« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c’est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu’un pleure, c’est comme si c’était moi. » M. D.


« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c’est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu’un pleure, c’est comme si c’était moi. » M. D.

Σωτηρία Μπέλλου [Sotiría Béllou] • Αντιλαλούνε τα βουνά [Antilaloúne ta vouná]
30 AOÛT 2020
tags: Antilaloúne ta vouná, Eftychía Papagiannopoúlou, Αντιλαλούνε τα βουνά, Βασίλης Τσιτσάνης, Ευτυχία Παπαγιαννοπούλου, Σωτηρία Μπέλλου, Sotiría Béllou, Vassílis Tsitsánis

Septembre est désormais inéluctable. Mais la voix puissante et singulière de Sotiría Béllou (1921-1997) est là pour conjurer cette rentrée qui s’avance. Αντιλαλούνε τα βουνά [Antilaloúne ta vouná] (« Les montagnes me font écho ») est un rebétiko de Vassílīs Tsitsánīs.

………

Σωτηρία Μπέλλου [Sotiría Béllou] (1921-1997) • Αντιλαλούνε τα βουνά [Antilaloúne ta vouná]. Βασίλης Τσιτσάνης [Vassílīs Tsitsánīs], paroles et musique. Paroles parfois attribuées à Ευτυχία Παπαγιαννοπούλου [Eftychía Papagiannopoúlou].
Σωτηρία Μπέλλου [Sotiría Béllou], chant ; Σούλα Δάκη [Soúla Dákī], deuxième voix ; instrumentistes innommés.
Vidéo : ΕΡΤ [ERT] (Ελληνική Ραδιοφωνία Τηλεόραση, [Ellinikí Radiofonía Tileórasi]), production. Grèce, date inconnue.

………
Αντιλαλούνε τα βουνά,
σαν κλαίω εγώ τα δειλινά
περνούν οι ώρες θλιβερές
σ’ ένα παλιό ρολόι
κι εγώ τους αναστεναγμούς
τους παίζω κομπολόι
Les montagnes me font écho
Le soir lorsque je pleure
Les heures sombres s’écoulent
Sur une horloge fatiguée
Et j’égrène mes soupirs
Comme sur un chapelet.
Αντιλαλούνε τα βουνά,
σαν κλαίω εγώ τα δειλινά
Les montagnes me font écho
Le soir lorsque je pleure.
Στενάζω απ’ τις λαβωματιές
κι απ’ τις δικές σου μαχαιριές
λαβωματιές με γέμισες
και μ’ έφαγαν οι πόνοι
και στη φωτιά που μ’ έριξες,
τίποτα δε με σώνει
Je gémis sous tes blessures
Sous tes coups de poignard
Je ne suis plus que blessure
Éperdue de douleur
Et de cette fournaise où tu m’as jetée
Nul ne peut me sauver.
Αντιλαλούνε τα βουνά,
σαν κλαίω εγώ τα δειλινά
Les montagnes me font écho
Le soir lorsque je pleure.
Εμπάφιασ’ απ’ τα ντέρτια μου
κι απ’ τα πολλά σεκλέτια μου
κουράγιο είχα στη ζωή,
μα τώρα που σε χάνω
θα είναι προτιμότερο για μένα να
πεθάνω
Je n’en peux plus de ma souffrance
Ni de mes tourments infinis
J’avais foi en la vie
Mais puisque je te perds
Il ne me reste
Qu’à mourir.

 

RESPIRATION  CÔTIERE


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RESPIRATION  CÔTIERE

 

Dernière ligne droite

l’herbe frémit

dans les tribunes les dames en chapeau ont dudule

moi j’ai dépassé l’hippodrome

je galope déjà hippocampe sur ma vénus coquillage

la mer est plus bronzée dedans que sur les quais

les marins galonnés d’un été vont regagner leurs bureaux et ranger leur casquette jusqu’à l’année prochaine

la plage sauvage n’a pas rendu le château de l’enfant

son saut attend l’appel du chemin buissonnier

loin du grand masque à rade…

 

Niala-Loisobleu – 30 Août 2020

 

CALINE


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CALINE

Que sont
Corfou et
Calcutta et leurs jardins trop défendus à côté du beau fruit que t’as sous la jupe, beau fruit fendu,

telle une grenade câline où s’entrelace on ne sait plus, aux entrechats de ballerine, quel frisson de convolvulus.

