La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Je suis ailleurs mais où est-ce d´ailleurs? On me trouve parfois là-haut sous les toits Il est en l´air un monde un peu meilleur Tu m´retrouves parfois là-haut sous les toits Ton regard est sombre comme un ciel d´hiver, vert Ton regard est fou lorsque l´univers, vert, flamboie
Ton ailleurs est ici, sauf erreur Tu te couches parfois au creux de mes bras Et l´on oublie souvent le jour et l´heure On se touche parfois du bout de nos doigts Les nuits sans soleil, quel ange nous veille? Les nuits sans soleil, un singe nous veille, je veille
Le monde est comme toi, le monde est bleu Comme toi, toi Le monde est comme toi, le monde est bleu Comme toi, je veille
La nuit porte conseil et je sais Le mal que l´on nous fait Le mal que l´on nous fait parfois Et mon humeur est down, down, down Down Et mon humeur est down, down, down, down, etc.
Lo primero que quise fue marcharme bien lejos En el álbum de cromos de la resignación Pegábamos los niños que odiaban los espejos Guantes de Rita Hayworth, calles de Nueva York
Apenas vi que un ojo me guiñaba la vida Le pedí que, a su antojo, dispusiera de mí Ella me dió las llaves de la ciudad prohibida Yo, todo lo que tengo, que es nada, se lo dí
Así, crecí volando y volé, tan deprisa Que hasta mi propia sombra de vista me perdió Para borrar mis huellas destrocé mi camisa Confundí con estrellas, las luces de neón
Hice trampas al póker, defraudé a mis amigos Sobre el banco de un parque dormí, como un lirón Por decir lo que pienso, sin pensar lo que digo Más de un beso, me dieron, y más de un bofetón
Lo que sé del olvido, lo aprendí de la luna Lo que sé del pecado, lo tuve que buscar Como un ladrón debajo de la falda de alguna De cuyo nombre, ahora, no me quiero acordar
Así que, de momento, nada de adiós muchachos Me duermo en los entierros de mi generación Cada noche me invento, todavía me emborracho Tan joven y tan viejo, like a rolling stone
Si jeune et si vieux par Joaquín Sabina officiel La première chose que je voulais était de partir loin Dans l’album d’autocollants de la démission Nous frappons les enfants qui détestaient les miroirs Gants Rita Hayworth, rues de New York
J’ai à peine vu un clin d’œil à ma vie Je lui ai demandé de disposer de moi à volonté Elle m’a donné les clés de la cité interdite Moi, tout ce que j’ai, ce qui n’est rien, je le lui ai donné
Alors j’ai grandi en volant et j’ai volé, si vite Que même ma propre ombre de vue m’a perdu Pour effacer mes empreintes j’ai détruit ma chemise J’ai pris pour des étoiles, les néons
J’ai triché au poker, j’ai laissé tomber mes amis Sur un banc de parc j’ai dormi, comme un loir Pour dire ce que je pense, sans penser ce que je dis Plus d’un baiser, ils m’ont donné, et plus d’une gifle
Ce que je sais de l’oubli, j’ai appris de la lune Ce que je sais du péché, je devais le trouver Comme un voleur sous la jupe de quelqu’un Dont le nom, maintenant, je ne veux pas me souvenir
Donc pour l’instant, pas d’au revoir les gars Je m’endors aux funérailles de ma génération Chaque nuit je me maquille, je me saoule encore Si jeune et si vieux, comme une pierre qui roule
Encore une fois sur le fleuve le remorqueur de l’aube a poussé son cri
Et encore une fois
le soleil se lève
le soleil libre et vagabond
qui aime à dormir au bord des rivières
sur la pierre
sous les ponts
Et comme la nuit au doux visage de lune
tente de s’esquiver
furtivement
le prodigieux clochard au réveil triomphant
le grand soleil paillard bon enfant et souriant
plonge sa grande main chaude dans le décolleté de la
nuit et d’un coup lui arrache sa belle robe du soir Alors les réverbères
les misérables astres des pauvres chiens errants
s’éteignent brusquement
Et c’est encore une fois le viol de la nuit
les étoiles filantes tombant sur le trottoir
s’éteignent à leur tour
et dans les lambeaux du satin sanglant et noir
surgit le petit jour
le petit jour mort-né fébrile et blême
et qui promène éperdument
son petit corps de revenant
empêtré dans son linceul gris
dans le placenta de la nuit
Alors arrive son grand’frère
le Grand jour
qui le balance à la Seine
Quelle famille
Et avec ça le père dénaturé
le père soleil indifférent
qui
sans se soucier le moins du monde
des avatars de ses enfants
se mire complaisamment dans les glaces
