La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Une feuille blanche, Vierge de mots Mais pas étanche, S’est dit à quoi servir, si elle ne pouvait rien dire… Un calame encore indompté se disait la même chose, car sa destinée était d’ecrire… Une abeille marieuse et savante de la vallée de l’Ourika. Qui savait unir les fleurs, connaissait un vieux conteur. Il était au crépuscule de sa vie et sans aucun page héritier. Sans qu’il ne bougea de sa place de Jemaa el Fna, ses histoires avaient fait mille fois le tour de la terre. Il était dépositaire d’une tradition orale millénaire. On pourrait transmettre son patrimoine encore une génération ou deux, et de bouches à oreilles uniquement. L’abeille bercée par ses histoires ne pouvait s’y résoudre. Longtemps nourrie, des mots de miel du faiseur de mirage. Tout simplement, elle pensait cultiver le même nectar que lui. Vous devinez aisément son vœu. Dieu épris de cette histoire, la rendit la plus belle des plus belles femmes. Invisible aux hommes et intouchable surtout, elle n’avait qu’une mission; polliniser son idée. Seul le vieux sage pouvait la voir et dialoguer avec elle. Pieux et sans aucune tâche de ce bas monde, il se croyait déjà au paradis, et remerciait notre créateur de lui avoir donner aussi belle houri. Très vite, la jeune femme le mit au parfum. Ce qui le rendit encore plus heureux. Pouvoir conter ses histoires longtemps après son départ. Et c’est ainsi que dit-on pendant un mois lunaire, le neuvième, le plus fécond, celui du ramadan, notre conteur ne s’arrêta pas de raconter toute sa vie de songes. Personne ne vit à ses côtés la plus merveilleuse des femmes, avec la plus belle idée que nous n’ayons jamais eû….marier une feuille vierge et un calame.
A l’heure où moi-même je vous transmets ce récit, le vieux sage n’est plus. L’abeille reste invisible aux hommes, puisque toutes se ressemblent. La feuille et le calame ne se quittèrent jamais plus, et eurent beaucoup d’enfants…la preuve est ce parchemin que je verse pour ceux d’après.
Ziz Hebri
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Tout le monde est parti de chez lui promener sa vie
moi je suis resté sans peindre
parce ma vie à commencer par s’éteindre au fur et à mesure
que tout ce qui devait s’ensuivre a échoué
Aujourd’hui m’est venue l’idée de tailler un calame
Me viennent des pensées pour aller au-delà d’un Président qui réitère ses menaces guerrières, comme-ci s’adouber aux menaces climatiques avait la moindre chance de ramener le beau-temps
Coucou fais-moi peur
Non dit la femme du chanteur
J’ai peint si fort hier, qu’aujourd’hui j’ai vu pousser dans mon jardin comme ce qu’une femme comble en posant devant le chevalet
Le mouvement des poses développe la gestation du partage dans l’union charnelle de la création
En allant fermer la grille, jai vu que malgré la basse température, les iris pointaient leurs têtes , tel un refus naturel de suivre la volonté destructrice qui pourrait laisser supposer que le perdant sortirait vainqueur de son plan revancheur machiavélique.
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