L’AUTRE LUMIÈRE CELLE QUI NE M’A JAMAIS MENTI


L’AUTRE LUMIÈRE

CELLE QUI NE M’A JAMAIS MENTI

Ce frisson sur les épaules, c’est le soir qui rabote la lumière naturelle, l’heure qui se présente est tournée vers le grenier, dans lequel mon sel me défend contre l’enneigement.

Quelques heures plus tôt en allant dans l’atelier, j’ai pensé à tout cet espoir qui me fait peindre sans s’arrêter à s’apitoyer depuis si longtemps. C’est sûr qu’il m’aveugle en me faisant croire à des sentiments qui n’existent pas. Mais si l’utopie sauve, elle ne doit pas être prise pour ce qu’elle ne peut-être

Ainsi, cet après-midi, le temps dans l’éclat solaire qu’il y avait, m’ a tiré par la barbichette pour montrer ce qui est, sans magouiller la vérité

Je suis un vieux -jeune, sauf des jambes, la libido toujours comme ces pâquerettes qui boutonnent d’un coup le jardin, seulement trop de vaisseaux se sont bouchés pour que le sexe pousse les volets. Et alors t’es gaucher, m’entends-je dire, et hop ça repart manuellement en caresses. Ya pas qu’une bite pour s’amarrer. Sur le pore c’est l’anneau et dans l’estuaire, la branche finit par se trouver. Moralité mon désir d’aimer tient debout – et toc pour mes jambes – Donc je me suis ms à peindre

-Tu connais Chagall, me demande un visiteur passant sans s’arrêter

-Ma foi oui je crois, mais pas qu’avec les yeux

Moins de cinq minutes après je décolle, ce qui bat, saute, vole, nage, crie, sent, ressent, sort rentre dans l’auto-portrait (je suis seul avec qui parler) mémoire, auto-biographie, dans un nouveau tome du Voyage d’un Petit-Peintre

Les jambes allongées, je coche un jour en corps.

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Niala-Loisobleu.

28 Novembre 2024

CASSER LA GLACE ET FRANCHIR LES NEIGES


CASSER LA GLACE

ET

FRANCHIR LES NEIGES

La vie et ses transhumances intestinales s’expriment en flatulences tueuses selon le choix du tireur et de sa cible

Trop d’années m’ont imposé un choix contraire sans pouvoir inverser la musicalité du pet

Les boyaux tordus, il faut repartir à l’assaut, comme me disait mon grand-père en me disant l’horreur de son expérience des tranchées

D’un père qui me donna de quoi passer les allégations mensongères de la main gauche, j’ai pris un pinceau pour épée, et ai monté la tour sans souci du sens de l’escalier

Avoir appris de mon fils Patrice, cette malédiction chrétienne, le jour de mes 91 ans, a éclairé le bien-fondé de la résistance d’une enfance qui ainsi s’est ouvert sa sortie de secours du monde du pouvoir du plus fort

Je suis attaché au symbole, cette découverte aura été mon plus beau cadeau d’anniversaire

Au point que ce matin je vois au-delà des caprices du vent d’une mère abusive, complètement désinhibé du jugement accroché au cul d’un ténia qui se nourrit de vous

je lève donc la main-gauche sans jurer

simplement pour me rendre à l’atelier sans modération pour faire ma toilette avec ce Savon Bleu,

ce Juste qui sait ce dont ma peau a besoin, qui elle aime en dehors des griefs de la distance, fidèle au gabarit de ses seins et à la riche verdeur de son herbe.

.Niala-Loisobleu.

25 Novembre 2024

LES ARMES AUX YEUX ET LA POUDRE…(REPRISE)


LES ARMES AUX YEUX ET LA POUDRE…

(REPRISE)

Je parle d’un temps où dans la rue de Verneuil le cri du rémouleur aiguisait celui du vitrier

le pied poussant la meule

à prendre le bon fil

du savoir comprendre l’intention de l’ô de la pierre au couteau

as de carreau

oeil de perdrix à la vitre trouant le mur

D’une enfance sortie pour traverser les clous d’une guerre à l’autre

j’appris à ne pas savoir écrire la raison avancée pour justifier le pire

d’un Jaurès à Pétain, via Hitler petit papa de Staline

je traversais de Gaulle vers seins j’ai tort x

sans prendre les voies du don ré mit

J’aime pas la guerre au nom de la paix

Sans suffisance au certificat d’études primaires

nos humanités

étaient déjà supérieures à bac+5

de la vraie histoire d’homme

dans une géographie

qui s’remettait des désordres de la chimie des gazés

de la haine apprise à des enfants par du tourisme à Oradour s/ Glane

via les funestes camps de la mort

où le tri pour la « race pure » se faisait au four crématoire

J’ai cru que de c’t’école là on pouvait que sortir visionnaire

et j’ai aperçu un autre monde

Un monde où les jardins ouvriers légumaient l’olivier

« Des eclairs et des révolvers »

