CONTE POUR ADULTES 1


CONTE POUR ADULTES 1

L’histoire plaquée or d’à-côtés fout les foies décapitée qu’elle est de vérité. Emmanuel sautant sur son ressort à rebondir en toute occasion, sprinte en ban lieu. Et fait le signe de se croire être le seul au pied du caniveau où la tête trempe dans son propre sang.

Buis, buis, buis, dit la pix-voleuse en hochant de son sourire robotique.

 » Ils ne passeront pas »

Le maux historique est lâché.

Dehors les bateaux de migrants déversent de quoi mettre un terme plus convaincant au discours. Et ma foi il va lui en falloir du poids. Plus de dix ans qu’on doit arrêter l’extrémisme et on ne fait que l’arroser de mots. DES ACTES pas un truc de citrouille qui en dore la belle. Et pas du genre « on va enseigner l’arabe. La langue n’a pas a servir de mauvaise cause. Les professeurs ont des matières à développer dans le bon sens en faisant une vraie pédagogie. Pas un prête-nom pour parents incompétents en la matière comme le répète Ernesto.

Défaire l’enseignement de son rôle laïque est le but qu’on cache sous la pierre en ôtant pas le venin.

J’ai rêvé que le beau métier d’enseignant vivrait longtemps et aurait en corps de nombreux enfants.

Niala-Loisobleu – 17 Octobre 2020

Je Te Donne par Léo Ferré


Je Te Donne par Léo Ferré

Les fleurs à inventer les jouets d’une comète
Les raisons d’être fou la folie dans ta tête
Des avions en allés vers tes désirs perdus
Et moi comme un radar à leurs ailes pendu
Des embruns dans tes yeux et la mer dans ton ventre
Un orgue dans ta voix chaque fois que je rentre
Des chagrins en couleur riant à ton chevet
Les lampes de mes yeux pour mieux les éclairer

Les parfums de la nuit quand ils montent d’Espagne
Les accessoires du dimanche sous ton pagne
Les larmes de la joie quand elle est à genoux
Le rire du soleil quand le soleil s’en fout
Les souvenirs de ceux qui n’ont plus de mémoire
L’avenir en pilules toi et moi pour y croire
Des passeports pour t’en aller t’Einsteiniser
Vers cet univers glauque où meurent nos idées

Des automates te parlant de mes problèmes
Et cette clef à remonter qui dit  » je t’aime « 
Un jardin dans ton cur avec un jardinier
Qui va chez mon fleuriste et t’invite à dîner
Des comptes indécis chez ton marchand de rêves
Un sablier à ton poignet des murs qui lèvent
Des chagrins brodés main pour t’enchaîner à moi
Des armes surréelles pour me tuer cent fois

Cette chose qu’on pense être du feu de Dieu
Cette mer qui remonte au pied de ton vacarme
Ces portes de l’enfer devant quoi tu désarmes
Ces serments de la nuit qui peuplent nos aveux
Et cette joie qui fout le camp de ton collant
Ces silences perdus au bout d’une parole
Et ces ailes cassées chaque fois qu’on s’envole
Ce temps qui ne tient plus qu’à trois… deux… un…
zéro

Je Te Donne TOUT ÇA, MARIE!

TU PENSES A QUOI ? – LEO FERRE


Tu penses à quoi?
A la langueur du soir dans les trains du tiers monde?
A la maladie louche? Aux parfums de secours?
A cette femme informe et qui pourtant s’inonde?
Aux chagrins de la mer planqués au fond des cours?
Tu penses à quoi?
A l’avion malheureux qui cherche un champ de blé?
A ce monde accroupi les yeux dans les étoiles?
A ce mètre inventé pour mesurer les plaies?
A ta joie démarrée quand je mets à la voile?
Tu penses à quoi?
A cette rouge gorge accrochée à ton flanc?
Aux pierres de la mer lisses comme des cygnes?
Au coquillage heureux et sa perle dedans
Qui n’attend que tes yeux pour leur faire des signes?

Tu penses à quoi?
Aux seins exténués de la chienne maman?
Aux hommes muselés qui tirent sur la laisse?
Aux biches dans les bois? Au lièvre dans le vent?
A l’aigle bienheureux? A l’azur qu’il caresse?
Tu penses à quoi?
A l’imagination qui part demain matin?
A la fille égrenant son rosaire à pilules?
A ses mains mappemonde où tremble son destin?
A l’horizon barré où ses rêves s’annulent?
Tu penses à quoi?
A ma voix sur le fil quand je cherche ta voix?
A toi qui t’enfuyais quand j’allais te connaître?
A tout ce que je sais et à ce que tu crois?
A ce que je connais de toi sans te connaître?

Tu penses à quoi?
A ce temps relatif qui blanchit mes cheveux?
A ces larmes perdues qui s’inventent des rides?
A ces arbres datés où traînent des aveux?
A ton ventre rempli et à l’horreur du vide?
Tu penses à quoi?
A la brume baissant son compteur sur ta vie?
A la mort qui sommeille au bord de l’autoroute?
A tes chagrins d’enfant dans les yeux des petits?
A ton coeur mesuré qui bat coûte que coûte?
Tu penses à quoi?
A ta tête de mort qui pousse sous ta peau?
A tes dents déjà mortes et qui rient dans la tombe?
A cette absurdité de vivre pour la peau?
A la peur qui te tient debout lorsque tout tombe?

