’étirer l’imagination du bandonéon remplissant l’automatique écriture picturale

 

Niala-Loisobleu – 21 Août 2020

 

 

 

 

 

C’EST TOUT DIRE


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C’EST TOUT DIRE

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Perruquicre du
Gay
Savoir

Dictionnaire de la
Contradiction

Hyperbole dont je suis l’asymptote

Ruée vers l’or du domaine affectif

Un sourire teinté de sereine amertume

des yeux marrons glacés sous des cheveux cendreux

la bouche ciselée en promesse profonde

elle se met en devoir de se dévêtir

Pourquoi tourner la manivelle d’une féminité nouvelle

Belle époque
Poèmes à
Lou
Stage à l’école de
Chatou

Tout fruit d’amour veut qu’on le cueille en écartant fraîches les feuilles

et si ma plume court encore

c’est qu’assez vieux pour faire un mort

à cœur ouvert à lèvres closes j’aime la fille de
Lady
Rose

J’entends dire que la poésie devient tellement exigeante qu’on n’ose plus l’écrire alors qu’elle nous défend contre le sérieux de la vie

La

et qu’elle est la seule contrée

où se pratique encore

un portrait musical bien rythmé

Poésie éclatante
Poésie éclatée

vieillesse fait naître des idées stupéfiantes
Elle est ma cantilène de
Sainte
Eulalie

Ne pas trop se scandaliser que la créature meure

N’avoir plus qu’un lambeau d’existence

Quitter son appartenance mortelle

Quand tout se met à défuncter

à fonctionner de travers

Dans les ruelles rêveuses d’une ville fantôme

rechercher le danger des ruines

Auto-stop au tombeau biplace

Ingénieur du son
Technicien du verbe
Spécialiste de la valeur affective des mots
Sur un mur andalousement blanc le staccato des mots qui frappent dur ou qui sonnent douloureusement clair
Ce talent qu’un terrible malheur a mûri?
Maturité murale d’un apanage à ma poigne

 

Paul Neuhuys

CHOIX CORNEE UN


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CHOIX CORNEE UN

Entre ce qu’il te reste de lumière

et dans ce que tu peux risquer de noir

l’instrument s’étire

poignant et arrachant

du rein que tu sens vibrer

autrement plus fort que regard

ton attachement primordial

Niala-Loisobleu – 21 Août 2020

DANS LA MARCHE


René Char

 

DANS LA MARCHE

 

Ces incessantes et phosphorescentes traînées de la mort sur soi que nous lisons dans les yeux de ceux qui nous aiment, sans désirer les leur dissimuler.

Faut-il distinguer entre une mort hideuse et une mort préparée de la main des génies? Entre une mort à visage de bête et une mort à visage de mort?

*

Nous ne pouvons vivre que dans l’entrouvert, exactement sur la ligne hermétique de partage de l’ombre et de la lumière. Mais nous sommes irrésistiblement jetés en avant.
Toute notre personne prête aide et vertige à cette poussée.

*

La poésie est à la fois parole et provocation silencieuse, désespérée de notre être-exigeant pour la venue d’une réalité qui sera sans concurrente.
Imputrescible celle-là. Impérissable, non; car elle court les dangers de tous. Mais la seule qui visiblement triomphe de la mort matérielle. Telle est la Beauté, la
Beauté hauturière, apparue dès les premiers temps de notre coeur, tantôt dérisoirement conscient, tantôt lumineusement averti.

• Ce qui gonfle ma sympathie, ce que j’aime, me cause bientôt presque autant de souffrance que ce dont je me détourne, en résistant, dans le mystère de mon cœur :
apprêts voilés d’une larme.

La seule signature au bas de la vie blanche, c’est la poésie qui la dessine. Et toujours entre notre cœur éclaté et la cascade apparue.

Pour l’aurore, la disgrâce c’est le jour qui va venir; pour le crépuscule c’est la nuit qui engloutit. Il se trouva jadis des gens d’aurore. À cette heure de tombée,
peut-être, nous voici. Mais pourquoi huppés comme des alouettes?

