Catégorie : A LA PORTE DU COEUR
LE CHEVAL ET LES CURIES

LE CHEVAL ET LES CURIES
Le vent fouette au point qu’un avis de tempête est à l’ordre du jour sur les sentiers de Haute-Corse clament les G.R.
Agrippées aux rochers de Roccapina, les cigales martèlent leurs crampons pour parer à toutes formes de glissades
Tourné vers ma glace, je vois bien que cela fait plusieurs jours que je n’ai pas peint
Novembre, lui, sait qu’il y est pour quelque chose. Un temps de respiration est toujours nécessaire pour aider à franchir
Franchir quoi, ironise le quotidien, incapable de se sortir de ses attitudes narcissiques
Voilà bien ce qui fait l’occupation principale d’une vie nulle à chier, dit un vieil enseignant ayant aujourd’hui cessé de faire Gardien de Troupeau, les paysans en savent quelque chose
Demain tient tout entier dans aujourd’hui, si je n’ai pas rentré le cheval à l’écurie, c’est en voyant les pendules faire descendre le jour avant l’heur
Plus que quatre jours et je raccouche comme si de rien n’était
Au milieu de tout ce qui s’est passé, la valise est prête à repartir, sans établir de durée du séjour
Et sans changer la réservation de la chambre dans laquelle nous n’avons pas fait que dormir
La vie ne dure que l’espace de son option, ça n’est pas de faire centenaire qui motive, mais d’être toujours l’enfant qui fait du bleu sa seule raison d’être, les cimetières ont toujours eu la porte ouverte
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Niala-Loisobleu.
20 Novembre 2024
L’ONGLE AUX CORDES

L’ONGLE AUX CORDES
A l’écaille de mes nages, la nageoire appuie sur l’aviron sans disperser les anémones des cheminées. La lime redonne à la coquille un goût relevé qui détartre à décoller les genoux pour gagner la fontaine qui, dans la clairière d’un mercredi prolongé toute la semaine, offre sa tournée. Sous la banne d’un chapiteau, j’aperçois le tant sans culotte. Ma révolution. Et l’instrument accorde au tempo des pieds, un claquement de mains sur le fessier qui tarde à rejoindre la chaise musicale. Les seins se penchent à la fenêtre d’un décolleté sous l’oeil d’un glissement de bretelle. Ne pensez pas que je n’ai plus l’âge de monter les meules. Quand il pleut, ma Bergère plonge du haut du tremplin dans l’ovation des marguerites. Sans compter, alors les nuits s’éclairent. Le train siffle, plus les serpents. Du sable qui dune, on voit aussi loin qu’en haut du phare, partir la caravane de la pointe de l’Espérance. Du menton aux pattes d’oreilles, je ne laisse plus la barbe n’en faire qu’à sa tête et enlève la noirceur des ongles, pour élargir les lunules au parcours de ton derme. La dernière fois que tu as dit mon nom, fut le palliatif à ton décès. Ne sois pas inquiète, je vais retourner à peindre. J’ai comme ça besoin d’un temps d’arrêt pour avaler.
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Niala-Loisobleu.
19 Novembre 2024
FIL DU COURANT

FIL DU COURANT
S’ajoutant à la signification des reflets, les feuilles qui glissent à dos de rivière portent le lien invisible
Ce cheval qui ne sort qu’avec l’oiseau pour guide, porte sous sa selle l’ensemble des pas équins à cru
L’acharnement du vent sur les étocs n’est en fait que le kaléidoscope qui adapte aussi bien le rapprochement des distances que la nuance des reliefs
A l’échelle, l’accès inaccessible répartit ses postes de relais de chevaux, d’aucuns l’appellent le Chemin de St-Jacques, d’autres le Passe-Montagne, mais tous font les mêmes gestes pour tenir bon la corde en rappel
La nudité qui règne en intégralité, empêche toutes formes de déception des mains. Leur dessein monte comme une tige pour remplir le vide
Les jarres, ces seins qu’Ulysse a conduit sans s’arrêter aux Gorgones, écrasent la douleur par l’assurance de Pénélope au Centre du Voyage, l’a en quelqu sorte, rendu androgyne.
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Niala-Loisobleu.
19 Novembre 2024
LA NUIT TOMBE SUR LE JOUR

LA NUIT TOMBE SUR LE JOUR
Butant au trottoir de la journée pas finie
on ira au bout à l’électricité
sans voir dans les recoins
et sans serrer la main du présent autrement que dans un tiroir
- Comment vont tes jambes ?
- Je saute d’un tabouret au nuage sans choisir
- C’est mieux que d’attendre d’être présenté à l’Arlésienne, comme me disait pas plus tard qu’hier un agriculteur croisé dans le désert
Je ne sortirai de ma maison que pour y faire rentrer une belle histoire pour m’endormiravec toi
reste dans mon lit et parle, j’ai déjà enfourché ce cheval de bois qui ne manège aucun éclat de rire
maintenant que le Festival rentre dans les mémoires avec succès, je pense que je laisserai ma main ramasser un bout de charbon de bois pour écrire sur un mur de ma caverne
comme quand tu te tais et que je peux commencer à cueillir les fleurs de ta nuisette.
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Niala-Loisobleu.
18 Novembre 2024
BRIBES (XIV)- reprise

