La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Monsieur Tout-Blanc Vous enseignez la charité Bien ordonnée Dans vos châteaux en Italie Monsieur Tout-Blanc La charité C’est très gentil Mais qu’est-ce que c’est ? Expliquez-moi
Pendant c’ temps-là moi j’ vis à Aubervilliers C’est un p’tit coin perdu au bout d’ la misère Où l’on a pas tell’ment d’ questions à s’ poser Pour briffer faut bosser mon p’tit père
Monsieur Tout-Blanc L’oiseau blessé que chaque jour Vous consommez Était d’une race maudite Monsieur Tout-Blanc Entre nous dites Rappelez-vous Y’a pas longtemps Vous vous taisiez
Pendant c’ temps-là Moi j’ vis à Aubervilliers Ca n’était pas l’époque à dir’ des rosaires Y’avait des tas d’ questions qu’il fallait s’ poser Pour durer faut lutter mon p’tit père
Monsieur Tout-Blanc Si vous partez un beau matin Les pieds devant Pour vos châteaux en paradis Monsieur Tout-Blanc Le paradis C’est p’têt’ joli Priez pour moi Moi j’ai pas l’ temps
Car je vivrai toujours à Aubervilliers Avec deux bras noués autour d’ ma misère On n’aura plus tell’ment d’ questions à s’ poser Dans la vie faut s’aimer mon p’tit père
Monsieur Tout-Blanc Si j’enseignais la charité Bien ordonnée Dans mes châteaux d’Aubervilliers Monsieur Tout-Blanc Ca n’est pas vous Qu’ j’irai trouver Pour m’indiquer C’ qu’il faut donner
L’ascenseur descendait toujours à perdre Halein Et l’escalier montait toujours Cette dame n’entend pas les discours Elle est postiche Moi qui déjà songeais à lui parler d’amour
Oh le commis Si comique avec sa moustache et ses sourcils Artificiels Il a crié quand je les ai tirés Étrange Qu’ai-je vu Cette noble étrangère Monsieur je ne suis pas une femme légère Hou la laide Par bonheur nous Avons des valises en peau de porc À toute épreuve Celle-ci Vingt dollars Elle en contient mille C’est toujours le même système Pas de mesure Ni de logique Mauvais thème.
Le lointain rapproché à ne plus sentir ses mains autrement qu’au plus près d’un bleu omniprésent découpant l’aréole aurorale pour la replanter dans le bois mort tombé d’un vol migratoire avant la marée.
Du peint arrêté au bord d’un collet tenant la horde à l’arrêt, des exhalaisons de pigment forcent la pourriture à fleurir
L’orangeraie et le bouquet n’avaient rien rapporté de souks en manque d’épices et les tapis riches de haute-laine croisée attendaient l’envol sur la piste à tracer
Le soleil mélangé à l’eau fait la route du rhum, ajoute de la menthe et le suc de ta canne claquera son faire quelque soit le temps, jusqu’a l’abat-de-vent consécutif au temporel
Une nouvelle-lune initiant le spectacle de l’éternité pour empêcher le gisant de prendre froid en tenant sa mémoire de mousse dans l’ orientation nord du Berger
Cette robe blanche qui borde ma longue marche revêtant l’absence de musique des fausses nudités.
La venue mal éclairée dans la ronde forcenée du rond-point ne ralentit pas les effets destructeurs
le choc étend son impact
d’une double-résonnance à première vue déroutante
Ce n’est pas la différence qui quantifie le ressenti douloureux. Pas plus qu’il faille n’en retenir que l’aspect déflagrant
l’époque est toute entière dans l’épreuve de l’imminent juste qui sonne le glas d’errances dangereuses
Alors si un mécréant sent la portée mystique que cela déclare, penser mal serait refuser de regarder en face le véritable sens des choses. Plus que ce que les mots en dégagent c’est le fond tout entier qui devient évident
Et bien par le mal
Dans le repli où tu as laisser couler les larmes de ton brutal vécu récent, j’ai repassé le film en entier dans ton miroir. Pour ne voir au passage des chocs d’un mouvement de pousse d’une végétation en sommeil.
Les faire-part, papiers dorés et bolducs à frisette que nous n’interposons pas entre le sentiment de deuil ou d’anniversaire gardent leur mission d’accompagnateurs
Devant nos trains de longs voyages hors du commun, les vaches paissent paisibles sans morsures de chiens
les pommiers, feuilles à terre, préparent la visite aux claies, intercalant les bolées en virgules
C’est un soleil juste qui fait sa révolution au jour dit sans que la volée de tuiles ne l’écorne
Notre eau est vive
pas croupie
la mauvaise intention qui se serait glissée peut se repier les gaules avec sa gueule de méprise
Il fait sourire de vivre
L’aîné égaré vient de rentrer au clan, il reste l’enfant , le frère et pas le prodigue
Les fifres et tambours de sarabande anniversaire peuvent traverser le pont. La dame y dense. Ce qui par accident disait pont-coupé peut enlever la pancarte Octroi.