du métro aérien
qui traverse le pont d’Austerlitz
comme chaque matin
emportant approximativement
le même nombre de créatures humaines
de la rive droite à la rive gauche
et de la rive gauche à la rive droite
de la Seine
Il a tant de choses à faire le soleil
et certaines de ces choses
tout de même lui font beaucoup de peine
par exemple
réveiller la lionne du Jardin des Plantes
quelle sale besogne
et comme il est désespéré et beau
et déchirant
inoubliable
le regard qu’elle a en découvrant
comme chaque matin
à son réveil
les épouvantables barreaux de l’épouvantable bêtise humaine
les barreaux de sa cage oubliés dans son sommeil
Et le soleil traverse à nouveau la Seine
sur un pont dont il ne sera pas question ici
à cause d’une invraisemblable statue de sainte Geneviève
veillant sur Paris
Et le soleil se promène dans l’île Saint-Louis
et il a beaucoup de belles et tendres choses
à dire sur elle
mais ce sont des choses secrètes entre l’ile et lui
Et le voilà dans le Quatrième
ça c’est un coin qu’il aime
un quartier qu’il a à la bonne
et comme il était triste le soleil
quand l’étoile jaune de la cruelle connerie humaine
jetait son ombre paraît-il inhumaine
sur la plus belle rose de la rue des Rosiers
Elle s’appelait Sarah
ou Rachel
et son père était casquettier
ou fourreur
et il aimait beaucoup les harengs salés
Et tout ce qu’on sait d’elle
c’est que le roi de Sicile l’aimait
Quand il sifflait dans ses doigts
la fenêtre s’ouvrait là où elle habitait
mais jamais plus elle n’ouvrira la fenêtre
la porte d’un wagon plombé
une fois pour toutes s’est refermée sur elle
Et le soleil vainement
essaye d’oublier ces choses
et il poursuit sa route
à nouveau attiré par la Seine
Mais il s’arrête un instant rue de Jouy
pour briller un peu
tout près de la rue François-Miron
là où il y a une très sordide boutique
de vêtements d’occasion
et puis un coiffeur et un restaurant algérien
et puis en face
des ruines des plâtras des démolitions
Et le coiffeur sur le pas de sa porte
contemple avec stupeur
ce paysage ébréché
et il jette un coup d’ceil désespéré
vers la rue Geoffroy-l’Asnier
qui apparaît maintenant dans le soleil
intacte et neuve
avec ses maisons des siècles passés
parce que le soleil
il y a de cela des siècles
était au mieux avec Geoffroy-l’Asnier
Tu es un ami lui disait-il
et jamais je ne te laisserai tomber
Et c’est pourquoi
l’ombre heureuse et ensoleillée
l’ombre de Geoffroy-l’Asnier
qui aimait le soleil et que le soleil aimait
s’en va chaque jour
que ce soit l’hiver ou l’été
par la rue du Grenier-sur-1’Eau
et par la rue des Barres
jusqu’à la Seine
et là les ombres de ses tendres animaux
broutent les doux chardons de l’au-delà
et boivent l’eau paisible
du souvenir heureux
Cependant qu’au-dessus d’eux
accoudé au parapet du pont Louis-Philippe
le loqueteux absurde et magnifique
qu’on appelle
le Roi des Ponts
crache dans l’eau pour faire des ronds
Fasciné par la monotone splendeur
de l’eau courante
de l’eau vivante
sans se soucier du qu’en-dira-t-on
il ne cesse de cracher
et
jusqu’à ce que la salive lui manque
offrant ainsi en hommage
à sa vieille amie la Seine
quelque chose de sa vie
quelque chose de lui-même
et il dit
La Seine est ma sœur
et comme je suis sorti un jour
des entrailles de ma mère
elle elle jaillit chaque jour
et sans arrêt
des entrailles de la terre
et la terre c’est la mère de ma mère
et la mort c’est la mère de la terre
Et il s’arrête de cracher un instant
et il pense que la Seine va se jeter dans la mer
et il trouve ça beau
et il est content
et son cœur bat comme autrefois
et il se retrouve comme autrefois
tout jeune avec une chemise propre
qu’il enlevait pour faire l’amour
et il regarde la Seine
et il pense à elle à la vie et à la mort et à l’amour et il crie
et il pense à elle à la vie et à la mort et à l’amour et il crie
Oh! Seine
ne m’en veux pas
si je me jette dans ton lit
c’est pas des choses à faire
puisque je suis ton frère
mais pas d’histoires
je t’aime alors tu m’emmènes
Mais attention
quand nous arriverons là-bas
tous les deux
là-bas à l’instant même
qu’on ne connaît pas
là où l’eau déjà n’est plus douce
mais pas encore salée
n’oublie pas le Roi des Ponts
n’oublie pas ton vieil ami noyé
n’oublie pas le pauvre enfant de l’amour
avili et abîmé
et dans les clameurs neuves de la mer
garde un instant ta tendre et douce voix
