L’EPOQUE 2020/41: LES ENFANTS DE GAÏA 6


L’EPOQUE 2020/41: LES ENFANTS DE GAÏA 6

 


Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-neuvième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES ENFANTS DE GAÏA 6  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

                                           L’EPOQUE 2020/41 « Les enfants de Gaïa 6 » – Niala – Acrylique s/toile55x38

 

 

Déjà aux cuisses de l’été

Monte la fraîcheur des bruyères

De septembre c’est la chair du beau

Temps la corolle perfusée de rosée

Et dans l’élision du quotidien

Tu m’arrives toit d’épaule et chute de reins

Comme la raison majeure du voyage

Et tu dis la vie qui t’a rejointe

Par-delà les âges et les jus bariolés

De l’enfance bue à même la peau

Ma brèche si claire d’oiseaux

Aux mains mortelles chargées de fruits

Levés dans des corbeilles inaccessible

Et pourtant narcisse sans fard dans le vase

De ma volonté qu’il en naît des regards

Colchiques aux fenêtres

C’est comme si côté bleu

Tu venais compléter du réel

Le message jamais délivré en entier

 

 

 

Barbara Auzou.

LA TABLE DE NEUF ET SA PREUVE


Qui prouvera qu’à l’aube il faisait plus jour qu’à minuit au bain de pleine-lune, puisque conscient au lieu de dormir j’avais perdu la tête. Naître de la faute de personne, serait-ce possible ?

A peine arrivé et pas du tout certain d’avoir compris, tomber par taire de la faute des chaises musicales, voilà qui n’avance guère dans l’apprentissage de la danse

Ainsi tous les livres d’école, les bibles, notices du à monter soi-même, initiation corporelle, voie principale, raccourcis, passages-contrebandiers, moyens de transport, couleur du ciel, film préféré, marché clandestin, double-vie + si affinités, j’ose le scoutisme dont j’ignore tout, la pêche aux moules dont je n’ai rien à apprendre, dites-moi en quoi ça sert et si ça existe vraiment.

S’aperçoit-on seulement qu’on est mort quand pour une fois c’est la vérité?…

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2020

 « La nostalgie » – Léo Ferré


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« La nostalgie » – Léo Ferré

Ils n’ont de noir qu’un faux drapeau de soixante-huit
Tout est clair dans leurs gestes, ils t’apportent la guerre
Ils passent dans la rue, ouvre-leur tes habits
Ils y coudront dessus leur ouverture-éclairEt si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours imaginer le pire
Sans que jamais personne ne puisse dire
Quand ça viendra, quand ça viendraEt si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours essayer de poursuivre
Cette comète noire qui t’enivre
Et qui s’en va, et qui s’en va

Ils n’ont de noir qu’un peu de ce ciel engagé
Tout est clair dans leur yeux, ils regardent la fièvre
Ils moissonnent tes rêves au-dessus des pavés
Ils mouilleront leur pain trempé dedans tes lèvres

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours croire que ça fonctionne
Et que l’amour, ça rend les idées bonnes
Après demain, après demain

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours tenter de faire en sorte
Que les idées ouvrent grandes les portes
Avec tes mains, avec tes mains

Ils n’ont de noir qu’un peu de cette raison d’or
Qui grandit la folie au-dessus du courage
Qui fait la vie patiente et inquiète la mort
Qui arrête le temps à la dernière page

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours la crier dans la rue
Et dire au monde que tu ne veux plus
Perdre ta vie, perdre ta vie

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours la regarder en face
Avec tes poings et tu verras que passe

La nostalgie

L’OPTICIEN D’ARGUS


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L’OPTICIEN D’ARGUS

Une paire de lunettes

pour voir dans l’espace

il en faut une seconde

pour regarder la nuit

la troisième permettra

de traverser les murs

la quatrième de savoir

comment était ce qui est détruit

la cinquième réveillera

ce qui est tombé dans l’oubli

et la sixième entrouvrira

les persiennes du lendemain

 

Michel Butor

TEMPS PONT


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TEMPS PONT

 

La berge vers laquelle je me dirige tire son bois

j’avance une vendange tardive

aux grains cernés de nuits gémissantes de ressorts

Ton bleu grand ouvert

poche mon regard plongeant

depuis le trapèze où je me lâche

sphères où les troupeaux ne viennent qu’en zodiac

décan la pleine-lune s’annonce.

 

Niala-Loisobleu – 31 Août 2020

 

RETOUR ET TERRE NESLES


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RETOUR ET TERRE NESLES

 

Remettre en ordre dans le bordel du jour

un peu de libanais qu’Emmanuel tire à profit

le problème du malheureux c’est qu’il paye du début à la faim…

 

Niala-Loisobleu – 31 Août 2020

AU-DELÀ DE L’HORIZON


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AU-DELÀ DE L’HORIZON

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Au-delà de l’horizon le rouge est plus rouge, l’œil est
plus vif, l’or est ce que l’on croyait quand on le cherchait,
le passage entre la plage et les vagues se fait en toute
douceur, les fleurs s’épanouissent au fond de la mer et les
algues remuent doucement sur les toits de tuile comme
une chevelure de lierre.

Au-delà de l’horizon il n’y a ni formalités ni tampons,
ni discours électoraux ni fabrication d’armements, les
hélicoptères ne font pas de bruit, les enfants jouent avec
les flammes, et les oiseaux lancent artistement des fientes
de couleurs odorantes sur les bitumes phosphorescents.

Au-delà de l’horizon il y a d’autres horizons où les
vrilles des lendemains font irruption dans les jardins
d’attente, où le temps se retourne pour apaiser les effrayants
appels d’antan et les flammes de morts se raniment dans
leurs orbites pour peupler l’espace en invitant les aventuriers,
où la patience de tant de siècles touche enfin à sa récompense
et l’on peut y secouer les haillons de l’ancienne humanité
presque sans regrets.

Extrait de: 1996, A La Frontière, (La Différence)

 

Michel Butor

L’EPOQUE 2020/40: ANEMONES


L’EPOQUE 2020/40: ANEMONES

 

Après les Époques 2018 et 2019, le quarantième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : ANEMONES  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 

 

         L’EPOQUE 2020/40 – « Anémones » – Niala – Acrylique s/toile 46×38

 

 

Je suis une île

Surgie pour te voir

Surgie pour m’éprendre

J’écarte une à une les branches de ton domaine

Jusqu’à tes yeux d’anémone

Fille du vent qu’on égraine il faut

Que tout argument s’envole de ce qui ne veut

Changer les choses et partout s’époumone

En vain et toi sous les rideaux de ton théâtre intime

Tu as de quoi débouter les roses de leur faconde

Creuset et vestale du terrible quitte ou double

D’où nous faisons parfois naître des oiseaux

De lumière tu me maintiens à distance idéale

Du duel et de la vaine béatitude

Fais de moi le locataire rude et légitime

La vérité première

De tout ce qui empêche le cœur de se fendre

 

 

Barbara Auzou.