Rien à payer ni case à remplir , c’est LIBRES que cheval, oiseau, menthe et Arbre à Soie sortent la tête haute
L’eau cette glace non posée Cet immeuble cette mouvance Cette procédure mouillée Nous fait prisonnier sa cadence Nous dit de rester dans le clan A mâchonner les reverdures Sous les neiges de ce printemps A faire au froid bonne mesure
Cette matière nous parlant Ce silence troué de formes Et ces marins nous appelant Nos pas que le sable déforme Cette cruelle exhalaison Qui monte des nuits de l’enfance Quand on respire à reculons Une goulée de souvenance
Vers le vertige des suspects Sous la question qui les hasarde Vers le monde des muselés De la bouche et des mains cafardes Nous prierons Dieu quand Dieu priera Et nous coucherons sa compagne Sur nos grabats d’où chantera La chanterelle de nos pagnes
Mais Dieu ne fait pas le détail Il ne prête qu’à ses lumières Au renouvellement du bail Nous lui parlerons de son père Du fils de l’homme et du destin Quand nous descendrons sur la grève Et que dans la mer de satin Luiront les lèvres de nos rêves
Nous irons sonner la Raison A la colle de prétentaine Réveille-toi pour la saison C’est la Folie qui se ramène A bientôt Raison à bientôt Ici quelquefois tu nous manques Si tu armais tous nos bateaux Nous serions ta Folie de planque
On danse ce soir sur le quai Une rumba pas très cubaine Ça n’est plus Messieurs les Anglais Qui tirent leurs coups Capitaine ! On a Jésus dans nos cirés Son tabernacle sous nos châles Pour quand s’en viendront se mouiller Vos torpilleurs sous nos bengales
Et ces maisons gantées de vent Avec leur fichu de tempête Quand la vague leur ressemblant Met du champagne sur nos têtes Ces toits leurs tuiles et nous et toi Cette raison de nous survivre Entends le bruit qui vient d’en bas C’est la mer qui ferme son livre…
« Amoreamaro », la nouvelle complainte habitée de Maria Mazzotta
Publié le 9 janvier 2020 à 14:15 par Catherine CarettePARTAGER
Maria Mazzotta – Photo de Giulio Rugge
En exclu, la voix d’or du sud de l’Italie et des tarentelles chante les visages de l’amour amer avec force et grâce.
L’amour qui fait bondir nos cœurs, les affole, les blesse, les brise parfois, est le sujet de prédilection de l’album Amoreamaro, (Amour Amer). Des chansons populaires revisitées aux compositions personnelles, Maria Mazzotta, figure emblématique de la région des Pouilles, pétrie de folklores méditerranéens, tisse un dialogue du cœur avec l’accordéoniste et pianiste malgache Bruno Galeone et le percussionniste iranien Bijan Chemirani. https://www.youtube.com/embed/iaBY-1KG8r4?feature=oembed
Le morceau éponyme est construit sous la forme d’une pizzica (mordu/pincé), une musique de transe de la région du Salento qui est aussi une des formes de la tarentelle. En s’exécutant jusqu’à épuisement afin d’évacuer le venin, cette danse à visée thérapeutique est un remède à la morsure de tarentule et par extension, à l’oppression du patriarcat. Composée par Maria Mazzotta, la chanson-titre Amoreamaro est un chant sauvage et frénétique qui évoque la blessure amoureuse qui tarde à guérir. Dans le dialecte de sa région, elle pleure aussi sur notre monde malade, ruiné par la rage et l’égoïsme et se fait guérisseuse.
Le monde explose et nous ne faisons que regarder (…) J’ai un espoir dans le cœur. Que cette musique puisse nous rapprocher.
Nu me lassare ( Ne me quitte pas) est la deuxième composition de Maria Mazzotta à découvrir dès le 10 janvier sur le label Agualoca Records. Les connaisseurs auront plaisir à retrouver les airs des chansons populaires de Demenico Modugno, Ganbriella Ferri ou encore de la grande artiste sicilienne Rosa Balistreri, enrichies de nouveaux sons et paroles. Magnifiquement lyrique, tantôt pétillante, tantôt véhémente, Maria Mazzotta donne un nouveau souffle aux traditions ancestrales.
Maria Mazzotta – Photo de Giulio Rugge
Maria Mazzotta a étudié le piano et la harpe au Conservatoire de Lecce avant de se consacrer au chant lyrique, à la polyphonie et aux chansons traditionnelles ethniques. Elle fut la voix du célèbre ensemble Canzoniere Grecanico Salentino, l’un des groupes-phares de la musique traditionnelle des Pouilles. Elle a travaillé sous la direction de Ludovico Einaudi et de Goran Bregovic. Elle a collaboré avec Bobby McFerrin, Ibrahim Maalouf, Ballake Sissoko, Piers Faccini ou encore le groupe toulousain Pulcinella. Aujourd’hui elle réside en France et se produit notamment en duo avec le violoncelliste albanais Redi Hasa.
En concert le 9 mars 2020 au 360 à Paris
Amoreamaro – Une oeuvre de Simone Lomartire sur un graphisme de Giulio Rugge.
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