pour me dire que tu penses à moi
Et il se jette à la flotte et les pompiers s’amènent
enfin voilà pour lui
comme on dit ai simplement dans les Mille et Une Nuits
Et la Seine continue son chemin
et passe sous le pont Saint-Michel
d’où l’on peut voir de loin
l’archange et le démon et le bassin
avec qui passent devant eux
une vieille faiseuse d’anges un boy-scout malheureux
et un triste et gros vieux monsieur qui a fait une misérable fortune dans les beurres et dans les œufs Et celui-là s’avance d’un pas lent vers la Seine en regardant les tours de Notre-Dame Et cependant
ni l’église ni le fleuve ne l’intéressent mais seulement la vieille boîte d’un bouquiniste Et il s’arrête figé et fasciné devant l’image d’une petite fille couverte de papier glacé
Elle est en tablier noir et son tablier est relevé une religieuse aux yeux cernés la fouette
Et la cornette de la sœur est aussi blanche que les dessous de la fillette Mais comme le bouquiniste regarde le vieux monsieur congestionné celui-ci gêné détourne les yeux et laissant là le pauvre livre obscène
jette un coup d’oeil innocent détaché
vers l’autre rive de la Seine
vers le quai des Orfèvres dorés
là où la justice qui habite un Palais
gardé par de terrifiants poulets gris
juge et condamne la misère
qui ose sortir de ses taudis
Dérisoire et déplaisante parodie
où le mensonge assermenté
intime à la misère l’ordre de dire la vérité
toute la vérité rien que la vérité
Et avec ça dit la misère
faut-il vous l’envelopper
Et voilà qu’elle jette dans la balance truquée
la vérité de la misère
toute nue ensanglantée
C’est ma fille dit la misère
c’est ma petite dernière
c’est mon enfant trouvée
Elle est morte pendant les fêtes de Noël
après avoir longtemps erré
au pied des marronniers glacés
sur le quai
là
à deux pas de Chez Vous
Messieurs de la magistrature assise
levez-vous
et vous
Messieurs de la magistrature debout
approchez-vous
Voyez cette enfant de quinze ans
Voyez ces genoux maigres ces tristes petits seins
ces pauvres cheveux roux
ces engelures aux pieds et ces crevasses aux mains
Voyez comme la douleur a ravagé ce visage enfantin
Et vous Messieurs de la magistrature couchée et bien
bordée réveillez-vous
D ne s’agit pas d’une berceuse d’une romance
Ne comptez pas sur moi pour chanter dans votre
Cour D ne s’agit pas d’un feuilleton d’un mélodrame
rien de sentimental aucune histoire d’amour D s’agit simplement de la terreur et de la stupeur qui se peint sur le visage de l’enfant et qui serre atrocement le cœur de l’enfant à l’instant où l’enfant comprend qu’elle va avoir un petit enfant et qu’elle ne peut le dire à personne pas même à sa mère qui ne l’aime plus depuis longtemps et surtout pas à son père puisque malencontreusement c’est le père qui très précisément est le père de cet enfant d’enfant
Sur un matelas elle rêvait
et autour d’elle ses frères et sœurs
remuaient en dormant
et la mère contre le mur
ronflait désespérément Enfin toute la lyre comme on dit en poésie
Le père qui travaille aux Halles et qui s’en retourne
chez lui après avoir poussé son diable dans tous les courants
d’air de la nuit et qui s’arrête un instant en poussant un soupir
navré devant la porte d’un bordel fermé pour cause de Haute Moralité Et qui s’éloigne
avec dans ses yeux bleus et délavés la titubante petite lueur de l’Appellation Contrôlée Et le voilà soudain ancien colonial si ça vous intéresse et réformé pour débilité mentale le voilà plongé d’un seul coup
dans la bienfaisante chaleur animale et tropicale de la misérable promiscuité familiale Et le lampion rouge de l’inceste en un instant prend feu dans la tête du géniteur il s’avance à tâtons vers sa fille et sa fille prend peur… Vous imaginez hommes honnêtes ce qu’on appelle le Reste et pourquoi un soir deux amoureux enlacés sur un banc
dans les jardins du Vert-Galant ont entendu un cri d’enfant si déchirant
J’étais là quand la chose s’est passée
à côté du Pont-Neuf
non loin du monument qu’on appelle
la Monnaie
J’étais là quand elle s’est penchée
et c’est moi qui l’ai poussée
Il n’y avait rien d’autre à faire
Je suis la Misère
j’ai fait mon métier
et la Seine a fait de même
quand elle a refermé sur elle
son bras fraternel
Fraternel parfaitement
Fraternité Égalité Liberté c’est parfait
Oh bienveillante Misère
si tu n’existais pas il faudrait t’inventer