Paul Neuhuys

L’EPOQUE 2020/39: LES ENFANTS DE GAÏA 5


L’EPOQUE 2020/39: LES ENFANTS DE GAÏA 5

 


Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-neuvième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES ENFANTS DE GAÏA 5  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 

 

L’EPOQUE 2020/39″Les enfants de Gaïa 5″ – Niala – Acrylique s/toile 61×50

 

 

Bleus pareils

On a d’abord crié pour dire le monde

Puis on a ri par insouciance on a multiplié les soleils

Fermé les yeux devant le déluge des fondations

Les saisons toujours précédant les saisons

D’un empan et d’une impermanence

De destins en glissades de glissades en trébuchements

Le monde avait vieilli ses instincts les meilleurs s’étaient tus

Et c’est vers toi que je suis venu comme un grand chien

Qu’interpelle la nuit définitive

Toi tu n’avais pas grandi et tu regardais tourner

L’autre douleur du vivre qui cultive la persistance

Des enfants tristes

Ensemble on a mendié les ardeurs oubliées du vert

Rappelé les passions premières laissées à l’écurie des hommes

Tu as levé des pommes sur l’arbre intercesseur

J’ai réveillé les tambours des rêves immodérés

Pour eux tu as renfloué le grenier de la peau

J’ai remis d’aplomb les jambes du cœur

Ô comme il nous aura occupé cet ici-maintenant de l’amour

Capable de tout donner dans une restriction qu’aggrave chaque jour

La disparition programmée des oiseaux !

 

 

Barbara Auzou.

TENTATION DE SAINT ANTOINE 60


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TENTATION DE SAINT ANTOINE 60

à Guy lmpériali

Un intérieur hétéroclite. Fauteuil dépenaillé, oiseaux empaillés. Dehors la rumeur de la grande ville: affiches lumineuses, rampes au néon, textes
publicitaires. Dans cette pyrotechnie de clameurs aiguës, Antoine, vêtu de bure, l’aspect lunaire, hélas, d’un solitaire.

Antoine. — 25 ans que j’habite ce désert.

Cris, flash. Un photographe bondit sur la scène. C’est Vincent, pantalon de velours et lavallière vieux jeu. Antoine est pris dans l’éblouissement du flash.

25 ans depuis mon avènement à la vie monastique.

Vincent. — Aussi avons-nous organisé une «surprise» en ton honneur! Un cocktail avec amuse-gueules. Il y aura la reine de Saba, Evelyne, ton ancien modèle dite Nelly
Bottine et Zenon. Zenon le raisonneur. Tu permets que je rassemble à cette occasion les documents photographiques indispensables?

Antoine. — Sur quoi, mon Dieu, sur quoi?

VINCENT. — Sur ton rayonnement intime, Antoine, sur ta résistance à la tentation. Tu es le saint qui s’est le mieux accommodé du diable.

Antoine. — Prenez les dix commandements à rebours et vous avez le diable.

VINCENT. — La ville est morte depuis que tu n’est plus là, Antoine. On n’attend plus que toi sur la Place du Tertre. Tous les copains…

ANTOINE (ironique). — Je suis devenu le sujet de prédilection des peintres, De Bekoring van Saint Antonius, même de ceux qui professent le mépris des aperceptions sensibles.
J’ai volé, j’ai forniqué, j’ai tué en peinture… Saint Antoine et son cochon dans la grotte des grotesques !

Ici un grognement.

Vincent. — Que veux-tu, la majorité des gens sont des crétins!

ANTOINE. — Nous sommes tous les échantillons d’une humanité plus ou moins caricaturale. Ne nous induis pas en tentation, donne à chacun sa vocation, dit la prière
dominicale.

Vincent. — Mais aujourd’hui, c’est la grande nouba, Antoine! Il y aura la reine de Saba. Un cocktail avec amuse-gueules, te dis-je, Evelyne et Zenon…

Antoine. — 25 ans que je me suis barricadé dans ce désert.

VINCENT. — 25 ans qu’on ne parle plus que de toi sur la place du Tertre, Antoine. C’est toi qui as orienté le théâtre…

Antoine. — …dans un monde tournant d’absurdes diableries.

Vincent. — Il existe de toi un opuscule:

Imagination plastique Erection maléfique Les objets qui se tordent dans un décor disloqué Antoine (méfiant). — Ce n’est pas vrai. J’ai tout

brûlé.

VINCENT. — Un exemplaire est resté entre les mains

d’Evelyne.

ANTOINE (s’emportant). — La garce! Dis-lui qu’elle me le rapporte, mille milliards de diables, ou je l’encu-curbite !

Vincent. — C’est grâce à Evelyne que tu es devenu le saint le plus en vogue, qui a le cochon pour totem.

