DEBOUCHER LE FLACON


ON

DEBOUCHER LE FLACON

Dans la nuit qui se lève

le matin au bord

il ne peut y avoir d’ombre

Une main dans la crinière

je prends le cheval à l’encolure par la montagne

jusqu’au passage dégagé d’un autre poste frontière.

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Niala-Loisobleu.

30 Septembre 2024

CHAQUE IMPRESSION EST À SAISIR


CHAQUE IMPRESSION EST À SAISIR

A l’approche de ma révolution solaire

un oiseau calé sur l’épaule

il me semble que je traverse les miroirs

Je n’ai plus que peindre à mon âge

et le dessin dans son message pourrait venir occuper la toile

Représentation vivante qui partit de la table d’orientation du rivage

il y aura bientôt 91 ans

et garde sa lunette sur la jonction de l’Homme et de la Femme

comme un village blanc à flanc de montagne

avec un cheval saluant à l’entrée en piste pour ma parade

Je crois davantage au trait

celui du burin bleu

dans le flou fumeux qui cerne jusqu’à la ligne d’horizon.

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Niala-Loisobleu.

29 Septembre 2024

GRATITUDE


GRATITUDE

Au milieu de la forêt

je reconnais l’Arbre où venir m’asseoir

il est percé de tant de fenêtres qu’il a un regard rotatif

Sautant les barricades comme la clef des champs, au pentu de La Chaume, un chèvrefeuille abonde de fleurs en avalant le mur

l’Atelier ouvert

La musique qui monte de la fosse de ce matin

caresse le tronc des bouleaux, un cheval sauvage au bord du lac

Je reste assis aux racines de la Seine, tel un carrousel à trois arches

en poussant le cerceau de mon haleine d’enfant qui rejette l’injustice

ému à n’en pouvoir dire

comme quand j’ai vu la première femme se dévêtir pour que je la peigne.

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Niala-Loisobleu.

28 Septembre 2024

« HALTE LÀ ! » – NIALA 27/09/24- ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« HALTE LÀ ! »

NIALA 27/09/24

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Au pied du murmure des vagues

là où l’herbe parfume le ventre

le Petit-Peintre a réunit de quoi faire Halte

quelques chardonnerets diserts en couleurs

cet estuaire et ses huîtres

l’Île

assez de pilotis sur le marais pour joindre une cabane

Résolu la question de la couleur

il est prêt l’artiste quand viendra l’heure

à mettre ses cendres aux courses buissonnières

au rendez-vous de la sérénité éternelle

en rejoignant celles qui sont parties devant.

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Niala-Loisobleu.

27 Septembre 2024

UN TABLEAU DU PETIT-PEINTRE PAR CE CÔTÉ QUI VAUT MIEUX QUE L’AUTRE


UN TABLEAU DU PETIT-PEINTRE

PAR CE CÔTÉ QUI VAUT

MIEUX QUE L’AUTRE

Franchi le rouge, on imagine que la voie est devenue libre

c’est à voir

mais on avance dans le dédale qui en partie demeure

Il me reste tellement d’écume dans la bouche qu’un coup de langue trop hâtif peut renverser le contenu mis dans l’assiette

Mais c’est dans l’accompagnement des herbes, de l’ail, de l’oignon et d’une branche de fenouil que devrait se lier la reconnaissance des choses

derrière l’auxiliaire file un secours en cas de vague vacharde

Les broderies dont tu as ceint ton soutien-gorge n’ont quitté leurs bretelles que pour venir me serrer les mains quand tu as laissé ton torse s’enrouler dans le grand-écart d’un pas dense

J’ignore quel sera le final de la couleur

c’est sans importance, tu te reconnaîtras à la couleur de ton poil.

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Niala-Loisobleu.

27 Septembre 2024

INDISTINCTEMENT


INDISTINCTEMENT

Sous et dans l’uniformité pluvieuse

les cailloux cherchent au fond des poches

la chambre où les escaliers en arrivant au palier s’ouvrait la porte du grenier

dans des malles en osier le roulis de traversée d’une rive à l’autre n’attendait que la coupée se lève.

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Niala-Loisobleu.

26 Septembre 2024

ROUSSE EQUINOXE


ROUSSE EQUINOXE

Mis hors de l’entre deux-âges

hors de portée de Chronos

mon coeur bat la chamade

Alors que la lune jouait sur la balançoire de Janus

le soleil l’a remis à l’endroit de la chromatique des embruns

Les algues cernant le visage tiennent les cerfs-volants de la féminité des colonnes

Crique sauvage ignorée des mouillages des marinas

Que de sel, tu es vivante parmi les vents lâchés sous la protection des pierres levées

Cônes blancs épargnés des vases d’un remugle quotidien

parfum de ces purs matins

venus des sphères poétiques entre deux estrans

trouble perpétuel

tu brilles toute saline aux carreaux

d’une musique de viole de Marin Marais

Serais-tu la dissolution spectrale de l’ombre portée

renvoyée dans ses foyers par le blanc unique

cette marque bleue que la lumière garde en attachement muet des cris d’une nuit où tout c’est fondu en une seule entité

Sur les tamaris courbatus du front de mer

des roseurs de bruyère redressent l’amer en contrebande

Métaphysique  tu es devenue le canon d’un ordre étranger aux couvertures de papier glacé

Cette onde qui porte le silence avec la grâce de l’âme des échos

 Je m’en remets aux lèvres de la vague sans retirer ma langue du fond du récif que tu es devenue

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Niala-Loisobleu

26 Septembre 2024

TOUT A L’ÉCLUSE


TOUT A L’ÉCLUSE

Comme le jour au volet passe j’entrevois par une nouvelle rue un passage dans l’incompréhension

Je retrouve dans une chemise offerte par Jacqueline bien plus de partage que sa fille en doutait en colportant ses cravates

L’Eguille coud véritablement par la fleur de son sel

Tout ce qui manque à la sécheresse d’un jugement arbitraire désassorti de la jolie robe que tu portais

L’élégance d’un plaisir à s’habiller pourrait être plus extrême qu’un arrachage vestimentaire impatient

La cabane, le marais de Moeze-Oléron, Port-des-Barques, tous ses oiseaux blancs frères de nos allées venues à l’estuaire du Mékong proviennent d’un sentiment sans hasard

Là, présentement les trémières te ramènent où j’arrive les doigts sans vernis aux ongles

Les enfants qu’on élève peuvent avoir de bizarres attirances pour le bas

Marchons, voici l’estran qui arrive, on peut voir l’huître s’ouvrir sur Marennes.

Niala-Loisobleu.

25 Septembre 2024