Et le Ministère public qui vient de se lever
la main sur le cœur l’autre bras aux cieux le cornet
acoustique à l’oreille et toutes les larmes de son corps aux yeux réclame avec une émotion non dissimulée l’Élargissement de la Misère
c’est-à-dire en langage clair et vu le cas d’urgente
urgence et de nécessaire nécessité sa mise en liberté provisoire pour une durée illimitée
Et ainsi messieurs Justioe sera Fête attendu que…
A ces mots l’enthousiasme est unanime
et la tenue de soirée est de rigueur
et le grand édifice judiciaire s’embrase d’un magnanime feu d’artifice
et il y a beaucoup de monde aux drapeaux
et les balcons volent dans le vent
et le grand orchestre f rancophilharmonique des gardiens de la paix
rivalise d’ardeur et de virtuosité avec le gros bourdon de Notre-Dame des Lavabos de la Buvette du Palais
Et la Misère ahurie affamée abrutie résignée
entourée de tous ses avocats d’office
et de tous ses indicateurs de police
est acquittée à l’unanimité plus une voix
celle de la conscience tranquille et de l’opinion publique réunies
Et solennellement triomphalement reconnue d’Utilité publique
elle est immédiatement
libéralement légalement et fraternellement
rejetée sur le pavé
avec de grands coups de pied dans le ventre
et de bons coups de poing sur le nez
Alors elle se relève péniblement
excitant la douce hilarité de la foule
qui la prend pour une vieille femme saoule
et se dirige en titubant aveuglément
vers le calme
vers la paix
vers le lieu d’asile
vers la Seine
vers les quais
Tiens te voilà qu’es belle et qui m’ plais
Et la Misère tressaille dans sa vieille robe
couverte d’ordures ménagères
en entendant cette voix de porcelaine brisée
et elle reconnaît Chariot le Téméraire
dit la Fuite dit Perd son Temps
un de ses plus vieux amis un de ses plus fidèles
amants et elle se laisse tomber sur la pierre près de lui en sanglotant Si tu savais dit-elle Je sais
dit le raccommodeur de faïences Je sais
dit le laveur de chiens Et ce que je ne sais pas je le devine et ce que je ne
devine pas je l’invente
Et ce que j’invente je l’oublie Alors fais comme moi ma jolie regarde couler la Seine et raconte pas ta vie
Ou bien alors
parle seulement des choses heureuses
des choses merveilleuses rêvées et arrivées
Enfin je veux dire des choses qui valent la peine
mais pour la peine pas la peine d’en parler
Tout en parlant il trempe dans la rivière
un vieux mouchoir aux carreaux déchirés
et il efface sur le visage de la Misère
les pauvres traces de sang coagulé
et elle oublie un instant sa détresse
en écoutant sa voix éraillée et usée
qui tendrement lui parle de sa jeunesse
et de sa beauté
Rappelle-toi je t’appelais Miraculeuse
parce que tu habitais au sixième
sur la Cour des Miracles
près du Ut il y avait des jacinthes bleues
et jamais je n’ai oublié
une seule boucle de tes cheveux
Rappelle-toi je t’appelais Frileuse
quand tu avais froid
et je t’appelais Fragile
en me couchant sur toi
Rappelle-toi la première nuit
la première fois
les nuages noirs de Billancourt
rodaient au-dessus des usines
et derrière eux
les derniers feux du Point-du-jour
jetaient sur le fleuve
de pauvres lueurs tremblantes et rouges
C’était l’hiver
et tu tremblais comme ces pauvres lueurs
mais dans le velours vert de tes yeux
flambaient les dix-sept printemps de l’amour
Et je n’osais pas encore te toucher
simplement je regardais
le souffle de ton joli corps
qui dansait devant ta bouche
Rappelle-toi
comme nous avons marché doucement
sur le pont de Grenelle
sans rien dire
Et n’oublie pas non plus l’île des Cygnes
ma belle
avec ses inquiétants clapotis
ni la statue de la Liberté
surgissant des brouillards du fleuve
qui drapaient autour d’elle
un triste voile de veuve
Rappelle-toi les clameurs du Vel’dTDv*
n’oublie pas la grande voix de la foule dispersée par
le vent et le pont Alexandre avec ses femmes nues et leurs grands chevaux d’or immobiles cabrés et aveuglés par les phares du Salon de l’Automobile
les feux tournants du Grand Palais
Et de l’autre côté
les Invalides gelés
braquant leurs canons morts
sur l’esplanade déserte
Et comme nous sommes restés longtemps
serrés l’un contre l’autre
tout près du Pont de la Concorde
Rappelle-toi
nous écoutions ensemble
résonner dans la nuit
le doux souvenir des marteaux de l’été
quand l’été matinal