Antoine. — Et après? Chaque peintre n’a-t-il pas son totem? animal, végéta], minéral? N’as-tu pas remarqué que tout visage humain est surchargé de
bestialité? Que d’hommes ont pour totem le lion, le tigre, le hibou, le renard, le morse, la grenouille. Que de femmes, la souris, la grue ou la chouette. J’en passe et des
meilleurs.

VINCENT. — Et tu rêves d’un théâtre tatoué comme un totem?

ANTOINE (soudain intéressé). — Le théâtre me tente beaucoup plus que le roman. Chaque scène est un petit tiroir où l’on peut glisser à sa guise tout ce
que l’on voudra. Mon théâtre pourrait s’appeler le théâtre du Tiroir…

VINCENT (satisfait). — Antoine n’est pas mort aux prestiges du théâtre. Viens retrouver dans Rome les enfants de volupté, à la manière dada…

ANTOINE. — Non, je suis l’homme qui a dit non à la vie mondaine.

VINCENT. — Après le dernier bateau, la nouvelle vague.

ANTOINE. — La vague la plus impétueuse se brise sur la vertu du roc.

VINCENT. — Antonin, rappelle-toi Dada, die beriimte kôchin von Bagdad, la diaspora disparue, un drolatique délire de microbe vierge.

ANTOINE. — L’arche de Noé est une construction dada.

Vincent. — Et Dalila, une petite claque sur les fesses de Dalila, la plus dada des Dalila…

ANTOINE (tenté). — Bossuet est certainement dada dans sa querelle avec Fénelon, lorsqu’il appelle la femme un os surnuméraire.

VINCENT. — Je m’en vais chercher la reine de Saba. Dada, marotte, idée fixe, cheval…

Exit Vincent.

ANTOINE (seul). —

Dada a bifurqué dans deux directions différentes: Surréalisme, Existentialisme.

Et voici qu’Antoine s’adresse maintenant directement à son cochon dont il caresse l’échiné:

L’art est toujours sacré lorsqu’il est efficace Espèce d’ignobe salaud d’assassin Y a pas de bon Dieu, la vie est dégueulasse et l’amour, tu le sais, est un tas de crottin

Une rame de papier pour écrire une strophe une rame de métro pour écrire un roman un roman long comme la rue La Fayette où tout adverbe ment interminablement

Difficulté du couple Eternelle maldonne Pour le petit fêtard du monde frelaté l’histoire se corsait d’un air de saxophone où sanglotait sa seule excuse d’exister

Retour de Vincent avec Balkis, la reine de Saba. C’est une belle grande fille, mais qui n’a rien des attributs d’une reine. Elle porte un sac à main qui contiendra sa tenue royale.

VINCENT. — Voici Balkis, majesté femelle devant qui nous n’avons plus qu’à faire comme la tour de Pise. nous incliner…

Balkis. — Bonjour, mon gentil petit anachorète, (confidentielle) tu sais, j’ai apporté en ton honneur ma robe d’or et ma couronne royale (elle montre son sac).

ANTOINE (haussant les épaules avec une grimace de mépris). — Arrière, impératrice des croulants.

Vincent. — Il faudrait persuader notre ami de reprendre ses anciennes activités.

(Balkis va s’asseoir sur les genoux d’Antoine.)

ANTOINE. — 25 ans que je n’ai plus touché une femme. Ça me fait l’effet de toucher un fil électrique. Aïe…

BALKIS. — Mon petit Antoine, rappelle-toi tes équipées dans le corps franc des courtisanes, ton amour des emmêlements fantastiques.

ANTOINE. — Non. La position prescrite pour la procréation est tellement indécente qu’elle fait ricaner les idiots.

Grognement du cochon.

Ici Balkis se déshabillera et la scène suivante se déroulera, sur un fond sonore harmonieux, à mesure qu’elle revêtira la robe d’or et ceindra le diadème
royal…

BALKIS. — Rappelle-toi notre bungalow.

ANTOINE. — C’était un bungalow isolé sous les arbres.

BALKIS. — Voici que te reprend l’allure alexandrine.

ANTOINE. — Fille de haute mer, hagarde et dénudée.

BALKIS. — Vous savez bien qu’Eros brûle l’enfant rebelle.

ANTOINE. — Quel piège de créer de semblables merveilles.

BALKIS. — 11 faut braquer sa vie sur un seul objectif.

ANTOINE. — Triste qu’un si beau corps doive pourrir sous terre.

Balkis. — Tu vois bien que nous nous entendions comme A plus B.

