La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Page cornée, le livre de bord n’a rien à dire à l’heure qu’il est
vu de loin le rail est pris dans une ligne de sommeil
Dans le port les filets n’ont pas gagné le fond des cales
la banalité du ressac tend et relâche les amarres sans marée montante
sans doute est-ce la raison pour laquelle il repleut de plus belle jusqu’au large
L’odeur de fleur qui passe à travers les balustres tire à ailes un désir d’envol appuyé
la proue, en tenant sa figure derrière les prochaines heures, laisse voir les rondeurs de sa poupe, une manière de dire que tout miroir a toujours deux faces.
Je cherchais comment l’eau, les rochers, les oiseaux, les
arbres Font pour tenir ensemble, et les nuages qui figurent Le monde vagabond, rythmique, engendré, s’engendrant Comme le même songe instable au fond d’yeux jamais
clos. Je savais qu’à beaucoup se refuse la gloire d’une herbe Au sommet d’un talus, pesant le dos large du ciel Qui nous supporte, et que le vent chasse dans la lumière Les signes des cristaux de neige pour la boue.
— Ô tête Ici de tout soutien privée, où est le mur? (Un mur À défaut d’une mère, et dormir dans les ruines de son
flanc.)
Et je voyais le vide entrer dans l’apparence avec Les bourgeons qui toujours pour la première fois reviennent. Poussés par la force d’oubli qui de sa couche arrache Et féconde ce vaste corps tumultueux d’étoiles Puis l’abandonne à notre porte ouverte, comme un dieu
Encore enfant mais bien trop haut pour nous, hôtes déjà Qui hébergeons et nourrissons le dieu de notre mort.
Du seuil, je relevais d’oiseaux et d’arbres quelques traces Au fond de la combe où le soir tout à coup se rappelle — Et c’était l’heure où, des enfants, brillent à contre-jour Les bicyclettes, quand
Le plus petit au carrefour tombe dans un remous De lueurs qui vont l’engloutir en larmes dans la mémoire ; Et touchant de la nuit la bouche dépravée j’ai dit : Quel long désastre en bouquets éclatant qui saluent L’éveil jamais surgi dont nous sommes le souvenir Les messagers perdus dans les distances inhabitables.
Les inondations de 82 et leurs effets après m’avoir exilé de Jarnouzeau, ont mis L’ATELIER DU DUODENAIRE au monde au 12 de la Rue des Remparts à Cognac. C’est une fin d’après-midi qu’à lieu la rencontre qui fait apparaître mon Egérie
C’est comme si c’était hier
Au loin la cavalière lâche le parfum d’une Epoque jamais éteinte
Entre mes doigts cette rencontre avec Fanou vient sur la nouvelle toile pour vivre au chevalet
Un grand silence se laisse pressentir, son mercure a pris tous les trous de l’existence en les bouchant l’un après l’autre, le panorama. déroule une intimité par ses fenêtres toujours ouvertes…
Bordant la plage déserte, la partie de moi qui reste ancrée au décor romantique d’un théâtre d’ombres ne sombre pas
Depuis l’écume, les marées ont séparé le refuge du port, Antioche a noyé le lieu d’embarcadère. pourtant je m’y rends les yeux fermés
Chaque caillou gardant l’envolée des bons jours, le corps, de retour à la criée, pose entre les planches des cabanes un claquement de mains de la guitare
Est-ce un tort de croire que l’amour ne peut vieillir ?
Liés à ce poteau de vigie, des matins modifient la ligne de vie au creux de la main qui pourtant reste autour du sein
il y a dans cet équinoxe un traducteur de langage qui joue à cache-cache au nom de conventions impossibles
le mal de dos lui n’arrête rien de l’envol des mouettes pour rester au sillage de chaque appareillage.
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