se hâte d’assembler les charpentes flottantes
du décor oriental des Grands Bains Deligny
Rappelle-toi
nous évoquions ensemble
le fou rire des filles
franchissant la passerelle leur maillot à la main
et les ogres obèses sortant des ministères
à midi
et qui tentent désespérément d’apercevoir
entre les toiles flottantes verticalement tendues
un peu de chair fraîche
et nue
Nue
Et ma main a serré davantage ton bras
Rappelle-toi
Je me rappelle
dit la Misère
Deux heures sonnaient
à la grande horloge de la gare d’Orsay
et quand tu m’as entraînée vers la berge
il n’y avait pas d’autre lumière
que celle d’un bec de gaz abandonné
devant le Palais de la Légion d’Honneur
Mais le sang pâle et ruisselant
du dernier quartier de la lune
blessée par un trop rude hiver
éclaboussait le paysage désert
où se dressaient
ensoleillées dans la clarté lunaire
d’immenses pyramides de sable
et de pierres
Tu te rappelles
Comme si c’était hier
dit le vieux réfractaire
et même que tu as dit en souriant
Comme c’est beau
on se croirait en Egypte maintenant
Et c’est vrai
que c’était beau ma belle
beaucoup trop beau pour ne pas être vrai
Et c’était vraiment l’Egypte
et c’était aussi vraiment les eaux chaudes et calmes du Nil qui roulaient silencieusement entre les rives de la Seine
Et le sang ardent de l’amour coulait dans nos veines
Rappelle-toi
Tu étais couchée sur un sac de ciment
dans un coin à l’abri du vent
et quand j’ai posé ma main glacée
sur la douce chaleur de ton cœur
ton jeune sein soudain s’est dressé
comme une éclatante fleur
au milieu des jardins secrets
de ton jeune corps couché
caché
Et n’oublie pas la belle étoile ma belle
celle que tu sais
N’oublie pas l’astre de ceux qui s’aiment
l’astre de l’instant même de l’éternité
l’étourdissante étoile du plaisir partagé
Qui pourrait jamais l’oublier
Et la Misère
souriante et presque consolée
regarde la lumière qui baigne la Cité
Près d’elle
un vieux chien mouillé tressaille
en entendant le cri d’un remorqueur
saluant encore une fois
la fin d’un nouveau jour
Et là-haut
dans le doux fracas de la vie coutumière
la Samar et la Belle Jardinière
descendent en grinçant des dents
leurs lourds rideaux de fer
Sur le quai de la Mégisserie
les petits patrons des oiselleries
parquent déjà dans leur arrière-boutique
les perruches les rats blancs les poissons exotique
Assemblage du gel et du courre, de la femme assise et de l’arbre mort. Le poing serre les phalanges. Têtue, la vitre. Hagard, le pâle désastre où la fille, la gencive ont la bête en elles, comme un désarroi.
À présent, texte ou texte Déchets d’un plomb gris pâle. L’écriture est métallisée, plus grise encore ou corail. Décès du levier, du geste. Assemblage de la matrice et de l’encre, de la sève pour tout dire, et du bruit qui s’arrête.
Assemblage des poutres et des haleines,
des mains de l’un, des pieds de l’autre,
des becs et des cheveux ;
les loutres et les verges
ont l’élan pour elles,
meuvent le feu aveugle
et le feu qui voit.
Seront ensemble
doigts et ciseaux.
Assemblage des chemins et des pas,
des pierres pillées, des fruits volés.
Bruits d’épines ou d’armes blanches
quand cesse tout frisson
sous la cagoule, sous la paupière.
Fracas de griffes et de tonneaux.
Les vêtements perdus,
en leur souffle, en leur silence,
cachent des gaines, des aisselles.
Assemblage du mot «langue» et de l’organe lui-même, dont la sourde ablation demeure incertaine. Rien n’arrache l’haleine. Et l’odeur du givre, cette maison l’enfouit dans le sel ou l’armoire, dans les vêtements usés du père et du fils.
Assemblage des muscles, des papiers,
des goûts et des gels,
des laines que l’œil choisit,
des herbes à la vie facile.
Assemblage de la jambe et de l’aine
où la main contient
le corps, la légende.
Un œil de papier dort dans l’œil. L’encre est le corps dont on sait le chemin, dont le bleu dit l’absence. Ici naît le vin que la neige arrondit que ma parole emporte en saccage infini.
La maison n’est pas la bouche : pourtant les dents cassent comme verre. Voici d’autres denrées : guêpes, lorgnons, papiers, ancien gel de pommes, odeur de puits qui rôde. Le sang en poudre serre le poignet. Les femmes frottent l’acajou étouffé.
Les voisins perdent la langue.
Je vole le sommeil
du tambour, de la chèvre.
Combien de doigts les mains
ont-elles ?
Les bras tombent
quand le jour s’éveille.
