TOUT CONTRE MON VIOLONCELLE


TOUT CONTRE

MON VIOLONCELLE

Non girouette, je fuis l’instabilité du temps

en demeurant résident de mon concept

Je l’ai dit mon âge

en le restant assujetti à l’amour

Puisque la vie est une Divine Comédie

je prends le rôle de l’innocent de son village

en refoulant du drame la bêtise de croire qu’il est possible de refaire le monde

Mais sans accepter le mal

Tiens dans l’esprit de cette dernière toile en chantier

je sors Racine de son complexe

pour le muter en section Comédie Musicale

sans cacher à des seins que l’orgueil ça tombe avec les années.

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Niala-Loisobleu.

13 Octobre 2024

C’EST DIMANCHE


C’EST DIMANCHE

– C’est vrai tu rêves sans écouter le bulletin météo, me répondit le voisin de palier, en m’envoyant une poignée de grains au fond du sillon ouvert

– Vois les choses en face

tu crois qu’il suffit d’être naturellement bon pour que le tant soit beau

c’est pas parce que tu vois le vrai apparaître en dépit des efforts du faux pour paraître

que tu vas initier un autre art de vivre

Cette manie des hommes de faire la roue

elle n’a nul besoin de la générosité

Tu donnes ils prennent

la simplicité ne mène à rien

le compliqué voilà comment l’homme se fait paon

et il adore

Le voilà devenu héros

Les grands mots du je au nom du nous

tu parles

c’est l’incroyant qui devient dieu tout seul

de sa main

réflexe inconscient du mortel qui veut gagner l’éternité

Moi moi moi

c’est bien vrai ça que nous sommes tous égo

Le sable, dos tournéau sot

pris l’appel

et d’un élan du coeur

plongea dans la mer

en laissant les châteaux aux assauts de l’ô

Aux fonds du fond

il suivit le Capitaine à tenir la barre devant droite

monta au-devant de la proue

caressa le rêve de la Muse sans rabattre sa jupe

et descendit ajuster le cap face à l’étrave.

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Niala-Loisobleu.

13 Octobre 2024

DES RIVES


DES RIVES

Au bout de la corde

le piquet traverse le long fleuve

Rives rapprochées

trempe ta ligne

le temps s’étale …..

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Niala-Loisobleu.

12 Octobre 2024

AU DÉPART DU BROUILLON


AU DÉPART DU BROUILLON

Tu viens de ces levers qui couchent la raison

et leurs mi-graines

sous les ruades du sang de l’espoir

cheval dans tes brancards

aux quais d’arrivées des erreurs de stationnement

présence des mouchoirs

Muselant à la niche les clochers plantés sur les aiguilles

de la férule de Chronos

ne portant plus au poignet que le pouls de l’allant

Libre de publier le mémoire de ton ventre sous la coque

tu t’harponnes façon Moby-Dick

au devant de ta propre découverte

Troussée des habitudes

usinées aux manufactures de guerre lasse

ficelant l’affranchissement

L’interdit laissé au trompe-l’oeil du décor

on te reconnaît à la couleur mimétique des marées montantes

Guérande sel et forêt à la conquête de toi-même

quille nouée aux torils de cinco de la tarde

Federico sous la lune

ç’aura été la traversée de l’anonyme matricule de ton Inscription-Maritime.

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Niala-Loisobleu.

11 Octobre 2024

L’HEURE AU CADRAN SOLAIRE


L’HEURE

AU CADRAN SOLAIRE

Parvenu à l’angle de certaines décennies

l’âge décroche des pendules sans que les battements amoureux de son coeur se taisent

En vertu des grands principes, ce monde sans scrupules montre la différence du doigt

comme passible d’enlèvement de Sabine, faute de pouvoir aborder la question de pédophilie

En peignant, je trempe mes pinceaux dans cette fontaine qui au centre de mon patio signifie mon absolu

sans autre pensée que partager en donnant

J’aime l’amour en dehors de toute question d’âge

Comme l’a dit Picasso

C’est l’âge qui nous a forcé à arrêter, mais il reste l’envie de fumer. C’est la même chose que pour faire l’amour. On ne le fait plus mais on en a encore envie. »

Pablo Picasso

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Niala-Loisobleu.