Tu penses à quoi? dis,
A moi? des fois?…

Je t’aime.Album : La Frime

FLUX D’ESTRANS


FLUX D’ESTRANS

Phare sarbacane souffle salin

un rayon ombilical se charge

Arrive la flamme

pression montgolfière poitrinaire

Pavé mosaïque noir et blanc

échiquier ouvert à la fenêtre verticale

Elle est aisselle

à cru

bouche à flux d’estrans.

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2020

DE LA MODIFICATION DES CHOSES PAR LA PAROLE


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Francis Ponge

DE LA MODIFICATION DES CHOSES PAR LA PAROLE

Le froid, tel qu’on le nomme après l’avoir reconnu à d’autres effets alentour, entre à l’onde, à quoi la glace se subroge.

De même les yeux, d’un seul coup, s’accommodent à une nouvelle étendue : par un mouvement d’ensemble nommé l’attention, par quoi un nouvel objet est fixé, se prend.

Cela est le résultat d’une attente, du calme : un résultat en même temps qu’un acte : en un mot, une modification.

A une, de même, onde, à un ensemble informe qui comble son contenu, ou tout au moins qui en épouse jusqu’à un certain niveau la forme, — par l’effet de l’attente,
d’une accommodation, d’une sorte d’attention de même nature encore, peut entrer ce qui occasionnera sa modification : la parole.

La parole serait donc aux choses de l’esprit leur état de rigueur, leur façon de se tenir d’aplomb hors de leur contenant. Cela une fois fait compris, l’on aura le loisir, et la
jouissance, d’en étudier calmement, minutieusement, avec application les qualités décomptables.

La plus remarquable et qui saute aux yeux est une sorte de crue, d’augmentation de volume de la glace par rapport à l’onde, et le bris, par elle-même, du contenant naguère forme
indispensable.

Francis Ponge

Susan Rothenberg

LES OBSERVATEURS ET LES RÊVEURS


René Char

LES OBSERVATEURS ET LES RÊVEURS

Avant de rejoindre les nomades

Les séducteurs allument les colonnes de pétrole

Pour dramatiser les récoltes

Demain commenceront les travaux poétiques

Précédés du cycle de la mort volontaire

Le règne de l’obscurité a coulé la raison le diamant dans la mine.

Mères éprises des mécènes du dernier soupir

Mères excessives

Toujours à creuser le cœur massif

Sur vous passera indéfiniment le frisson des fougères des cuisses

embaumées
On vous gagnera
Vous vous coucherez .

Seuls aux fenêtres des fleuves
Les grands visages éclairés
Rêvent qu’il n’y a rien de périssable
Dans leur paysage carnassier.

René Char

TITRE DE PASSAGE


TITRE DE PASSAGE

Les chrysanthèmes se désolent de devoir servir l’intérêt au détriment du sentiment

Aussi gardent-t-ils la symbolique du petit pont japonais dans la boutonnière d’une rencontre à venir mise en éclat par un soleil vif

je Givernyse, du battement de grenouille sur nymphéas au lotus que j’extrapole ta sortie d’école

Ce lâché a du ballon

le tombé de masque en témoigne par la révélation de robe ouverte.

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2020

LA GRANDE PASSACAILLE


LA GRANDE PASSACAILLE

Écoute le roulement des galets dans la mer !

Hors les murs nus de l’être prolongeant

la hantise de la musique muette,

soudain murmurent en nous les flûtes du crépuscule.

Dans le passage de notre souffle mortel

les mots tracent le sens que nous espérions rencontrer

en explorant du regard

chaque soir chaque matin qui hennit en plein ciel –

la bouche ouverte boit

le vent pluvieux toujours resurgissant,

le vent qui vient d’ailleurs

et porte en soi comme une absence

le silence pareil au germe jaillissant

hors du commencement sans visage et sans lieu :

respirer de nouveau, plonger dans le temps fabuleux des noces

où s’étreignent le jour et la nuit emmêlés.

Afflux divin du livre qui en porte le rythme

comme une lame de fond arrachée au ventre de la mer,

chevaux d’écume dansant, caracolant, puis tout à coup

se cabrant pour jouir

jusqu’à la crête mortelle et blanchissante du ressac.

Claude Vigée

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NIL DIEU, NI MAÎTRE


NIL DIEU, NI MAÎTRE

Je delta plane

un morceau de far dans le biniou et des pruneaux dans le gazo-maître

non- pollueur

mais amoureux en diable

Cloclo et ses gigolettes peut ramollir d’Alexandrie

moi j’ai Toussaint à ailes qui fonce vers le large droit dans sa botte

Bonjour ma Barbara, que bon vent te sorte de l’amarrée basse

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2020

LE SOURIRE DE MON AMOUR


LE SOURIRE DE MON AMOUR

Sourire de mon amour Quand j’ai vu le sourire de mon amour, J’ai confondu la nuit avec le jour, J’ai laissé mon coeur se prendre au jeu Et j’ai bu ses lèvres avec mes yeux. Sans savoir s’il voulait vraiment de moi Je me suis réveillée, entre ses bras Et le temps d’un rire heureux, le temps d’un soupir à deux Je me suis perdue dans le sourire de mon amour. Et le temps d’un rire heureux, le temps d’un soupir à deux Je me suis perdue dans le sourire de mon amour.