
L’ALLUMEUR DE RÉVERBÈRE
A la sortie du pont, j’étais parvenu de l’eau à la poitrine, sans avoir pu trouver un seul reflet de réverbère. Voilà un métier propre à nourrir le chômage, me dis-je, au bout de la chute obscure qui s’ensuivit. Quand j’ai cessé d’aller aux Bains Deligny, j’étais encore loin de la mer. J’entrais à peine dans l’ô. Jamais je n’aurais pu imaginer combien d’accidents m’attendaient dans ce parcours. Marthe a tout fait pour m’éclairer. Hélas le déclin prend un temps fou à s’installer. Quand la guerre a été finie, on a cru qu’on pourrait sortir le soir, baigné de cette autre lumière, qui n’allait jamais se coucher sans s’être promené sur la Seine. À peine eus-je mon premier enfant que je ressentis l’emprise de mon beau-père se comporter en géniteur. C’est là que je me sentis irrémédiablement fait pour être artiste. Les quais furent rallumés pour rétablir la circulation, jusqu’à la date limite de Mai 68. J’ai chargé mon sac pour le déballer en marais-salant. Un feu sur la plage, je me souviens de ça. La Grande Lumière.
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Niala-Loisobleu.
13 Mars 2025
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