Au rythme où l’on éteint les roses

Où l’on assassine la mer

Où la jeunesse est sous hypnose

Et la Vieillesse en Alzheimer

Au rythme où le soleil invente

Sans espoir des millions d’enfants

Qui sont dans des files d’attente

Sur la piste des éléphants.

Y’aura bientôt que des éclairs

Y’aura plus d’eau y’aura plus d’air

On a plus le temps de prédire

Que le pire est devant nos yeux

On n’a presque plus rien à lire

Les vrais livres sont déjà vieux

A peine le temps d’être un homme

Qu’on a vécu plus qu’une vie

Adieu Venise et adieu Rome

On habite tous Pompéi.

Y’aura bientôt que des éclairs

Y’aura plus d’eau y’aura plus d’air

Entends, entends le monde implose

ça fait même un sacré boucan

Les gens qu’on aime se nécrosent

Écoute vrombir les volcans

Je ne suis pas un moraliste

Ni un chaman ni un curé

Mais dans la foire aux égoïstes

J’ai vu trop de femmes pleurer.

Y’aura bientôt que des éclairs

Y’aura plus d’eau y’aura plus d’air

Bien encastrés dans leur musique

Écoutez les maux demain

Des tsunamis sur l’Atlantique

Amour ne lâche pas ma main

Je te parlerai du Verlaine

Pour mieux accompagner ta peur

Pour mieux désamorcer ta peine

Je glisserai mon cœur dans ton cœur

Y’aura bientôt que des éclairs

Sortis tout chauds des revolvers

Serge Lama

Aujourd’hui on apprend quoi aux enfants ?

Ils font des études poussées à l’inculte

plus ignorants que leurs ancêtres analphabètes

mais imbattables peoplement parlant

au point que si elle en mettait une

ils pourraient acheter une p’tite culotte à Madonna sans s’gourer sur la taille

Ils boivent un désespoir sans fond

trinquant à ‘inaptitude de leurs parents-copains de démagogie

Le con que je suis et que je reste

ne geint pas

ne pleure pas

n’a pas le bobo de cette décadence

Il espère

dans un petit nombre

Il espère car la nature sait faire sa sélection

elle se passe des faux-semblants

tels ces dieux donnés

elle sait ce qu’aujourd’hui veut dire par rapport à hier

antisémitisme par exemple

ça n’a plus rien à voir avec shoah

ça vient que du conflit israélo-palestinien

mais voilà à ne dire que de mauvaises causes

on ne guérit jamais rien…

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Loisobleu

12 Janvier 2014

LA FIN DU MONDE DU MONDE OU LA NAISSANCE DU 47ème PRESIDENT


Dans la salle de travail d’une maternité scolaire on accouche les enfants morts-né qu’une élection cultive

Henri Michaux, ECCE HOMO se demande quoi va-t-on faire du placenta

il restera seul dans cette nouvelle surpopulation

tandis que les parents du désastre trouvent moyen de féliciter leur banque de sperme qui a fait du monde un des porteurs de son cerceuil

Avant que la montagne de Zarathoustra soit gommée, je me rappelle comment mon grand-père en sortant de Verdun m’avait conseillé de ne pas visiter les ossuaires, sous-prétexte de décadence de chair

Mais les piranhas qui se sont fait pilote de baleine ont changé l’exécution en séguedilles en chantant Halloween à la place de leur hymne national

L’ultra-son n’est plus que la balle qui te rase les oreilles en provenance directe des enfants du Cartel

Je ne suis pas perdu dans la déchéance du rêve américain mort du cancer du Colomb

J’avais retenu au départ la manière des conquistadors d’élever les Incas

Mais sans pouvoir arrêter le spectre d’Hitler de s’inscrire au rodéo, j’ai peur de ce que nous ne saurons pas empêcher de naître.

