
Je pompe donc je suis…

Je pompe donc je suis…

L’air d’automne est si clair qu’au-dessus de la ville
On entend craquer les forêts d’Alsace et de
Lithuanie
Et passer des renards dont l’œil a la tendre sauvagerie
De ce ciel dénudé qui tremble au milieu de la rue.
Un barrage a cédé très haut dans les gorges du levant,
Libérant le bleu sans rumeur qui déborde les cheminées
Et, par la porte ouverte au cœur étouffant de septembre.
Voici le vent couleur d’averse du matin qui rentre
Avec son odeur de terrier, de bois mouillé, de gelée
blanche,
Et sa stature d’autrefois dressée comme une promesse. •Je tends les bras dans ce retour de milliers d’ailes
Vers ce qui fut promis par la cloche aiguë du collège sous
le brouillard.
Vers les anges dépossédés qui guidèrent mes pas parmi
les bogues de l’allée,
Et la gloire d’octobre à genoux dans les feuilles mortes.
Jacques Réda
LES GRANDES FOUILLES
Dans un bas de dos accroché à la table des matières d’un jour passé, ressort la vie autrement intérieure
Surtout ce qui l’accompagnait d’un sens
Voilà vingt-quatre heures que nous nous cherchons et demain ce sera pire
Ah oui être là sans, c’est du surréalisme d’Etat qui embrouille à se tenir prêt à connaître le changement…
Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2020

D’UN CÔTE ET EN ALLANT PLUS LOIN
Les pas ne se comptent plus , ils avancent, des champs à n’en plus finir
la mer enfin entre deux doigts
C’était un fardeau empli de pierres, lourd comme une incompréhension congénitale
le cheval a dit j’irai mais seulement quand l’oiseau s’accouplera au caniveau
Vînt alors la quatrième main en orée, l’eau s’est mise à moudre, on a ôté les pierres pour remplir un grenier de sel.
Niala-Loisobleu – 1er Novembre 202

Je descends dans le puits artésien du grand doute
Je traverse une nuit pointillée par tous ceux qui furent là un jour demain n’y seront plus
Mais toi réduite au souffle toujours tu seras là
Toujours je cueillerai l’anémone le soir
Toujours je revivrai au bruit des pas, des voix
Toujours je redirai dans le gouffre : patience
Toujours je te verrai renaître de l’absence.
Georges Haldas

DERRIERE LE RIDEAU
A fleur de peau des étoiles
pendant que le doigt parcourt à pleine-lune chaque recoin
ce qui commence va au-devant d’un rêve dans le plantoir
sans ôter aux mouvements la trame qui les lie au réel
Niala-Loisobleu – 31 Octobre 2020

MEDUSE
Loin de cette langue de terre obstruée de cailloux,
Tournant de l’oeil à la vue des cannes blanches,
Recueillant l’incohérence de l’océan au creux de l’oreille,
Tu héberges le trouble en ta tête – sphère divine,
Cristallin charitable,
Pendant que tes doublures
S’accrochent frénétiquement à l’ombre de ma coque,
Pressantes comme des coeurs,
Stigmates rouges en plein centre,
Et chevauchent les flots déchirés jusqu’au plus près du point de départ,
Laissant flotter leur chevelure de Sauveur.
Me suis-je vraiment tirée d’affaire?
Le fil de ma pensée s’entortille autour de toi,
Vieil ombilic ventouse, câble transatlantique,
Et mon esprit se préserve, il semblerait, par pur miracle.
En tout cas, tu es toujours là,
Souffle fébrile au bout de ma ligne,
Rondeur aqueuse qui se précipite,
Ravie, reconnaissante, sur la perche que je n’ai pas tendue,
Et tu touches et tu suces.
Je ne t’ai pas appelée.
Je ne t’ai même jamais sonnée du tout.
Pourtant, pourtant,
Tu t’es lancée sur moi à toute vapeur,
Avec ton rouge gluant, placenta
Paralysant les ardeurs des amants.
Cobra illuminé
Du souffle arraché aux cloches sanglantes
Des fuchsias. Je ne respirais plus,
Morte, fauchée,
Surexposée comme un rayon X.
Pour qui donc te prends-tu ?
Une hostie, une ortie, une adipeuse Marie?
Tu ne me feras plus rien avaler,
Bouteille dans quoi je vis,
Vatican de malheur.
Ce bain chaud salé me rend malade à crever
Tes désirs verts comme des eunuques
Sifflent mes péchés.
De l’air, va-t’en, tu poisses, tentacule!
Il n’y a rien entre nous.
Sylvia Piath
Extrait de: 2009, Ariel, trad. de l’anglais par Valérie Rouzeau, (Gallimard)


