LA FEUILLE ET LE CALAME – ZIZ HEBRI


Une feuille blanche,
Vierge de mots
Mais pas étanche,
S’est dit à quoi servir,
si elle ne pouvait rien dire…
Un calame encore indompté se disait la même chose, car sa destinée était d’ecrire…
Une abeille marieuse et savante de la vallée de l’Ourika. Qui savait unir les fleurs, connaissait un vieux conteur. Il était au crépuscule de sa vie et sans aucun page héritier. Sans qu’il ne bougea de sa place de Jemaa el Fna, ses histoires avaient fait mille fois le tour de la terre. Il était dépositaire d’une tradition orale millénaire. On pourrait transmettre son patrimoine encore une génération ou deux, et de bouches à oreilles uniquement. L’abeille bercée par ses histoires ne pouvait s’y résoudre. Longtemps nourrie, des mots de miel du faiseur de mirage. Tout simplement, elle pensait cultiver le même nectar que lui. Vous devinez aisément son vœu.
Dieu épris de cette histoire, la rendit la plus belle des plus belles femmes. Invisible aux hommes et intouchable surtout, elle n’avait qu’une mission; polliniser son idée. Seul le vieux sage pouvait la voir et dialoguer avec elle. Pieux et sans aucune tâche de ce bas monde, il se croyait déjà au paradis, et remerciait notre créateur de lui avoir donner aussi belle houri.
Très vite, la jeune femme le mit au parfum. Ce qui le rendit encore plus heureux. Pouvoir conter ses histoires longtemps après son départ. Et c’est ainsi que dit-on pendant un mois lunaire, le neuvième, le plus fécond, celui du ramadan, notre conteur ne s’arrêta pas de raconter toute sa vie de songes. Personne ne vit à ses côtés la plus merveilleuse des femmes, avec la plus belle idée que nous n’ayons jamais eû….marier une feuille vierge et un calame.

A l’heure où moi-même je vous transmets ce récit, le vieux sage n’est plus. L’abeille reste invisible aux hommes, puisque toutes se ressemblent. La feuille et le calame ne se quittèrent jamais plus, et eurent beaucoup d’enfants…la preuve est ce parchemin que je verse pour ceux d’après.

Ziz Hebri

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Tout le monde est parti de chez lui promener sa vie

moi je suis resté sans peindre

parce ma vie à commencer par s’éteindre au fur et à mesure

que tout ce qui devait s’ensuivre a échoué

Aujourd’hui m’est venue l’idée de tailler un calame

pour ne pas laisser tout partir

comme ça à vau l’au

sans attendre des autres…

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Niala-Loisobleu.

11 Mai 2024

FRAGMENTS DU CHEMIN RATTACHES


FRAGMENTS DU CHEMIN RATTACHES

L’histoire est cousue depuis le départ

bien qu’une contrefaçon de tissage se répète

je n’ai jamais voulu changer en me recopiant

je ne marche pas à reculons

Les matins s’emmêlent en chemins tortueux sans les avoir choisi

le cheval est toujours intuitif

mais enclin à accorder confiance

Au point où aujourd’hui est rendu

le point noir est regroupé dans la suite qui sera donnée à mon oeuvre

je peins sans m’arrêter

ce sont les promesses de succession de mon oeuvre

qui meurent l’une après l’autre dans leurs oeufs

Dois-je quitter cette façon de vivre ?

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Niala-Loisobleu.

10 Mai 2024

ACCOSTAGE


ACCOSTAGE

Dans l’enchevêtrement des cordes

la coque entre se livrer aux jeux du Cirque

promet le Président

comme à son habitude

Le rappeur branche l’allume-gaz à la rampe de service

le défilé commence…

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Niala-Loisobleu.

9 Mai 2024

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A LA RENVERSE


A LA RENVERSE

Face à la mer

au bord de la corniche

l’arrose des vents s’interroge

Pluie ou soleil ?

A force de casser l’anse

trouver un bon mouillage relève de l’impossible

J’hisse la toile pour voguer vers un corps en vie

de mes couleurs

les seins longs à la proue

la croupe large à la poupe où loger le Capitaine…

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Niala-Loisobleu.

8 Mai 2024

EVOLUTION AMPHIBIE


EVOLUTION AMPHIBIE

Autour de la terre, l’eau s’impose

la position verticale s’oriente à la palme

A part toi ma Muse

je ne vois plus personne apte à perdre les eaux…

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Niala-Loisobleu.

7 Mai 2024

FACE AU LARGE


FACE AU LARGE

Incertain, le temps n’est pas plus clair que les autres jours

L’île à laquelle je vais embarquer n’est sur aucune carte marine

je pense que ça vient du fait qu’elle est à fleur d’eau

qu’on ne la voit qu’en plongée.

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Niala-Loisobleu.

6 Mai 2024

TÊTES POINTEES


TÊTES POINTEES

La-bas ou bien ici

une maison est emportée de boue

l’eau submerge la raison

quand s’arrêteront ces dysfonctionnements

menaçant la quiétude publique ?

Me viennent des pensées pour aller au-delà d’un Président qui réitère ses menaces guerrières, comme-ci s’adouber aux menaces climatiques avait la moindre chance de ramener le beau-temps

Coucou fais-moi peur

Non dit la femme du chanteur

J’ai peint si fort hier, qu’aujourd’hui j’ai vu pousser dans mon jardin comme ce qu’une femme comble en posant devant le chevalet

Le mouvement des poses développe la gestation du partage dans l’union charnelle de la création

En allant fermer la grille, jai vu que malgré la basse température, les iris pointaient leurs têtes , tel un refus naturel de suivre la volonté destructrice qui pourrait laisser supposer que le perdant sortirait vainqueur de son plan revancheur machiavélique.

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Niala-Loisobleu.

3 Mai 2024

« A CRU » – NIALA 2/5/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 100X100


« A CRU »

NIALA 2/5/24

ACRYLIQUE S/TOILE 100X100

La montagne bloque le vide

pour étendre la mer devant

faisant passer la pluie sous la lune

fenêtre ouverte

palette déployée

d’un village naissant

dans un jardin renouvelé

Ce cheval accouche sauvage

de son double-sexe monté sans selle

pour que la migration ne perde pas ses ailes

et fasse un soleil qui n’a de pluie que pour tenir la nappe

à la place de la désertification boulimique et tentaculaire

de la fonte glaciaire.

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Niala-Loisobleu.

2 Mai 2024

1er MAI, DEUXIEME JOUR DE TRAVAIL SUR LA TOILE


1er MAI

DEUXIEME JOUR DE TRAVAIL

SUR LA TOILE

Il pleut , j’entre la lune dans mon jardin

par une de mes fenêtres

tout vole réellement dans ma tête

au départ du trapèze de mon coeur

vers l’Autre Soleil

Pégase dans mon feu passe

et sort sain et sauf de mon rêve

Le tableau vole et fleurit

vers la couleur

sans perdre ses jambes

Un Homme et une Femme se promènent sur la plage…

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Niala-Loisobleu.

1er Mai 2024

ET CONTINUER


ET CONTINUER

Clochettes dans l’eau

ce 1er Mai en dehors du soleil va poursuivre l’oeuvre

le tableau en cours laisse sa fenêtre ouverte sur ma vision que j’ai, chaque jour

du tant qui reste à ne pas laisser vide

en puisant la lumière qui transperce l’ombre en défi

Le cheval toilette les espaces, en ne gardant que le galop que les prés d’herbe verte mettent au panorama où le sauvage ignore la limite

J’aime penser que l’homme vole sans idée de prendre.

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Niala-Loisobleu.

1er Mai 2024