BRIBES (XIV)- REPRISE
Poitrine d’une flamme qui tremble au moment où gonfle le jabot je défais le premier bouton
enfle la pensée
prête à l’envol
juste un éclat de tes dents mordra mon attente
tirant des ailes à se sentir serrés
Rassurée ?
La rougeur de ta gorge tient les battants de l’espace à ouvrir, renvoie la jalousie quérir l’ombre saine…
Niala-Loisobleu.
30 Novembre 2018
CODE SECRET

CODE SECRET
Nervure d’une feuille qui avoue
le calice montre son né
entre une majuscule de rosée
et à l’orientation-est de l’étable…
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Niala-Loisobleu.
17 Novembre 2024
FEUX D’AUTOMNE

LES CORNICHES DE L’HISTOIRE

LES CORNICHES DE L’HISTOIRE
A coeur de jungle
le train s’accroche
nous roulons ensemble
assis dans ce souvenir jaune qui garde Boudha
allongé dans une forme de sourire de pierre qui dépasse le vide
C’est long le Sulawesi à remonter la Plaine des Temples
du pays Toraja aux îles Toggian
des enfants morts nés suspendus dans des sacs au sommet des arbres
Pendant que tu m’attendais devant la maison-mortuaire en forme de bateau, du village
j’ai suivi la veuve à l’intérieur de son voyage, précoce initiation
Animaliste recueillement qui me conduit aujourd’hui, vers mes 91 ans avec toi, Jacqueline…
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Niala-Loisobleu.
17 Novembre 2024

ROSALIA – alfonsina y el mar (mercedes sosa)
Chanson de Mercedes Sosa
À travers le sable doux
Por la blanda arena
qui lèche la mer
Que lame el mar
Ta petite empreinte
Su pequeña huella
Ne revient plus
No vuelve más
Un chemin solitaire
Un sendero solo
Le chagrin et le silence sont venus
De pena y silencio llegó
à l’eau
Hasta el agua
profond
Profunda
Et un chemin seulement de chagrins silencieux est arrivé
Y un sendero solo de penas mudas llegó
à la mousse
Hasta la espuma
Dieu sait quelle angoisse t’a accompagné
Sabe Dios qué angustia te acompañó
Quelles vieilles douleurs ta voix a fait taire
Qué dolores viejos calló tu voz
S’allonger bercé par le chant du
Para recostarte arrullada en el canto de las
coquillages
Caracolas marinas
La chanson qui chante au fond sombre de la mer
La canción que canta en el fondo oscuro del mar
La conque
La caracola
Tu quittes Alfonsina avec ta solitude
Te vas Alfonsina con tu soledad
Quels nouveaux poèmes êtes-vous allé chercher ?
¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar?
Une ancienne voix de vent et de sel
Una voz antigua de viento y de sal
Cela brise ton âme et la prend
Te requiebra el alma y la está llevando
Et tu y vas comme dans les rêves
Y te vas hacia allá como en sueños
Endormie, Alfonsina, habillée comme la mer
Dormida, Alfonsina, vestida de mar
Cinq petites sirènes vous emmèneront
Cinco sirenitas te llevarán
Sur les sentiers d’algues et de coraux
Por caminos de algas y de coral
Et les hippocampes phosphorescents
Y fosforescentes caballos marinos harán
Une ronde à vos côtés
Una ronda a tu lado
Et les habitants de l’eau vont jouer
Y los habitantes del agua van a jugar
Bientôt à tes côtés
Pronto a tu lado
Baisse un peu plus la lampe pour moi
Bájame la lámpara un poco más
Laisse-moi dormir, infirmière, en paix
Déjame que duerma, nodriza, en paz
Et s’il appelle, ne lui dis pas que je suis là.
Y si llama él no le digas que estoy
Dis-lui qu’Alfonsina ne reviendra pas
Dile que Alfonsina no vuelve
Et s’il appelle, ne lui dis jamais que je suis là.
Y si llama él no le digas nunca que estoy
Dis que je suis parti
Di que me he ido
Tu quittes Alfonsina avec ta solitude
Te vas Alfonsina con tu soledad
Quels nouveaux poèmes êtes-vous allé chercher ?
¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar?
Une ancienne voix de vent et de sel
Una voz antigua de viento y de sal
Cela brise ton âme et la prend
Te requiebra el alma y la está llevando
Et tu y vas comme dans les rêves
Y te vas hacia allá como en sueños
Endormie, Alfonsina, habillée comme la mer
Dormida, Alfonsina, vestida de mar

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