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Niala-Loisobleu.

6 Novembre 2024

CLÉMENCE


CLÉMENCE

Au bon étiage de la marée

la forêt s’offre à servir de quai

pour recevoir cet amour migrateur

non-inscrit dans un quelconque site de rencontre

Souviens-toi de la manière qui t’a rapproché de moi naguère

ce n’était que tout un manque d’être enfin toi

et d’écrire au lieu d’enseigner la grimace aux petits-singes

L’eau est passée sous les ponts de la scène à déborder du quai

qui l’eut crue qu’après Valence les ramblas de Barcelone ne seraient pas mordues ?

Aujourd’hui le risque dans sa totalité serait de ne plus se faire confiance, laissant les petites-culottes s’aligner sur les chaises vides à bout portant

Il bat à l’entendre ton coeur

malgré l’épaisseur du sein qui le recouvre en double

quand j’y pose ma main l’oiseau qui me fait coucou sait les rigueurs des attitudes du quotidien tout en gonflant d’espoir son plastron

Je n’ignore rien de ce qui nous attend, sans compter sur les citrouilles pour trouver carrosse, tu peux perdre une de tes godasses à la sortie du bal, ça ne te fera pas sortir du pied que t’aimer me donne et curieusement je remonte derrière ton genou saisir la confiance de vivre.

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Niala-Loisobleu.

5 Novembre 2024

BRUITS DE NUIT PAR PIERRE REVERDY


PAUL GAUGUIN

Bruits de Nuit

par Pierre Reverdy

Au moment où les chevaux passaient, la suspension trembla. Le plafond menaçait de se pencher à droite, contre nos têtes; mais les fenêtres restaient d’aplomb avec le
ciel, et l’on voyait le paysage nocturne.

Il n’y avait plus de hiboux dans les ruines, plus de rayon de lune parmi les arbres, mais une cheminée d’usine et — autour — des maisons dont les toits avaient l’air de
grandir.

Et les chevaux — dont on entendait les pas précipités — transportaient dans la nuit complice des fourgons de mort en métal.

Pierre Reverdy

SOIR DE TOUSSAINT PERDU AU MILIEU DE MOI


SOIR DE TOUSSAINT

PERDU AU MILIEU DE MOI

A faire pâlir, Valence, montre son douloureux cauchemar

pendant que tout autour, le monde indécent se la joue Hallowween

Moi dans l’atelier je surfe sur mes années de surréalisme humaniste

en tenant le nouveau-né dans ce qui reste de moi, château-branlant d’où je repousse le siège barbare de la décadence

ils sont légion mes gisants sous leur pierre tombale que les mauvaises herbes cherchent à à faire oublier dans les tiroirs des objets perdus

Mais Sacré soleil qui défie les tristesses de 1er Novembre

Jacqueline, accrochée à l’arc-en-ciel tu atomises l’agonie climatique

j’ai mal de toi en soulevant chaque tableau comme on accroche ce qui n’existe plus,

ce qui explique l’idée folle de refaire un vernissage de l’atelier-fermé pour raisons gériatres.

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Niala-Loisobleu.

1er Novembre 2024

« BOUTEILLE A LA MER » -NIALA 30/10/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 80X80


« BOUTEILLE A LA MER »

NIALA 30/10/24

ACRYLIQUE S/TOILE 80X80

91 ans dans quelques jours

me remplissent la bouteille d’une expérience qui se passe de message

dire aux autres ce qu’il faut faire est l’argument majeur de ceux qui sans jamais avoir été contre restent privés de leurs quatre membres

Le soleil de minuit a des rapports avec la lune qui n’ont rien d’imaginaire

la mangue du noir en pleine bouche est d’un rose charnu qui vous met en selle sur l’éléphant chasseur de tigre qui fait s’enfuir les serpents

Je vole comme l’enfant qui nage dans le ventre de sa mère, tirant la bonne atmosphère de tous les jeux de cube

Et je me dis que si la vie a ses jours de merde, il n’y a que le bon transit pour desserrer les noeux du labyrinthe intestinal

Un dernier plongeon avant que la vie se referme et la parade du Grand Cirque lance ses chevaux sur la piste sous la direction de M. Loyal

A partir du 1er Novembre, ma ménagerie sera ouverte de 14h 30 à 18 heures.

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Niala-Loisobleu.

31 Octobre 2024