L’ECHO DES BAÏNES


L’ECHO DES BAÏNES

Comme un jeu prenant toute la plage, le drapeau rouge reste sourd

le Maître-Nageur est en déplacement permanent

Carnaval

Malibu déploie ses sirènes

le bronzé n’est plus qu’un tatouage

qui défie la vague sur une planche pourrie

La voie de promesse restée muette dans l’acte

dresse le repas à la courte-paille sur le ras d’eau

Censure

un non tombe

le Président reviendra avec son carnet de maladresses

aujourd’hui le mauvais temps referme la plage

je n’ai nulle envie d’être enfermé chez moi à attendre un échange

qui ne peut exister de lui-même

je sors de l’impasse d’en face, en m’ouvrant une autre voie.

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Niala-Loisobleu.

5 Décembre 2024

PAS DE DEUX


PAS DE DEUX

Laissant la venue de l’Opéra et contournant le Palais Barnier, je laisse le flou artistique jouer sa comédie

pose ma main sur la rampe, pour suivre l’effet que tes pointes produisent sur mon état créatif, la glace a raidi le bout de tes seins, on approche de l’axel

C’est alors que je te demande : que mettre dans la prochaine toile ?

La Madeleine n’est pas loin, mais le rappel du cirque obséquieux de l’ultime concert de Johnny ne m’inspire vraiment pas

-En vole-moi me dis-tu, hold-up my, à mains armées, je veux plus aller à l’école

Le cheval qui n’est jamais loin, s’approche des grandes orgues avant que Notre-Dame devienne un jute-box et attaque une fugue sans laisser de nouvelles

Le Petit-Peintre ne dit rien, il laisse les choses ingérer dans son coeur, le pouls de sa main-gauche bat à la volée, comme la batte qui lave son linge-sale au lavoir.

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Niala-Loisobleu.

4 Décembre 2024

AVENUE DES TOURNESOLS


AVENUE DES TOURNESOLS

Ce jour que les glaces retiennent, je trouve la clef de la chaudière sur ton épaule

Tu t’es juste habillée de fleurs sur la peau

que tes mains croisées sur les je nous, séparent des liserons

J’accroche mon chapeau au perroquet, puis change l’eau de la pluie en rayons jaunes

en ouvrant les volets sur l’Avent

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Niala-Loisobleu.

4 Décembre 2024

AILES DU BORD DE MER


AILES DU BORD DE MER

Au milieu des granits que l’eau baigne

ce chant d’écume

qui tourne autour du phare

emmène l’englouti à la pointe de l’étoile

sans laisser tomber ses seins

ailleurs que dans la coupe des demains

Mas de pierres blondes à mi-chemin des tournesols

que l’abeille retient aux fleurs pour rucher son miel

Dans le bleu du loin, cette montagne se détache des frontières

par les hanches de sa jarre, bouche ouverte à l’essence ciel

bordée de palisses autour de ses dunes et l’empreinte de pattes d’oiseaux jusqu’au chant du dernier rouleau…

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Niala-Loisobleu.

3 Décembre 2024

DU BORD DE LA ROUTE SORTIE DE STATIONNEMENT


DU BORD DE LA ROUTE

SORTIE DE STATIONNEMENT

Du crayon, des maisons restent, derrière les travaux de rue qui creusent pour trouver la fuite, cependant qu’un reste d’accordéon s’accorde à croire à la chanson, le manège n’arrête pas de tourner

Des grappes de soleil pendent au vestiaire des derniers étages, genre immortelles que ma grand-mère m’avait appris à suspendre aux poutres des charpentes virtuelles

Une vieille table étale des photos dans leur cadre du moment, souvenir d’enfant qui reste au-delà des mains ridées qu’elles évoquent. Sacré Balthazar, ils n’ont pas réussi à démolir tes halles

Quand un bateau passe sur la route c’est toujours en remorque d’un amour qui n’a pas débarqué du train. Mais pour qu’un mousse devienne marin, il faut que l’écume tienne les jours sans vouloir cracher sur leurs tombes

La toile est blanche comme le regard de l’enfant qui espère s’endormir dans l’histoire qui a fait fuir ses peurs. Un oiseau va aller décrocher la lune de la niche pour la laisser courir.

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Niala-Loisobleu.

