JACQUES BERTIN – L’OR PUR


JACQUES BERTIN – L’OR PUR

Pardonnez-moi d’avoir parlé de moi encore hier j’étais si malheureux

Il y avait c’est vrai le vin les sourires les yeux

Mon bras coupé me faisait mal

Mon cœur plié dans le journal

Saignait beaucoup

Et on voyait mon espoir par le trou

Un tunnel conduisait à travers la chair vive

A une femme debout sur la rive

Pardonnez-moi pour l’espérance folle

Qui fait déborder par moments ce trop-plein de paroles

Pardonnez-moi d’être l’enfant

Qu’on a perdu dans le square, le temps

Est à la pluie, loin il y a les nuages

Comme un ourlet très douloureux dans le cœur sage

Ah vieille carte qu’on lit mal!

Les avenirs débordent de la malle

La jeune fille enfermée court en plein jour vers un bal

Au devant du convoi quelqu’un lève un fanal

Arrêtez-moi dans ma course vers l’innocence

Reprochez-moi d’être embourbé dans l’espérance

C’est par l’or pur que je vaincrai

On est sans nouvelles du steamer du printemps

Et la noyée du jour de l’an?

Il fait froid il fait mauvais temps

La femme que j’attends toujours me tance

Et j’ai ma douleur qui me lance

Jacques Bertin

AU DEFONCEMENT SAISONNIER


AU DEFONCEMENT SAISONNIER

Vêtue d’une triste chemise, la maison a sorti le vieux voltaire, comme une raison péremptoire. L’hortensia ne partage aucun des motifs ambigus d’une végétation contrariée dans laquelle le jeu du perroquet excelle. C’est le stade de l’impureté qui a gagné le sang pour sang. Les pies en voulant remplacer les grues broient l’harmonie de tous les déplacements migratoires. A l’avènement du printemps, il fait plus froid qu’en hiver, au point que le Petit-Peintre n’arrive pas à calmer les quintes de toux de la couleur.

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Niala-Loisobleu.

15 Mars 2025

AU RETOURNE DU DRAP


AU RETOURNE DU DRAP

La nuit a grassement débordé sur le jour. On a retrouvé la pendule accrochée au bout de la ceinture des économies d’énergie. J’ai sorti les reins des vitilles. Le soleil a envie de dormir. La vague est bien à marée-basse.

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Niala-Loisobleu.

15 Mars 2025