Épaule au nom d’épaule, épaule où se cache le sang pour dormir, la fille te touche et te voilà semblable à l’épaule du vin que le sommeil brise.
Habiter en soi-même demande patience et clarté. Où sont les vins, les vêtements? De quelle pluie attendre bonté de fille, de voyage ? Demeure allongé, demeure, couvert d’empreintes, de traces, comme un fardeau léger dans ton sommeil de verre.
Déjà nous attendons juin, et que les rixes craquent, ensoleillées comme tant d’autres appareils du corps: les yeux dans leurs loges, gloutons et sereins, les dents d’aix, les sûres traces de doigts sur la jambe, entre les cuisses bleues-belles, longues du feu tapi.
Éclate le verre :
sourds et bègues, les arbres
et les donjons où dort
le pantin sûr de son venin ;
nulle masse n’est morte.
Déjà les filles les plus lentes
prennent d’assaut la chambre
De temps en temps hurle
un train de voyageurs.
À ce qu’on dit
je préfère
ce qu’on ne dit pas :
calebasse sans vergogne:
cette chambre oscille.
Les doigts mis à l’épreuve;
rouet blanc
de la main enroulée,
va et vient l’allongée ;
dans le poing s’engouffrent
les nerfs du jardin.
Pétrie, la rose embellit
mon odeur,
pétrifie prunelles et jambes
et déjà la voix longe la voix,
la voix perd ses ongles.
Les lilas, les nerfs la main les touche; la maison dans le poing serre les vieux habits. A présent, l’embellie, la jambe exacte. Et tu respires sans y penser.
Les revêtent, les aiment. Le sang imbibe chacun d’eux. Chacun d’eux loge l’autre quand dort la voix, quand le verre mince arrondit l’œil, caresse le camarade.
Tu demeures vigoureux quand les dents mordent la vitesse nouvelle des têtards nombreux, des pâleurs d’oxygène. Ah ! Tu perds l’ouïe, tu plonges dans ta main (souvenir d’ivraie, de suc !). Voici l’eau mûrie, la verte innocence, et laisse le corps assembler la neige !
.. et dans la vieillesse, et pâle.
De temps à autre un mot
plus bleu, comme vide,
et qui veut dire
le sang léger à la tête,
ou le froid très clair
qui saisit l’haleine
et brise le coude…
et, parlant bas,
parlant très bas,
les vitriers de lin.
… et le pouvoir des muscles
engrange la chaleur
dont tu sais la bonté.
Dans toute la pupille
elle verra le pays,
les outils, les merveilles.
Mais ne dis pas le nom
des os et des vallées.
Garde pour toi
la longueur déchirée
de la main sur la jambe.
… du corps joint à celui qui part, qui revient vers lui-même ou qui s’endort croyant voir les objets, les muscles, les petites maisons serrées l’une dans l’autre, ou les doigts fidèles qu’on oublie, qu’on jette loin de soi…
Dans ta vision, l’encrier
bleuit pupille et paupière,
chats d’Espagne.
Tel opticien de papier sourd
frappe la main,
ferme la fenêtre.
Tu traverses l’obscurité
où l’œil meurt au centuple.
Sois toi-même pantin : touche la très sainte glaise, offre à qui t’aime doigts ou coquilles. Il faudra caresser torse et jambes. Arrondis le sang, la sève et bois cidre en Espagne dès que l’ombre est fragile, dès que monte à la tête l’odeur de bleu moulin.
Les marchands d’almanachs sont amis des merciers : c’était à Liège en 1602. Boiseries croulent et tout n’est que poussière; pousse en avant les bras : le noir te mange et c’est l’hiver, l’enfance à facettes.
Tu es de bon renom : l’odeur des pommes te plaît, tu caresses l’âtre et la vitre… Afin d’obtenir douceur tu parles à voix basse. La maison où tu loges est fourrée de papier : tu dois t’en souvenir : fabrique seaux et bouteilles, dors, tu dors, meunier de vin, pouce du pont des Arches.
Corps disloqué puisque
nerfs disent nerfs,
jambes, jambes.
Corporation bleue des citrons,
des touches volées, des sucreries.
A-t-on donc sucé
le sang des merciers ?
Obéis à l’agneau.
Celui qui vend du cuir
ne peut qu’être benoît.
Quand le bras dort,
la jambe allonge le sang,
la cheville s’appelle Mathilde,
coupe le sommeil.
Le pied court.
Plus que jamais le pouce
est fourbe et gourd.
Si l’épaule t’appartient,
lève le bras : main,
te voici transparente
dans le commerce du sommeil.
Chaque empreinte
est, sur la langue,
tampon sourd de salive.
Sois sommeil enseveli, sois enfant très mince ou feu jaloux : maison vole ou réveille le pouls pâle et glacé. C’est l’Amblève qui parle et le moulin qui rit : le corps fait boule, rondeur de sud, se coule en la clarté d’un voleur aveugle.