PAS DE DANSE
Aux phalanges du pas
un saut se penche avec élan
Salto
des ciseaux qui tranchent l’air
et transportent en portée d’une rive à l’autre
ajustant le jour en deux temps
Niala-Loisobleu – 31 Octobre 2020

EB DAVIS – WHAT YOU GONNA DO
Who wakes you in the morning comes,
Qui t’éveille lorsque le matin arrive,
Who calls you every late night
Qui t’appelle tard chaque nuit
Who comforts you when you’re in need,
Qui te réconforte quand tu en as besoin
Who always tries to treat you right
Qui essaie toujours de bien te traiter
Who gives you all he has to give,
Qui te donne tout ce qu’il a à donner,
Who would dedicate his heart to you
Qui te consacrerait son cœur
Who fulfills all his promises
Qui remplit toutes ses promesses
And who sees the good in you
Et qui voit le bon en toi
Tell me what you gonna do when I’m gone
Dis-moi ce que tu vas faire quand je serai parti
Oh and where your gonna go when there’s nobody home
Oh et où vas-tu aller quand il n’y a personne à la maison
And who’s gonna love you when you’re all alone
Et qui va t’aimer quand tu es toute seule
Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que vas-tu faire quand je serai parti
Yeah whatchya gonna do when I’m gone
Ouais que feras-tu quand je serai parti
I just wanna know
Je veux juste savoir
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Who cries knowing you don’t care and
Qui pleure en sachant que ça t’es égal et
Who worries what the future holds
Qui s’inquiète de l’avenir
Who fears the road ahead and
Qui craint la route qui s’avance et
Who’s heart is turning into stone
Quel cœur se transforme en pierre
Who prays for your safe return
Qui prie pour ton retour sans danger
And who misses you when you’re away
Et à qui tu manques lorsque tu es loin
Who’s tired of empty promises and who’s tired of all the games you play
Qui est fatigué des vaines promesses et qui est fatigué de tous les jeux auxquels tu joues
Tell me what you gonna do when I’m gone
Dis-moi ce que tu vas faire quand je serai parti
Oh and where your gonna go when there’s nobody home
Oh et où vas-tu aller quand il n’y a personne à la maison
And who’s gonna love you when you’re all alone
Et qui va t’aimer quand tu es toute seule
Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que vas-tu faire quand je serai parti
I just wanna know
Je veux juste savoir
Whatchya gonna do when I’m gone
Que feras-tu quand je serai parti
Tell me whatchya gonna do Ohh..
Dis-moi que vas-tu faire Ohh..
Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que vas-tu faire quand je serai parti
Oh and where your gonna go when there’s nobody home
Oh et où vas-tu aller quand il n’y a personne à la maison
And who’s gonna love you when you’re all alone, when you’re all alone
Et qui va t’aimer quand tu es toute seule, quand tu es toute seule
Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que feras-tu quand je serai parti
Oh whatchya gonna do when I’m gone
Oh que feras-tu quand je serai parti
I just wanna know, when I’m gone
Je veux juste savoir, quand je serai parti
When there’s no one home and your all alone
Lorsqu’il n’y a personne à la maison et que tu es toute seule
Will you be just be fine alone or will you cry when I’m gone
Seras-tu vraiment bien seule et pleureras-tu quand je serai parti
Wanna know wanna know
Je veux savoir, je veux savoir
Oooohhh whatchya gonna do when I’m gone
Oooohhh que vas-tu faire quand je serai parti
Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que vas-tu faire quand je serai parti

LES TRAPEZISTES
Devant
juste avant
scieuse de long
à son établi
d’un mouvement du coin de l’oeil qui s’en bat jamais
elle fendit assez pour que jamais même par temps-mort la vibration ne cesse
la musique des strates qu’elle appellait ça
du bison au cheval-sauvage pas un n’en était sorti, tous là en défi à la disparition
contradictoire exception dans un milieu où tout est faux
si bien qu’en bélier ça défonce autrement que la seringue de paumé en naufrage
j’ai le rêve accolé à mon tour
ombilical au grand-chapiteau sur la place qu’on désosse goulûment de la notion de départ, telle une école mutée garderie, M. Loyal passé par les armes. La pratique de la fausse-couche pour le grand-sommeil.
Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2020
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