La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
J’ai rendu ma place en salle d’attente pour un billet en partance
mon acte de naissance ne pouvant différer une place même debout dans le couloir
pour voir les vaches et le paysage se choisir une chambre sur la bonne façade
Partir à la première marée, c’est pas avoir à négocier avec le principe d’Archimède, mon corps plongé dans l’ô remontant à la surface pour sortir de l’impasse de l’isolement
rien comme bagage en consigne et les pas perdus laissés à celles qui préfèrent le prêt-à-porter aux subtilités du tricotage
Une réalité enfantée par le rêve atteint sa majorité
les mois vides finissent par rendre souffle
Eluard mon initiateur à la Muse
ton poème « Au coeur de mon amour » (Recueil Capitale de la douleur) dépose verdict
devoir payer que d’injustice quand on a eu que de l’amour a versé dépasse l’erreur judiciaire
la vérité avant de mourir, m’importe seule
Je peins ma Muse sans abus de confiance
mon rêve d’enfance depuis 91 ans
Bleu si émergent qu’il exile ce monde dans son mensonge pour me laisser peindre tel que je suis
AU COEUR DE MON AMOUR
Un bel oiseau me montre la lumière Elle est dans ses yeux, bien en vue. Il chante sur une boule de gui Au milieu du soleil.
Les yeux des animaux chanteurs Et leurs chants de colère ou d’ennui M’ont interdit de sortir de ce lit. J’y passerai ma vie.
L’aube dans des pays sans grâce Prend l’apparence de l’oubli. Et qu’une femme émue s’endorme, à l’aube, La tête la première, sa chute l’illumine. Constellations, Vous connaissez la forme de sa tête Ici, tout s’obscurcit : Le paysage se complète, sang aux joues, Les masses diminuent et coulent dans mon coeur Avec le sommeil. Et qui donc veut me prendre le coeur ? … Je n’ai jamais rêvé d’une si belle nuit. Les femmes du jardin cherchent à m’embrasser — Soutiens du ciel, les arbres immobiles Embrassent bien l’ombre qui les soutient. Une femme au coeur pâle Met la nuit dans ses habits. L’amour a découvert la nuit Sur ses seins impalpables.
Comment prendre plaisir à tout ? Plutôt tout effacer. L’homme de tous les mouvements, De tous les sacrifices et de toutes les conquêtes Dort. Il dort, il dort, il dort. Il raye de ses soupirs la nuit minuscule, invisible.
Il n’a ni froid, ni chaud. Son prisonnier s’est évadé — pour dormir. Il n’est pas mort, il dort. Quand il s’est endormi Tout l’étonnait, Il jouait avec ardeur, Il regardait, Il entendait. Sa dernière parole : « Si c’était à recommencer, je te rencontrerais sans te chercher. »
Il dort, il dort, il dort. L’aube a eu beau lever la tête, Il dort.
Paul Eluard
D’ici, je retourne aux Tuileries rêver d’amour au Théâtre en plein air sans me laver aux bains Deligny ma Seine n’est pas polluée partout où je nage l’estuaire ouvre sur l’idéal. . Niala-Loisobleu. 21 Août 2024
Merde à Vauban Bourcefranc Passe de l’Aiguillon A ô l’héron !
Ainsi chantait l’impertinent oiso en sautillant d’une cabane verte à un sourire rose, salant beurre et sardine en trempette dans le bol d’air
– J’ai le jaune à cale et hop sous marine étale
T’aurais vu la tronche de la balise qui l’avait bosselé la veille que tu aurais dit avec lui, bien mal à qui profite de la marée pleine pour miner le chenal. Un vieux proverbe qu’on se dit encore dans les cabanes retirées des marais de légendes.
Les genêts sont demeurés aux landes, ouais, je sais ça fait dame de campagnie.
Bof à chacun son moulin, comme disait Cervantès de la Mancha qui aurait aimé visiter l’Iroise en bateau plutôt qu’en Rossinante. Moi j’dis plutôt comme un chien pote ami, à chacun son destin. Si tu te le prends pas à deux mains, compte pas sur ce qui a filé hier. C’est la stase que j’préfère comme chantait Thermophile un hydro qui carbure toujours mal en temps de crise
Le vert canal, m-doux mi-sel, vanne la bourriche en panneau de brandes. J’ai du tamaris à côté de mes vases, pour que l’essaim n’allergique pas (aujourd’hui le virus est partout, mieux vaut de l’hors que du faire blanc).
Le vent s’est levé tôt, allons cueillir les dernières figues à la Tour de Broue. Aussi loin que mon coeur voit le ciel et l’eau se confondre, si tu tombes ça fait moins terre à terre. Alors rien dire aux rapporteurs, resté taiseux à leurs paniers. L’amour qui couve fait les plus beaux oiseaux. M’aime que les prédateurs y enraye le fusil. Le vrai c’est pas celui qui passe, c’est le grand teint, le pigment pur qui défie le temps.
Jaune, vert, rouge ma trémière grimpe à la verticale, le front déjà dans le bleu de la prochaine toile. Peins, peins, peins c’est soleil !
Souviens-t’en Barbara, c’est à Brest qu’est la rue de Siam…
Emporté par le courant, le bouchon suit la file qui rentre par l’autoroute, en ramenant des vacances la couleur d’illusions géographiques
Dans le coffre à jouets de la plage, ces formes suggestives auront navigué la continence aux abords du désir sans franchir le tropique
On remonte les valises sur l’étagère où s’entassent les bobines du film
où le goût d’un plat régional va remiser dans l’enclos paroissial de ses fantasmes, sans la gymnastique matinale orchestrée par les animateurs à la piscine.
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