À bec pointu, langue dodue.
J’ai, dans mes longs poils,
un objet de ténèbres,
la douille de l’œil.
Mes griffes, mes lèvres
ont la douceur obscure,
ont la douleur aiguë
du miel, du dard.
Les femmes frottent les coqs,
les gens couchés dans l’herbe.
Sûr disciple du citron, cède à l’œuf ta rondeur, enseigne aux tambours le cri du coq. Et le village et l’épaule vivent en commun. J’étais sur le point d’être nerf, vacarme. Attends :
la voix replie ses ailes, dort de tous ses a, fait la jatte engourdie, le héron sur un pied.
Mai, comme l’hiver, sans grave courroux, prend les vitres, les gares. Avons-nous serré filets et tas de noix dans les greniers ? C’était, vous dis-je, la liqueur pâle à la bouche, qui amincit le corps.
Faits observés :
chemin de mains et de papiers,
va-et-vient de pupille,
de doigts le long de doigts,
fontaine dont on ne boit
ni l’herbe, ni la langue
(y passe le feu glacé
des cerises, des sifflets !).
La maison d’aujourd’hui
contient le sang aveugle.
Profusion de pattes : voici l’herbe arrachée; le patient s’affaiblit dès que l’aveugle entre dans la maison menue. Projette salive. Nomme
avalanche d’haleine ou pression de pouce. Quel vaincu saisit la soie métallique entre les paupières ?
Plan d’attaque :
verre ou casse-cascade,
enfin, les merveilles, les monts
dont nous sommes les gardiens,
les sauveurs débonnaires.
Et c’est la lutte :
cherche à saisir la jambe
dont le sang pèse lourd
dès qu’on abolit
la main livrée au rêve.
Sourd, tu respires mieux.
Tu fais face au sarcasme
des cheveux et des lèvres.
Paralyse l’eau : tu seras sans outils, sans demeure blanchie, sans liens autour du bras. Tire l’arbre à tâtons vers le ventre où tu dors. Les mots sont mécaniques. Le vin, dans sa victime, s’empare du poing, visite l’estomac pâle et la maison des guêpes.
Donne à ce conseil
le juste équilibre:
l’embellie, la foudre
seront sœurs.
Et tu veux toucher
les objets cousus, les pelotes
dont les épingles
ont des dents de hiboux.
Tu ne peux connaître
l’étendue du pays :
ferme l’épaule hâtive,
serre l’œil dans son habit.
Retrouve en ton sommeil
mille poings, mille pattes.
La femme naïve étreint
le garçon qui ne peut courir :
sors la langue, donne
au premier venu
les yeux, les mains, les jambes
L’embuscade est tendue
au-delà du genou.
Enveloppe à bon escient
la bête en sa vigueur. «
… et la langue y persiste,
y pose douceur vaine,
tandis qu’au pressoir,
dans le jardin de chaux,
les ouvriers savent
ce qu’il faut de travail,
de cris, de halètements,
de mouvements sans fin.
Qu’adviendra-t-il
des jarrets et des coudes,
des vêtements usés, des faucilles
dont l’odeur déchire
la vitre du papier?
De jambe en jambe, jambe d’ivoire ou de bois, jambe de sel ou de Jean, jambe de peau de bête. Tiens la jambe et caresse le pied bleu ou bot. Qu’est-ce qu’un soulier? Le lieu où le corps perd l’espace, où le talon de verre, d’un coup à la tempe, tue Cendrillon.
Outils et pains, coquilles sont partout dans la salle. On dirait un pays noir du souffle des oiseaux. La serpe à l’affût ne craint pas la chèvre. Tonneau qui roule perd paroles et citrons.
Goût du goût sans bleu, goût de la veine, de l’haleine dont tu es léger, frère sourd du feu. La main dort en elle-même. Elle touche, ce jour-ci, genoux et cadenas, ou chêne. Tu ne sais pourquoi tu as le mot judo à la bouche.
… doit boire la lie. Si la jambe a sommeil, mille points de rouille pillent le corps entier. Il pleut à verse: gueux sont les doigts. Hébété, tu cours, car les couteaux tirés sont posés sur la table
Herse blesse. Féminin, tu parles : c’est le décès du chanvre, dès que tu tiens à la main tel jouet au sang gelé. Tu casses le papier liquide. Par temps chaud, tu meurs.
C’est une bleue.
Tu la voyais sur la langue
tenir chaque doigt, chaque objet.
Tu la voyais dans l’œil
garder bonne contenance.
Adieu paniers, poitrails,
gens de sabots et de bouteilles !
Toi, tu te tais :
tu es blanc
comme une Agnès.
