DU FOND DE L’ESTOMAC


DU FOND DE L’ESTOMAC

Valises pleines qui s’ouvrent au passage

le quai et ses réverbères ont des souvenirs de toi bien amarrés

Sans que les différences d’âge aient eu leur mot à dire

tes seins entre deux âges préféraient sortir que rester dans la cage

pour rejoindre la grande plage où la nudité mélange les genres

Voilà qui redresse la prise au vent des tamaris à l’orée de la Coubre non indifférente

De ma boîte de couleur sur les épines de peint s’hisse plus qu’une voile

au rythme des coques accrochées à flancs de canaux du marais on est en partance

au trait qui fauche la mélancolie d’un lit vide

vibrent les embruns des hautes vagues du large

Aujourd’hui comme hier un bain de minuit à toute heure

tacle la peur de l’eau sans avoir de maillot.

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Niala-Loisobleu.

4 Octobre 2024

EQUINOXE -JACQUES REDA


EQUINOXE – JACQUES REDA

Je cherchais comment l’eau, les rochers, les oiseaux, les

arbres
Font pour tenir ensemble, et les nuages qui figurent
Le monde vagabond, rythmique, engendré, s’engendrant
Comme le même songe instable au fond d’yeux jamais

clos.
Je savais qu’à beaucoup se refuse la gloire d’une herbe
Au sommet d’un talus, pesant le dos large du ciel
Qui nous supporte, et que le vent chasse dans la lumière
Les signes des cristaux de neige pour la boue.

— Ô tête
Ici de tout soutien privée, où est le mur? (Un mur À défaut d’une mère, et dormir dans les ruines de son

flanc.)

Et je voyais le vide entrer dans l’apparence avec
Les bourgeons qui toujours pour la première fois reviennent.
Poussés par la force d’oubli qui de sa couche arrache
Et féconde ce vaste corps tumultueux d’étoiles
Puis l’abandonne à notre porte ouverte, comme un dieu

Encore enfant mais bien trop haut pour nous, hôtes déjà
Qui hébergeons et nourrissons le dieu de notre mort.

Du seuil, je relevais d’oiseaux et d’arbres quelques traces
Au fond de la combe où le soir tout à coup se rappelle —
Et c’était l’heure où, des enfants, brillent à contre-jour
Les bicyclettes, quand

Le plus petit au carrefour tombe dans un remous
De lueurs qui vont l’engloutir en larmes dans la mémoire ;
Et touchant de la nuit la bouche dépravée j’ai dit :
Quel long désastre en bouquets éclatant qui saluent
L’éveil jamais surgi dont nous sommes le souvenir
Les messagers perdus dans les distances inhabitables.

MONTÉE EN S’ELLE


MONTÉE EN S’ELLE

Les inondations de 82 et leurs effets après m’avoir exilé de Jarnouzeau, ont mis L’ATELIER DU DUODENAIRE au monde au 12 de la Rue des Remparts à Cognac. C’est une fin d’après-midi qu’à lieu la rencontre qui fait apparaître mon Egérie

C’est comme si c’était hier

Au loin la cavalière lâche le parfum d’une Epoque jamais éteinte

Entre mes doigts cette rencontre avec Fanou vient sur la nouvelle toile pour vivre au chevalet

Un grand silence se laisse pressentir, son mercure a pris tous les trous de l’existence en les bouchant l’un après l’autre, le panorama. déroule une intimité par ses fenêtres toujours ouvertes…

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Niala-Loisobleu.

2 Octobre 2024

IL NE FAUT PAS QUE LA RONDE NUISE


IL NE FAUT PAS QUE LA RONDE NUISE

Inutile de le cacher

je sais que je suis à l’heure

où la camarde fait ses courses

mais que le temps fasse les choses dans l’ordre

sans oublier de faire respecter la liste de mes dernières volontés

en corrigeant l’erreur commise en début d’année sans que j’y sois pour quelque chose

avant que soit dispersé ce qui revient de droit à Cognac.

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Niala-Loisobleu.

2 Octobre 2024

« UN MATIN MORGAN » – NIALA 01/10/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46


« UN MATIN MORGAN »

NIALA 01/10/24

ACRYLIQUE S/TOILE 55X46

Jour de pluie

mes chevaux sortent en plein soleil

c’est l’anniversaire de Morgan

le matin chasse le creux de l’ombre

Mes chevaux. Ils traversent les coteaux d’une vigne à l’autre porter un baiser à l’estuaire

pour que j’alambique mon état cognaçais afin de laisser un peu de cuvée du Petit-Peintre

heureux d’avoir trouvé là le motif qui m’a fait partir de Paris

Le vent disperse, le coeur rassemble

Morgan je te le donne

que le caillou qui édifie ramène les Tours à l’échafaudage.

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Niala-Loisobleu.

1er Octobre 2024

EN DÉPIT DES GOUTTES


EN DÉPIT DES GOUTTES

Bordant la plage déserte, la partie de moi qui reste ancrée au décor romantique d’un théâtre d’ombres ne sombre pas

Depuis l’écume, les marées ont séparé le refuge du port, Antioche a noyé le lieu d’embarcadère. pourtant je m’y rends les yeux fermés

Chaque caillou gardant l’envolée des bons jours, le corps, de retour à la criée, pose entre les planches des cabanes un claquement de mains de la guitare

Est-ce un tort de croire que l’amour ne peut vieillir ?

Liés à ce poteau de vigie, des matins modifient la ligne de vie au creux de la main qui pourtant reste autour du sein

il y a dans cet équinoxe un traducteur de langage qui joue à cache-cache au nom de conventions impossibles

le mal de dos lui n’arrête rien de l’envol des mouettes pour rester au sillage de chaque appareillage.

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Niala-Loisobleu.

1er Octobre 2024