A FLEUR D’ÉCUME


A FLEUR D’ÉCUME

Le carreau de givre de mon marais comme celui tout sale de la cabane, comment pourraient-ils attraper le moindre son dans l’instant d’oubli du monde ? L’un et l’autre ne pouvaient que devenir sourds au bruit de présence comme à l’image d’existence dans un rapport qui ignore l’humain. Toi, je t’ai dans le caillou, Blanche, il est vrai comme l’esprit d’escalier qui se faufile dans tous les terrains plats. Mais mieux vaut se faire fantôme de ce que l’on est, que d’être lambda de ce qui n’offre que de l’inexistant. Ouais, je sais, je vois les épaules des fardiers versant dès la première ornière. Est-ce ma faute à moi, s’ils sont creux au point de ne toujours tomber qu’au fond d’eux-mêmes ? Les morsures de la séparation, je sais le mal que ça fait. Les dents rouillées c’est un piège à ours, mortel. Raison pour laquelle, je nidifie,  toujours dans l’Arbre à Médecine. Le ruisseau laisse toujours son clavier ouvert pour que les doigts du courant appellent aussi l’archet pour jouer ses sonates.

Je me tiens accroché à l’inspiration amoureuse de ton ventre par l’oyat d’un désir plus pugnace qui ne fait pas défaut à la nature. Le Petit-Peintre aux étriers de ta monture passe au travers du plancher du grenier pour sortir tes seins du coffre à jouets. Cette croupe qui s’arrête en gare est prise au lasso du butoir. La mer est montée par-dessus bord, plus haut que le phare, au-dessus des genoux de cet estuaire d’où tout part se laisser aller aux balanciers d’un praho confié à la marée.

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Niala-Loisobleu.

10 Octobre 2024

« LE PEINTRE ET LA MUSE » – NIALA 9/10/24 – ACRYLIQUE 116X89


« LE PEINTRE ET LA MUSE »

NIALA 9/10/24

ACRYLIQUE 116X89


Versé dans le chahut destructeur

d’une tornade à une tempête

qui de l’insoumis à la pute se vautrent dans la roulure d’une enseigne républicaine

j’ai résolu ce dernier témoignage avec ma vision innocemment sereine

Les équinoxes cèdent la place à Niña comme on tend son cul à l’encan

Pourquoi vois-je dans le vol des cendres cette Femme-Phénix mettre ses seins à couvert des branches de l’Arbre-de-Vie ?

Suis trop mécréant pour croire au Messie

mais ce que les Hommes ont trouvé pour n’avoir plus jamais peur c’est l’amour

Celui qui fût l’inspirateur des peintures rupestres des cavernes

la Beauté sans mentir

cette force qui n’entend pas céder à l’impuissance actuelle

Ma Muse, au soleil et sous la lune nulle ombre n’a réussi à t’effacer.

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Niala-Loisobleu.

9 Octobre 2024

L’EMPAN PAR JACQUES REDA


L’EMPAN PAR JACQUES REDA

Mais quelle est la juste distance ?
Il y a celui qui ferme obstinément les yeux, cherchant
La mesure de l’âme comme d’un mur blanc, et l’autre
Qui entre en suffoquant dans les premiers plis de la mer.
Entre eux j’ai posé mon vélo contre un pin violet qui

craque
Et je tiens l’horizon entier dans l’empan d’une main, sous

la fumée
Oblique d’une cigarette.
Mais qui tient
Dans son empan l’incessante mobilité d’insecte où se perd

mon regard.
Et la courbe de mort où s’inscrit la route surgie
Des flots de la forêt vers les frondaisons de la mer ?
Vite j’ouvre les bras pour déborder ce qui m’enferme,
Debout dans l’enjambée du ciel.
Mais que saisir
Et mesurer sinon, au flanc mobile de la dune,
L’empreinte de ce corps que le vent réensevelit ?

Jacques Réda

QUE LA FIN NOUS ILLUMINE – PHILIPPE JACOTTET


QUE LA FIN NOUS ILLUMINE

PHILIPPE JACCOTTET

Sombre ennemi qui nous combats et nous resserres, laisse-moi, dans le peu de jours que je détiens, vouer ma faiblesse et ma force à la lumière : et que je sois changé en
éclair à la fin.

Moins il y a d’avidité et de faconde en nos propos, mieux on les néglige pour voir jusque dans leur hésitation briller le monde entre le matin ivre et la légèreté
du soir.