Accord des oiseaux et des arbres sous les tambours nus ou sourds. Accord des cœurs et des herbes, quand le rêve des enfants devient un puits sans fond. Accord de la jambe et du sexe, dès que sont criards les porcs, les poulies, les voix. Accord sous l’eau noire. Accord sous l’enclume. Quelques morceaux d’enfants sont dans la noce rebelle des soldats qui ne meurent pas.
Abus glouton des poings qu’on serre et qu’on écrase ! Nain cousu, je respire dans le tambour sans portes, dans l’eau allongée. Chacun parle à l’autre du temps passé, des ouailles, du pouce gelé, de juin. Vivat ! Vivat !
Vois en toi-même : l’autre bras t’entoure ou te passe corde à la jambe. Et tu ris d’avoir volé le sang du voisin.
Te voici long ou bleu :
fête, en ce coude,
le bras, l’avant-bras.
Le territoire allongé
(ou qui s’allonge)
est fleuve ou cité:
les poings dans les poings
hissent étendards et renards,
cris empaillés, fracas de rhum.
Dort dans mon oreille
celui qui fait le sourd.
En la ronde ardeur tu fais le sourd ou le muet. Crains-tu l’approche de la main, de la jambe ? Le corps grossit dans l’eau, coupe le pouce étiré, donne au pauvre sabot brassée de ligaments, pas perdus de papier.
Housse où vit le corps :
l’aveugle en bleu
n’y voit personne.
Nul voleur n’y vole
un peu de sang.
Nul toucheur d’épaule
n’y cherche un amandier.
Qui j’ignore
mesure la longueur
du pouce et de la jambe.
Mais la langue fait coquille
près du cœur, près du poing.
Dit : en ce temps-ci, la main ne tient outil que par méprise. Récit : haillons dans le sel, amis coiffés de petits ânes, tels sont pensers d’ici. Constat: chef du vignoble ou du corps très blanc… L’aisselle où tu vis, la main la creuse, y fait pelote ou soleil.
Étendue du corps par où l’on regarde : ainsi l’œil, petit appareil, fait patte à tout venant, lèche le bout du feu, l’extrémité de la jambe, ou la langue qui appartient à ma langue, laquelle est dans la langue du gel. Tire vers toi l’échelle, oublie le nom des doigts, l’œil-index, l’œil-pouce, enveloppe de bordeaux tout le métal des ormes.
Langue brûle.
Petits os de main
sont en petits morceaux.
Jambe est séparée
du corps.
Poing serre poing.
Doigt droit
touche pouce;
au pays nerveux,
on pille déjà.
… j’attendais que la main
soit chèvre encore, ou touffe
de mimosa dans les yeux.
Ma fille fait bien
de se tenir tranquille :
et ses cuisses et ses coudes
attachent le corps.
Et voici la langue,
élève humide et dodue,
court chemin
des dents à la racine.
Corps de logis : rouge à l’aisselle. Au creux du genou dort la tache d’encre. J-es marchands avaleurs de bêtes ou de sonnailles te poursuivent, alléchés.
Et voici qu’un grand couturier me prend par la jambe et me conduit vers les noix entassées dans la chambre. Y a-t-il déjà, dans ce sac, les outils
amoureux de rouille, les roues dentées, les flacons ? Longe de la main l’anorak bleu, le moteur. Nous parlons, Hélène, d’un parfum cousu, d’une aumône.
La main droite
est la main de la main gauche,
comme l’œil gauche
est le voisin de l’œil droit.
Voleur, tu caches
l’œil central.
L’œil ovale
n’est pas l’amande
qu’on serre entre les dents.
Herbe où les nains cherchent ma jambe. Herbe où les nains cherchent mon cœur. La faux coupe en quatre le trèfle et le thym. La montagne est belle dans l’œil de Nalôn : cinq doigts caressent une lampe de mineur. La rivière arrondit cailloux et remous.
Je me servais des bras pour franchir l’orifice et clouer au papier les plumes, les épingles. On demande la faveur de mourir, de détruire l’amande en fusion, l’œil écarlate. Tous les objets cuits, les fouloirs du peuple.
Est ou se tait. Demeure volé, caché, sous
on ne sait quoi. On tient en vie comme par. Et déjà le froid, déjà les mains, les jambes abondent.
Enfant coupé du nord au sud,
voici tes bras vus de l’intérieur.
Tel juin, le laitier meurt
et les passants verts attendent
la venue des jacinthes, des tambours.
Aurait-on pu penser cela ?
Ouvert, le corps entre
en respiration lente et sûre.
Elle a raison de s’éloigner,
l’haleine.
Elle est dame légère,
on ne la voit jamais voiler
la cécité des guêpes.
Dans l’ongle où jacassent l’oiseau menu, le feu plié, se cache aussi le dé à coudre.
Cesse de couper le fil de laine. Cesse de limer l’œil : maints plumages caressent le regard nègre.
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