 

René Char

AVIDE PERMANENCE


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AVIDE PERMANENCE

 

L’éclusier du soleil entre par la porte des Artistes

la ruelle tenant la joue des façades accolée

l’abeille aux jardinières butine

entre les souches c’est toit

Et main tenir la lumière au niveau de la limite

fait l’oeil moins douloureux qu’un mot racoleur

Attention si on vous dit

« Vous êtes entre bonnes mains »

ça peut vous coûter la vue

 

Niala-Loisobleu – 18 Août 2020

Danse-moi Vers La Fin De L’amour par Graeme Allwright 


Danse-moi Vers La Fin De L’amour par Graeme Allwright

Danse-moi à ta beauté avec un violon en flammes,
Danse-moi dans la panique jusqu’au repos de mon âme,
Lève-moi comme un olivier, sois ma colombe de retour,
Danse-moi vers la fin de l’amour,
Danse-moi vers la fin de l’amour.

Laisse-moi voir ta beauté quand les témoins sont partis,
Laisse-moi te sentir bouger comme un Babylone jadis,
Révèle-ce dont je vois les limites et le doute,
Danse-moi vers la fin de l’amour,
Danse-moi vers la fin de l’amour.

Danse-moi à la noce, oh danse-moi tout le temps,
Danse-moi tellement tendrement, danse-moi très longtemps,
Tous les deux, nous sommes en dessous, au dessus de notre
amour,
Danse-moi vers la fin de l’amour,
Danse-moi vers la fin de l’amour.

Danse-moi vers les enfants demandant à naître en paix,
A travers les rideaux que nos baisers ont usés,
Lève une tente pour s’abriter, les fils déchirés
toujours,
Danse-moi vers la fin de l’amour,
Danse-moi vers la fin de l’amour.

Danse-moi à ta beauté avec un violon en flammes,
Danse-moi dans la panique jusqu’au repos de mon âme,
Touche-moi avec ta main nue, ou gantée de velours,
Danse-moi vers la fin de l’amour,
Danse-moi vers la fin de l’amour.

Danse-moi vers la fin de l’amour

 

SOYONS LIBRES AVEC LE BEL OISEAU QUI PAVOISE


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SOYONS LIBRES AVEC LE BEL OISEAU QUI PAVOISE

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Le 7-04-2020

SOYONS LIBRES AVEC LE BEL OISEAU QUI PAVOISE

Que de nos révoltes et leurs raisons
Le bel oiseau enivré de silence
Fasse vivre au boisseau : toute distance
Au faisceau de toutes fausses chansons

Son arbre au savoir de sa liberté
Au bruissement avide de ses trilles
Nous renvoie à un beau rêve qui brille
Dont nous trouvons la sève en sa beauté

Nous arborons le drapeau du réel
Dans nos séparations qui nous saisissent
Là – flagellé par le vent – il attise
La nouveau que nous attelons au ciel

Où – comme en partance sillonne Oiseau
Celui du grand air des livres et lyres
Qui résonne en terre comme désir
D’arraisonner guerre avec les ciseaux

De la justice et de la vérité
Pour pactiser avec Savoir qui sonne
Dans tous les pavois de la liberté
Qui – à voir en lice – pour nous rayonne

 

Minod Alain

ECORCE DU POEME


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ECORCE DU POEME

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Écorce du poème à naître
Le galop d’un cheval nombreux,
Les formes du jour à ta fenêtre
Rageusement foudroie le bleu
De ta robe corps de lettres
Parfumées au ciel de tes yeux
Fiévreusement rougeoie la pierre
Fendue comme par un feu violent
Sur les murs de ma prison de lierre
Déploie comme par un cri dolent
Sur le vélin diapré du soleil
Choit le rêve sans fin des vacances
Au cœur qui vibre, la cordelette
De ta robe sur l’escarpolette.

Extrait de:

Résilences

Gilbert Pommier