ANTOINE. — Non, non, non, la femme est une en-

J’ai beau mélanger de la cendre à ma farine de sauterelles Rien de tel que le désert pour changer l’eau en vin Mais voilà qu’un vent brûlant souffle sur ma cahute Sur
quel mirage s’est-elle encore entrouverte? sur quel potager charnu? Un vent vibrant de vivante vérité Rien de plus suggestif et de plus évocateur que le Sahara dans sa robe de
plissé soleil Comme saint Ex. j’aurai beaucoup aimé le Sahara Ce n’est pas mon cochon qui me contredira

Ici au grognement se substituera insensiblement le

bruit d’un moteur d’avion. Qu’est-ce que ce bourdonnement derrière la toile de fond? Un météore traverse le ciel Le péché se fabrique aujourd’hui dans les bureaux

industriels

Le voilà qui fonce sur ma cahute, se pose comme un

sphinx

sur le sable torride. Qui sort de ses flancs? Léviathan.

Léviathan saute sur scène. Un faux air de Méphisto

en plus up to date. Léviathan, absence de Dieu, que me veux-tu?

Leviathan. — Une relation succincte de ton voyage dans la ville des sept péchés avec la palette des sept couleurs.

ANTOINE. — Vais-je me laisser assiéger par une légion de démons étrangers?

LEVIATHAN. — Tout notre équipement est à ta disposition. Voici mon carnet de chèques, scapulaire américain, pour un film sur la reine de Saba avec, comme partenaire,
Gina Lolabrigibardotta.

ANTOINE. — Une Téniers en technicolor? tel que la légende m’a dénaturé?

LEVIATHAN. — Nous voulons au contraire rétablir la vérité, te laisser le soin de la mise en scène. Embarque-toi avec moi, Antoine.

Antoine. — Caricature pour crustacés du crétinisme crédule.

Leviathan. — Il nous faut un scénario taillé sur le modèle en vogue, préoccupé surtout de violence et de brutalité.

Antoine. — Un meurtre dans le désert!

LEVIATHAN. — Bravo! Épatant! Faire l’histoire naturelle de tes cauchemars. Il n’y a que toi, grand Saint Antoine, pour peindre ton propre désarroi avec cette horreur
fascinée.

Antoine. — Un écran nous sépare.

LEVIATHAN. — Il faut le crever comme un cerceau de papier. Sahara-Niagara, Niagara-Sahara. Il n’y a plus de distance entre nous. Un bataillon de girls effacera jusqu’au souvenir de tes
difficultés africaines. L’homme n’est pas fait pour vivre seul, avec le sentiment de son impuissance et la peur envahissante de la mort. Ton cochon peut d’ailleurs révolutionner
l’industrie du bacon, rivaliser avec le jambon d’York ou celui de Parme.

ANTOINE. — Jamais je ne me séparerai d’un compagnon si fidèle. Ce n’est pas un cochon comme les autres. Ce qui distingue mon pécari tropical, c’est que sa queue se termine
par une touffe de petits poils comme le pinceau d’un peintre. Je l’estime trop.

LEVIATHAN. — Le cochon n’est estimé qu’après sa

mort.

ANTOINE. — C’est un cochon propre… Leviathan. … à la tentation des formes aberrantes. Allons, c’est à prendre ou à laisser. Dépêchons-nous. On va baisser le
rideau. Cette farce n’a trop duré.

Ici l’on entend le chant du coq, un cocorico-mirage, et Leviathan aussitôt disparaît.

ANTOINE (seul). — Le chant du coq? le jour se lève O plages du sommeil ô collines du rêve

Je crois je crois je crois

qu’il faut accepter l’inintelligible comme tel

Truellée d’argile, là-bas, ou ici, grain de sable que sais-je sinon que je dois mourir?

Les tentations m’ont pourchassé sur ce rythme

démentiel

pour aboutir à l’ultime tentation du ciel

Quand le corps craque, l’esprit s’égare

Libido sentendi, sciendi, dominandi

Ce qui survit dans nos caresses c’est l’âme poétique

où sont mes frères, où sont mes fils?

et ce rire charnel parmi les lilas sveltes!

