REMANIEMENT


REMANIEMENT

Il fait sale couleur

à tous les vestibules

que la pluie

au pied de l’escalier

menace de sécher

J’en ai des gants à la peau des doigts

qui retiennent d’écrire l’odeur du pore

Toujours chaude

pulpeuse

et si verte pour un chemin

que les pierres construisent

à quai

dressée comme corps doux en

face au large

Ne ferme pas la porte

pose ta joue au réservoir

le fado aime le sel

en tout bonheur

il y a une larme

à irriguer l’éclat du bleu pour la bataille

.

Niala-Loisobleu.

17 Février 2024

RECALIBRAGE DES DISTANCES


RECALIBRAGE DES DISTANCES

Barrages laissés en arrière

la distance pour revenir à la source

s’humanise

Les louanges hypocrites disparaissent de mort-subite

Ce bruit de l’eau chante de concert avec l’oiseau

forçant le reptile à sortir de sous sa dangereuse pierre

Entre nuage et brouillard

le fil à plomb met l’horizon d’équerre

avec le niveau de la bulle de l’écume de ce jour.

.

Niala-Loisobleu.

17 Février 2024

AU BOUT DE MON ÊTRE


ANCIENNE ENSEIGNE DE L’ATELIER DU DUODENAIRE

Terminé le double hommage

me revoici à Boutiers-Saint -Trojan

prêt à remplir mon compte sans esprit d’en régler

Cognac m’a rapporté les oeuvres qui étaient exposées dans son Hôtel-de-Ville

Châteaubernard fera de même le lundi 19

Je tire de ces deux importantes expositions une conclusion d’inégalité totale dans leur conduite

J’ignore tout de ce qui s’est passé à Cognac

C’est une réussite dans tous les domaines à Châteaubernard

A partir d’aujourd’hui l’intention de poursuivre ma route, grossit d’autant que je ne veux pas me laisser séduire par le sens actuel donné à la promesse

Je me promets de tenir

Que la Fondation naisse sans que cela soit une condition à la poursuite de mon oeuvre

Je vais donc consacrer ma maison à l’exposition permanente en aménageant et créant une forme nouvelle d’exposition

On trouvera dans l’atelier le Jardin de Niala, des oeuvres qui étaient à la Mairie de Cognac et la majeure partie de celles que j’ai dédié à Jacqueline

Le grand mur qui longe le jardin et monte à la maison, où je travaille désormais, je l’imagine couvert de tableaux

« UNE EXPO FOLLE EN PLEIN DANS MA NATURE »

Cet endroit où vous revoir mes Amis, je vais vous y inviter au Printemps

A très bientôt !!!

Niala-Loisobleu.

16 Février 2024

J’IMAGINE LE GRAND MUR DEVENANT UNE CIMAISE ET LE JARDIN ABOUTISSANT A SON ENSEIGNE AU BONHEUR DE MES JAMBES…

EN SORTIR, OUI MAIS PAR HOU


EN SORTIR, OUI MAIS PAR HOU

Par le jour détourné

ce noir dépasse de partout

Le silence pour seule réponse n’est qu’un signe de fuite

Jusqu’où la lâcheté nous conduira ?

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Niala-Loisobleu.

7 Février 2024

ATELIER DE CAMPAGNE


ATELIER DE CAMPAGNE

Sous la verrière d’une clairière

la forêt touffue arrose son jardin de revendications

Comme un zinc ça décolle d’une attente renouvelée sans que rien n’en sorte

Cette fois le paysan et la courge en a marre de la fable

il coupe la fontaine

Les lauriers sont coupés, il aboit…

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Niala-Loisobleu.

31 Janvier 2024

CHEVAL DE FRISE


CHEVAL DE FRISE

Notre-Dame a retrouvé son coq

mais la route, elle, s’arrête à la barricade du blocus

Fort Rungis est cerné

les tribus indiennes de nos provinces ont revêtu l’anti-rouille de leurs peintures de guerre

A la tribune le dernier fan, rescapé de Dalida entonne « PAROLES, PAROLES » debout sur la corniche suicidaire du Parlement

ménage nécessaire

le cheval-vapeur agricole entre son ballet dans les Ecuries d’Augias…

Niala-Loisobleu.