Moins nos larmes apparaîtront brouillant nos yeux et nos personnes par la crainte garrottées, plus les regards iront s’éclaircissant et mieux les égarés verront les
portes enterrées.

L’effacement soit ma façon de resplendir, la pauvreté surcharge de fruits notre table, la mort, prochaine ou vague selon son désir, soit l’aliment de la lumière
inépuisable.

Philippe Jaccottet

MON REFUS


MON REFUS

Cette marinade de l’aigri dans lequel la vie trempe

où qu’on se tourne aujourd’hui

est le plat sans relief qui gagne au fil des jours

en asphyxiant tout appétit de passer à table

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Peut-être mais en dehors d’émoi

n’avoir que la guerre pour vivre est un crime contre l’humanité

en jouir comme son pain quotidien est d’une pauvreté digne des plus riches

La mort sans le sens du blues où la vie se défend plus forte que tout

quelle névrose hérétique d’une santé en fin de parcours

gardez vos gémissements littéraires pour davantage de foi sans diplôme

ce n’est pas à vous entendre gémir que votre dernière pollution va guérir

Comment en pleurnichant sans agir aurait-on pu ne pas perdre l’amour ?

De ce qui me reste, je suis contre cet état de règlement judiciaire, c’est plus dur de peindre aujourd’hui mais ça n’est pas une raison pour encenser les pleureuses.

Ma Pierre d’Âtre n’est pas le bûcher de mes enfants.

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Niala-Loisobleu.

8 Octobre 2024

LAS DU MAUSADE


LAS DU MAUSSADE

Les eaux rendues 

ah oui marcher dessus

nageoires isocèles

et bateau de papier

l’aquarium défenestré

quand au sable n’écrire qu’à l’entrée du village

de ne pas déranger de la chambre.

Entre un missile et de la pluie, je veux rester que contre toi.

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Niala-Loisobleu.

7 Octobre 2024

« LA CHAMBRE CLAIRE » – NIALA 6/10/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« LA CHAMBRE CLAIRE »

NIALA 6/10/24

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Ce dimanche et son temps de merde

a de quoi mettre le Départ à la Campagne en révolte

C’est chose faite, le tendre sourire de tes grandes lèvres et mon garde-à-vous

donnent à la chambre une clarté intimiste de nature amoureuse

au goût d’exister malgré les dissonances à la mode actuelle

Le village veille au maintien du fonctionnement de la nature

en cantonnant tout trublion au piquet avec plus de 100 lignes à rendre

aux drones-luminaires qui ne quittent pas de l’oeil depuis leur kiosque à musique

céleste.

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Niala-Loisobleu.

6 Octobre 2024

AU CHEVET DES LAMPES


AU CHEVET DES LAMPES

Page cornée, le livre de bord n’a rien à dire à l’heure qu’il est

vu de loin le rail est pris dans une ligne de sommeil

Dans le port les filets n’ont pas gagné le fond des cales

la banalité du ressac tend et relâche les amarres sans marée montante

sans doute est-ce la raison pour laquelle il repleut de plus belle jusqu’au large

L’odeur de fleur qui passe à travers les balustres tire à ailes un désir d’envol appuyé

la proue, en tenant sa figure derrière les prochaines heures, laisse voir les rondeurs de sa poupe, une manière de dire que tout miroir a toujours deux faces.

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Niala-Loisobleu.

6 Octobre 2024

« CAMPAGNE DU DÉPART » – NIALA 5/10/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« CAMPAGNE DU DÉPART »

NIALA 5/10/24

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Au-dessus des campagnes, dans un autre ciel

des stimuli dirigent l’un vers l’autre pour traverser l’amer

L’appeau sort de sous les draps de cette forêt-noire

remonte le travers seins

et tend l’oreille yé

Du campanile dressé la vague qui fait l’âme-soeur au sel

met du matin dans le seoir des creusets.

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Niala-Loisobleu.

5 Octobre 2024

DES NOEUDS DE L’AMOUR


DES NOEUDS DE L’AMOUR

Mosaïques des grands transports

la croisière de Cythère à Pompéi

évoque Aphrodite sans voiles

Et j’ai embarqué

faire étape à l’enseigne du Priape

pour le Bonheur des Dames

Casas grandes ouvertes

En sentant le froid raidir

Petit-Peintre

laisse venir l’effet floral au chevalet

le pinceau dans la libido sans dire un maux.

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Niala-Loisobleu

5 Octobre 2024