3 Décembre 2024

LA LEÇON DE CHOSES


LA LEÇON DE CHOSES

Des années durant, à chercher les disparitions non résolues, ramènent toujours sur les lieux de la dernière trace laissée

je me souviens de cette chanson qui passait par le Triangle des Bermudes sans qu’on la voit ressortir

et creusant les abysses, on écope le fond de l’épave à la recherche de vestiges propres à expliquer le naufrage

La voix haute je lis et relis

puis notifie l’impression ressentie d’un commentaire avant de passer à table

Seuls les glaciers fondent, car en enfonçant le piolet, je ne trouve rien de mon écrit, les mots ont fondu de neige au soleil imaginé

Les remontées de plongée pour renflouer l’Époque boivent tant de tasses que les Ponts-et-Chaussées suppriment le pont comme le Mont-St-Michel coupe l’accès quand la marée haute arrive aussi vite qu’un cheval emballé

L’homme revient en pèlerinage sur la jetée, non comme on vient mettre des fleurs à la Toussaint, pour calmer ses remords

Juste pour réchauffer son coeur, tel un ex-voto suspendu aux poutres de la Chapelle des disparus en mer

Il repart à cheval vers l’énergie qui tient sans mourir, non-coupable d’avoir cru à l’impossible étoile…

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Niala-Loisobleu.

3 Décembre 2024

AU THÉÂTRE CE SEOIR


AU THÉÂTRE CE SEOIR

Tout d’un coup, tu te prends la vague alors que tu dormais

Les claboussures ont emporté tes lunettes, la voix de la sirène, il n’y a plus que les pompiers qui décarcassent le platane sous lequel tu es garé

Ah, Michel, la maladie d’amour, écrit l’ordonnateur sur la portée de tes actes en guise d’épitaphe

Entracte

Après t’être curé le fond d’oeil tu refuses de te rhabiller, sûr d’avoir la preuve que l’amour existe sans passer son tant sur un trottoir

Tu repeins les membres du personnel de ta petite entreprise et repars en vacances pour Noël

Niala-Loisobleu.

2 Decembre 2024

PASSAGE EN REMONTÉE D’ENCRE


PASSAGE EN REMONTÉE D’ENCRE

On croit entendre des voies monter d’un alignement de pavés et en enfermant le chien dans la cuisine, on sort le pied sans penser à mal

L’échine en pagode vous attend là en ondulant ses tuiles

Quand j’ai franchi les poignets et le col de ma chemise, je ne l’aurais pas cru si l’on m’avait dit que la barrière des boutons d’or pouvait déboucher sur les lises

Au disjointement du regard, les planches s’arrangent pour que le décor prenne l’aspect d’un hôtel de charme

et ça n’est que dans la cour intérieure, déguisée en patio, qu’on ressent un premier doute en voyant les poubelles pleines vous zéler au secours

J’ai tellement entendu dire l’infidélité des hommes, qu’encore adolescent, j’étais entré dans un plan de défense du genre faible

Aujourd’hui je mesure mon erreur à la hauteur des coups reçus en lieu et place de la plus humble gratitude

A propos de l’inégalité qui fait toujours là une entre les deux sexes, on a dû oublier quelque chose qui ferait la différence

Erreur d’embouteillage. Cherchez quoi ?

Inutile de me fournir la réponse, je la connais hélas par coeur

Ce qui me manque, c’est seulement de comprendre pourquoi le plus fort du racisme réside à cet endroit le plus inapproprié du partage.

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Niala-Loisobleu.

2 Décembre 2024

« BLEU-TROTTOIR » – NIALA 01/12/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« BLEU-TROTTOIR »

NIALA 01/12/24

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Passé les bornes, mon trottoir s’ouvre les yeux vers le bleu

le cheval dételé s’ébroue dans les brancards au passage d’un putain de like

on peut se faire piéger par une nasse mise entre deux arbres comme par une oiseleuse répandant sa glu à la source

C’est la vie de merde que le pied droit côtoie

Puis les mots et les maux, y-a-t-il une différence ?

Du coup, je les peins pour écarter l’abus de confiance

j’aime tellement la poésie que je tremble à l’idée qu’elle cache la nudité

Petit-Peintre, garde ta couleur de l’Homme

elle met des fruits qui ont du goût dans le verger

et file tisser les phases de la lune en plein soleil, ce sont tes enfants.

que ton âge, comme les vignes et la Charente, continuent de te voir fertile

ceux qui cachent l’amer derrière un pincement de jolis mots, sont plus navigables…

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Niala-Loisobleu.

1er Décembre 2024

ESSARTAGE DE NOUVELLE-LUNE


ESSARTAGE DE NOUVELLE-LUNE

Enfouie sous la roche, la barque se dégage à la surface

quelques minuscules fleurs suffisent à libérer l’encolure de l’étranglement des fanes mortes

Tout à neuf, ce mois qui commence

met à jour, tous les paragraphes de ce qui reste

L’herpès de mon œil droit réunissant trop de choses toxiques

je l’écobue

la fenêtre ouverte sur l’hiver, tuera les parasites

l’essentiel est que je reste ce Petit-Peintre, bien assis au métier à tisser la toile.

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Niala-Loisobleu.

1er Décembre 2024