31 Janvier2024

TEMPS ET PASSAGE – BEATRICE PAILLER ET NIALA-LOISOBLEU


Temps libre sur pierre, l’eau s’écoule du bassin, ventre de la clepsydre. Verse un temps rond, un temps d’eau et de marne. Le temps stagne, la vie fructifie. Monte en graine le désir.

Refermé sur le soir : le temps, sa vigueur opiniâtre pareille au cri de la mésange. L’aigu d’un ongle s’enfonçant dans la paume. S’ouvre la corolle des doigts. Sur l’aile du cri, le temps florissant.

Le temps perdu a saveur de pain. Jamais sec tant la vie le nourrit. Alors la mésange viendra. Son temps n’est pas le nôtre, mais l’attente l’appelle. Elle viendra autour du pain et l’inquiète danse cessera.

Béatrice Pailler

PASSAGE
Bordé dans son jardin, de l’écume au flanc, le temps s’assoit sur la rive du lit. Chante un moulin dans les ailes de Pégase. Le feu n’est pas éteint, il crépite à la frontière d’aujourd’hui à demain. A bord des tiroirs des cales, de nouvelles semailles viennent de prendre billet.

Une nouvelle vie monte sur le marchepied du rez-de-chaussée, à l’appui du tracé punaisé dans la courbure du dos.

L’enfant reste du plus loin le départ du point. Comme la pesée du pain que le boulanger projetait de la bascule en symbole de cet équilibre à ne pas mentir. Avec le rouge-queue, un merle et un couple de mésanges, l’entrée du jardin avance hors de la cage. Les vitres tremblent, les rideaux les protègeront du froid. Il va te falloir franchir la porte du passé en dehors de la durée du temps.

Te voici à la veille de descendre l’escalier sans bagages pour te familiariser aux nouvelles senteurs en complète tolérance. Il y a eu assez de diligences pour finir ce qui reste à pied. L’oeuvre dans le branle transpire des veines de ton chevalet, laisse-le toujours pousser.

Niala-Loisobleu.

30 Janvier 2024

RENIFLAGE


RENIFLAGE

Entre les joints des barrages un chien renifleur de la brigade financière passe devant les porte-monnaie vides d’une journée de plus à protester

La légendaire ignorance du président ne s’oppose jamais, elle élude toute demande légitime

Est-ce qu’un puisatier pourrait forer un brin d’écoute, au lieu de claironner que le pays a besoin de bébés ?

Le maître-chien musèle le canin avant qu’il se dresse les oreilles…

.Niala-Loisobleu.

30 Janvier 2024

UN PETALE SOUS LE SABLE


FRIDA KAHLO

UN PETALE SOUS LE SABLE

Sortie de l’absence d’eau dans le gravière, cette rugosité du matin pas encore rasé, cache sa générosité aux influenceurs d’une politique sans couleur et sans idéal. Les loups reviennent dans Paris chanter de leur voix sans tessiture, le risque pris à refuser d’éplucher leur partition. A la porte de ce seuil un autre à-pic balance son trapèze. Comme sa tendresse qu’un tramway roula dessus, la fleur du jour meurt dans la planche anatomique d’un herbier sourd. Au carré des paumes de taire la mayonnaise refuse de prendre. Un scorbut s’enroule autour du tendeur entre les poteaux de la vigne. Et la cressonnière refuse d’accompagner le mouton.

Les années passées à étendre les friches au profit du mépris de l’opinion, comme des mises en garde, vont subir le retour de manivelle des tracteurs. Paris toi qui aime tant la campagne pour venir t’y faire reluire, regarde ce qui reste dans ton frigo avant les prochaines vacances, cette foi ça craint.

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Niala-Loisobleu.

29 Janvier 2024