Un nuage un sourire un pays

Mesdames, Messieurs Ici finit la Tentation de Saint Antoine N’applaudissez pas trop à ses tribulations La-haut m’attend le Grand Copain

Envisager la mort comme une fête ramasser le temps en un instantané Sur une presqu’île presque irréelle Natal Fatal Total

Rideau

Le Carillon de Carcassonne 1960

 

Paul Neuhuys

ET TOUT MUNCH


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ET TOUT MUNCH

 

 

Un seul cri

d’Edward a rose

Il se peut que ça empêche pas l’épine

mais si je veux sentir un arôme dans ce jour, faudra que je bute la motte au pied pour faire monter l’humidité dans ce tant sec

Je l’ai dit et le répète la vie est belle sous condition de choisir la fenêtre

Il y a celle sur la mer, le large devant, des oiseaux aux cris goélands avec plumage d’île et celle qui donne sur l’arrière local des poubelles

Quelques marches, un perron et la porte

serrurier chante mon rossignol…

 

Niala-Loisobleu – 29 Août 2020

 

DERNIER DIMANCHE DE L’ETE


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DERNIER DIMANCHE DE L’ETE

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(Le ciel détruit, le pâle échafaudage en feu sur la vallée où les chemins, aux abords du village, rôdent comme l’idiot ; et le disque de l’étang mort haut
déjà sur les vignes dévoyées par cette brûlure : dimanche dans le long délabrement des cloches, le tonnerre muet du temps.)
Qui nous délivrera ; qui viendra nous chercher dans ces

décombres ?
Est-il vrai qu’au bas du jardin où l’on brûle des ronces
La fumée invisible a pressenti le vent d’automne
Et qu’un frisson de l’oseraie a desserré les dents
Qui traînent l’horizon dans sa propre poussière ?
Le jour aux yeux crevés reste seul assis sur la place ;
Durent jusqu’à la nuit sous les hangars méconnaissables
L’angoisse des enfants et la tristesse des outils.

 

Jacques Réda

LA LANTERNE SOURDE


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LA LANTERNE SOURDE

A
Aimé
Césaire,
Georges
Grattant,
René
Ménil.

Et les grandes orgues c’est la pluie comme elle tombe ici et se parfume : quelle gare pour l’arrivée en tous sens sur mille rails, pour la manœuvre sur autant de plaques tournantes de
ses express de verre !
A toute heure elle charge de ses lances blanches et noires, des cuirasses volant en éclats de midi à ces armures anciennes faites des étoiles que je n’avais pas encore
vues.
Le grand jour de préparatifs qui peut précéder la nuit de
Walpurgis au gouffre d’Absa-lon!
J’y suis!
Pour peu que la lumière se voile, toute l’eau du ciel pique aussitôt sa tente, d’où pendent les agrès de vertige et de l’eau encore s’égoutte à l’accorder des
hauts instruments de cuivre vert.
La pluie pose ses verres de lampe autour des bambous, aux bobèches de ces fleurs de vermeil agrippées aux branches par des suçoirs, autour desquelles il n’y a qu’une minute
toutes les figures de la danse enseignées par deux papillons de sang.
Alors tout se déploie au fond du bol à la façon des fleurs japonaises, puis une clairière s’entrouvre : l’héliotropisme y saute avec ses souliers à poulaine et ses
ongles vrillés.
Il prend tous les coeurs, relève d’une aigrette la sensitive et pâme la fougère dont la bouche ardente est la roue du temps.
Mon œil est une violette fermée au centre de l’ellipse, à la pointe du fouet.

 

André Breton

S.O.S. AMOR – ALAIN BASHUNG


S.O.S. AMOR – ALAIN BASHUNG

J’ai des faims de toi difficiles
des jours ça veut pas rentrer
T’as fouillé mon baise-en-ville
Ca je peux pas saquer
En voulant nettoyer mon fouet
Bêtement le coup est parti

Ton cri était presque parfait (Bis)

J’ai des faims de loop de loop
De shalala chaloupés
Quant à la péniciline
Je m’arrête quand je veux
Tous ces hommes qui te turlupinent
Et moi qui vis au milieu
De quoi perdre son self-control (Bis)

S.O.S. Amor
S.O.S. Amor
S.O.S. Amor
Tu m’as conquis j’t’adore
Tu m’as conquis j’t’adore

J’ai des faims de lune de miel
A Los Angeles-sur-Yvette
T’as des faims de moi après l’after beat
Quatre et quatre ça fait coït S.O.S. Amor
S.O.S. Amor
Tu m’as conquis j’t’adore
Tu m’as conquis j’t’adore

J’ai des faims de toi difficiles
Des jours ça veut pas rentrer
Quant à ma prochaine victime
Elle est sous ton nez
Toutes ces femmes qui se turlupinent
Et moi qui baragouinais
De quoi perdre son self-control (Bis)

S.O.S. Amor
S.O.S. Amor
S.O.S. Amor
Tu m’as conquis j’t’adore
Tu m’as conquis j’t’adore