Jour : 23 février 2025
CRISTINA BIANCO
« Être mère, c’est comme un voyage de retour à la maison, c’est comme recommencer une civilisation. Sur cet album, j’ai voulu affronter ma propre bataille en me concentrant sur ce qu’il m’a été donné de vivre à travers la musique, comment elle m’a accueilli, comment elle a brisé tous les obstacles qui m’empêchaient de quitter mon île. Ayant cette mère comme compagne pendant de nombreuses années, j’ai appris à être simplement moi-même, en faisant de la place pour créer de la musique, un fado en dehors du fado traditionnel et à l’intérieur de celui-ci », explique-t-il.
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« Le fado est presque magique, c’est un processus par lequel il faut passer – pour vivre, pour apprendre, pour respecter. J’ai toujours regardé le fado avec un immense respect mais aussi avec peur. Il y a quelques années, j’ai recommencé à chanter davantage de fados, par apprentissage, et j’ai développé une immense passion pour le fado. Beaucoup plus que ce que j’avais au début. Aujourd’hui, cela fait vraiment partie de moi et c’était très important de faire un album uniquement sur le fado. »C’est du fado, et du fado traditionnel, que l’on parle de « Mãe », du Fado Cravo au Fado Rosita, du Fado Santa Lúzia au Fado Carriche. « Quand on débute, et qu’on arrive avec la fraîcheur de la jeunesse, on se dit : « Je viens du fado, je vais faire du fado » mais, au fil du temps, j’ai commencé à m’éloigner de ce langage et j’ai commencé à me rendre compte que le fado était bien plus que ce que je lui donnais. « J’avais besoin d’apprendre et de respecter, avec humilité, le genre pour pouvoir l’aborder », conclut Cristina Branco. « Mãe », 18e album de Cristina Branco en 26 ans de carrière, se déplace dans la solennité qui entoure le fado, dans la magie que l’on trouve lorsqu’on s’immerge dans la musique mais aussi dans l’émotion que véhiculent les mots, dans les souffles de ses virgules, dans l’intensité de ses silences.L’ouverture, marquée par le premier extrait de l’album, « Senhora do Mar Redondo », en est un parfait exemple, un dialogue à quatre voix, où les paroles de Lídia Jorge sont interprétées comme si elles étaient un manteau de libération.Lors du choix des poèmes de « Mãe », Cristina Branco a recherché la densité poétique que le fado doit véhiculer, qu’il s’agisse de figures incontournables comme Fernando Pessoa ou David Mourão-Ferreira ou des cris féminins d’Aldina Duarte, Manuela de Freitas ou Natália Correia.
« Je ne suis pas une histoire à vivre, je suis l’histoire à raconter », entonne-t-elle dans « Folha em Branco » : les mots pourraient être de Teresinha Landeiro, qui a également écrit « Liberdade » et « Passos Certos », mais ils définissent la perspective de Cristina Branco dans « Mãe ».
« LA DEMANDE EN MARIAGE » – NIALA 2025 – HUILE S/TOILE 92X73

« LA DEMANDE EN MARIAGE »
NIALA 2025
HUILE S/TOILE 92X73
Aujourd’hui dimanche les écuries sont fermées, à part celles d’Augias toujours de permanence. Le temps qu’on trouve Hercule, a plus de chance d’être long à se rendre disponible. On me sort de ma stalle pour m’emmener à la grange. Et là, moi le vieil équin aveugle, on me rentre aux brancards du char à banc. Les hauts-bois soufflent dans les orgues, nous nous dirigeons vers l’Abbaye aux Dames. Aux pieds du tympan, une haie d’engoulevents, venus des marais, claque des ailes. L’amoureux déclaré que je suis met pied à taire les obscurantistes qu’un voile dissimule en agitant les crécelles. A quoi bon mentir, ce ne sont pas des questions d’âge où de circulation sanguine dans la grosse veine bleue qui pourraient argumenter une demande d’asile. Je suis fou de la blondeur de ta chaume, de la transparence évanescente de tes huiles, à passer outre le mauvais temps qui règne. En cédant à la lumière, le brouillard laisse apparaître ta nudité réelle. Celle qui sait compter sur l’essence ciel. Ce qui vit plutôt que ce qui se laisse mourir.
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Niala-Loisobleu.
23 Février 2025
TROUS DANS LA PORTE

TROUS DANS LA PORTE
Où est passée la clef ? Le bord ne se déplace même pas d’un pas. La zone est surtout habitée de décharges sauvages. Où se trouve le côté de la rue qui serait, selon le bruit qui court, au soleil. En sortant pour aller jusqu’au carrefour, je suis passé par des marelles pas complètement effacées. Sur un morceau de mur qui s’ouvrait en silence, un coeur gardant deux initiales avait pris le nom de la rue. Le vent est un oiseau qui déplace les graines tel un employé des Postes. Les trémières seraient les dernières lettres manuscrites à avoir échappé aux SMS. Si elles aiment habiter les îles, c’est à cause du fait qu’un marin a toujours besoin d’une fille dans chaque pore.
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Niala-Loisobleu.
23 Février 2025
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