11 Octobre 2024

A FLEUR D’ÉCUME


A FLEUR D’ÉCUME

Le carreau de givre de mon marais comme celui tout sale de la cabane, comment pourraient-ils attraper le moindre son dans l’instant d’oubli du monde ? L’un et l’autre ne pouvaient que devenir sourds au bruit de présence comme à l’image d’existence dans un rapport qui ignore l’humain. Toi, je t’ai dans le caillou, Blanche, il est vrai comme l’esprit d’escalier qui se faufile dans tous les terrains plats. Mais mieux vaut se faire fantôme de ce que l’on est, que d’être lambda de ce qui n’offre que de l’inexistant. Ouais, je sais, je vois les épaules des fardiers versant dès la première ornière. Est-ce ma faute à moi, s’ils sont creux au point de ne toujours tomber qu’au fond d’eux-mêmes ? Les morsures de la séparation, je sais le mal que ça fait. Les dents rouillées c’est un piège à ours, mortel. Raison pour laquelle, je nidifie,  toujours dans l’Arbre à Médecine. Le ruisseau laisse toujours son clavier ouvert pour que les doigts du courant appellent aussi l’archet pour jouer ses sonates.

Je me tiens accroché à l’inspiration amoureuse de ton ventre par l’oyat d’un désir plus pugnace qui ne fait pas défaut à la nature. Le Petit-Peintre aux étriers de ta monture passe au travers du plancher du grenier pour sortir tes seins du coffre à jouets. Cette croupe qui s’arrête en gare est prise au lasso du butoir. La mer est montée par-dessus bord, plus haut que le phare, au-dessus des genoux de cet estuaire d’où tout part se laisser aller aux balanciers d’un praho confié à la marée.

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Niala-Loisobleu.

10 Octobre 2024

« LE PEINTRE ET LA MUSE » – NIALA 9/10/24 – ACRYLIQUE 116X89


« LE PEINTRE ET LA MUSE »

NIALA 9/10/24

ACRYLIQUE 116X89


Versé dans le chahut destructeur

d’une tornade à une tempête

qui de l’insoumis à la pute se vautrent dans la roulure d’une enseigne républicaine

j’ai résolu ce dernier témoignage avec ma vision innocemment sereine

Les équinoxes cèdent la place à Niña comme on tend son cul à l’encan

Pourquoi vois-je dans le vol des cendres cette Femme-Phénix mettre ses seins à couvert des branches de l’Arbre-de-Vie ?

Suis trop mécréant pour croire au Messie

mais ce que les Hommes ont trouvé pour n’avoir plus jamais peur c’est l’amour

Celui qui fût l’inspirateur des peintures rupestres des cavernes

la Beauté sans mentir

cette force qui n’entend pas céder à l’impuissance actuelle

Ma Muse, au soleil et sous la lune nulle ombre n’a réussi à t’effacer.

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Niala-Loisobleu.

9 Octobre 2024

QUE LA FIN NOUS ILLUMINE – PHILIPPE JACOTTET


QUE LA FIN NOUS ILLUMINE

PHILIPPE JACCOTTET

Sombre ennemi qui nous combats et nous resserres, laisse-moi, dans le peu de jours que je détiens, vouer ma faiblesse et ma force à la lumière : et que je sois changé en
éclair à la fin.

Moins il y a d’avidité et de faconde en nos propos, mieux on les néglige pour voir jusque dans leur hésitation briller le monde entre le matin ivre et la légèreté
du soir.

Moins nos larmes apparaîtront brouillant nos yeux et nos personnes par la crainte garrottées, plus les regards iront s’éclaircissant et mieux les égarés verront les
portes enterrées.

L’effacement soit ma façon de resplendir, la pauvreté surcharge de fruits notre table, la mort, prochaine ou vague selon son désir, soit l’aliment de la lumière
inépuisable.

Philippe Jaccottet

MON REFUS


MON REFUS

Cette marinade de l’aigri dans lequel la vie trempe

où qu’on se tourne aujourd’hui

est le plat sans relief qui gagne au fil des jours

en asphyxiant tout appétit de passer à table

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Peut-être mais en dehors d’émoi

n’avoir que la guerre pour vivre est un crime contre l’humanité

en jouir comme son pain quotidien est d’une pauvreté digne des plus riches

La mort sans le sens du blues où la vie se défend plus forte que tout

quelle névrose hérétique d’une santé en fin de parcours

gardez vos gémissements littéraires pour davantage de foi sans diplôme

ce n’est pas à vous entendre gémir que votre dernière pollution va guérir

Comment en pleurnichant sans agir aurait-on pu ne pas perdre l’amour ?

De ce qui me reste, je suis contre cet état de règlement judiciaire, c’est plus dur de peindre aujourd’hui mais ça n’est pas une raison pour encenser les pleureuses.

Ma Pierre d’Âtre n’est pas le bûcher de mes enfants.

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Niala-Loisobleu.

8 Octobre 2024

LAS DU MAUSADE


LAS DU MAUSSADE

Les eaux rendues 

ah oui marcher dessus

nageoires isocèles

et bateau de papier

l’aquarium défenestré

quand au sable n’écrire qu’à l’entrée du village

de ne pas déranger de la chambre.

Entre un missile et de la pluie, je veux rester que contre toi.

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Niala-Loisobleu.

7 Octobre 2024