AUTOUR DES MOUCHES


La corde est tellement usée que la mobilisation des mouches vient mettre les vieux films en ligne faute d’avoir du neuf à dire

La 7eme Compagnie…

Abominable réalité mise à rire

Qui m’a conduit a être en Allemagne en troupe d’occupation peu de temps avant de devoir reconnaître une nouvelle alliance européenne

Ah ce que ça colle à une défaite qui a amené elle le fascisme pour faire la Shoah

Je salue de mon silence ce douloureux paradoxe…

Niala-Loisobleu.

3 Juillet 2024

CEZANNE ET LE GOÛT DES POMMES


PAUL CEZANNE

CEZANNE ET LE GOÛT DES POMMES

Natures mortes on ne peut plus vivantes

quelques cruches

aussi des vases

un tissu pour le pli pris par les fruits

la vie jaillit

de la bouteille

A côté de ça

la rondeur du ventre

porte à sortir

les mains de leurs gants

comme un mot cru parle à mon sens de l’amour.

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Niala-Loisobleu.

3 Juillet 2024

CARTES SUR LE TAPIS


Ligne de départ

CARTES SR LE TAPIS

Les choses se passent le plus souvent en dehors du choix qui pourrait changer la configuration des choses. Ainsi durant des siècles l’art fut régi par les rois comme leur droit de cuissage, jusqu’à ce que vienne Cézanne. Un homme naît au sein d’une humanité absente. Refusant les contraintes dirigées par les chapelles où le mandarinat exerce en tous domaines. L’herbe qui pousse passe sous les clôtures et grimpe aux murs. On osait plus y croire tant la main-mise sur la liberté de créer tenait le pouvoir

La grande toile est sortie ce matin comme un signal de départ pour rejoindre le chevalet

Je suis au bout de patienter, il faut que je chasse la raison, faire une grande toile comblera mon désir le plus profond. Un cheval pour me tenir debout. La main-gauche prenant le lin comme un ventre qu’on parcourt, des seins dont on fait le tour pour s’alimenter, finir par trouver la rivière dans les hautes-herbes et franchir les monts du bas du dos. Ne plus attendre, vivre son choix sans avaler les couleuvres qui se glissent en avant des vipères

L’émoi qui se détache de mes yeux signifie au diabète un refus de céder la place. Je ne m’abstiendrai pas de mon idée-femme. Jacqueline maintenant libre des mauvaises langues est débarrassée d’un vote où elle a été malmenée dans une intention coercitive d’une calomnie de famille.

Je la sens débarrassée, il était temps, mais tout arrive

Il me parle, mon père

Et je lègue ce que je lui dois à tous les DENEFLE…

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Niala-Loisobleu.

24 Juillet 2024

ENTRE PRENDRE ET ENTREPRENDRE


ENTRE PRENDRE ET ENTREPRENDRE

Phonétiquement c’est pareil aux programmes des prétendants au trône

la campagne m’appelle au brame de l’animal plus qu’aux cornes du cocu traditionnel

car il y a encore un peu de soleil pour hâler sur une autre plage que celle des naufrageurs.

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Niala-Loisobleu.

3 Juillet 2024

Ô ET DES BAS


Ô ET DES BAS

Appuyé sur la plaque des goûts, je cherche quelle transparence pourraient avoir les consignes de vote pour le second tour. Il s’avère que mon scanner prend la fuite devant les arguments instrumentalement balancés par l’union des éléphants qui ont prouvé plus qu’il ne faut combien ils nous ont promené durant des années. Je laisse mes portes battre Barbe-Bleue sans ouvrir sur des placards dogmatiques. La vérité est violée comme une féministe qui se plaint d’attouchement en se baladant sans culotte. J’ai vraiment plus peur en voyant ce que reflète les visages et les cacophonies qui en sortent que devant la virginité de la nature.

Niala-Loisobleu.

2 Juillet 2024

LA GRANDE GAÎTE – LOUIS ARAGON


LA GRANDE GAÎTE

LOUIS ARAGON

Tous deux crachons tous deux
Sur ce que nous avons aimé
Sur ce que nous avons aimé tous deux
Si tu veux car ceci tous deux
Est bien un air de valse et j’imagine
Ce qui passe entre nous de sombre et d’inégalable
Comme un dialogue de miroirs abandonnés
A la consigne quelque part Foligno peut-être
Ou l’Auvergne la Bourboule
Certains noms sont chargés d’un tonnerre lointain
Veux-tu crachons tous deux sur ces pays immenses
Où se promènent de petites automobiles de louage
Veux-tu car il faut que quelque chose encore
Quelque chose
Nous réunisse veux-tu crachons
Tous deux c’est une valse
Une espèce de sanglot commode
Crachons crachons de petites automobiles
Crachons c’est la consigne
Une valse de miroirs
Un dialogue nulle part
Écoute ces pays immenses où le vent
Pleure sur ce que nous avons aimé
L’un d’eux est un cheval qui s’accoude à la terre
L’autre un mort agitant un linge l’autre
La trace de tes pas Je me souviens d’un village désert
A l’épaule d’une montagne brûlée
Je me souviens de ton épaule
Je me souviens de ton coude
Je me souviens de ton linge
Je me souviens de tes pas
Je me souviens d’une ville où il n’y a pas de cheval
Je me souviens de ton regard qui a brûlé
Mon cœur désert un mort Mazeppa qu’un cheval
Emporte devant moi comme ce jour dans la montagne
L’ivresse précipitait ma course à travers les chênes martyrs
Qui saignaient prophétiquement tandis
Que le jour faiblissait sur des camions bleus
Je me souviens de tant de choses
De tant de soirs
De tant de chambres
De tant de marches
De tant de colères
De tant de haltes dans des lieux nuls
Où s’éveillait pourtant l’esprit du mystère pareil
Au cri d’un enfant aveugle dans une gare-frontière
Je me souviens

Je parle donc au passé Que l’on rie
Si le cœur vous en dit du son de mes paroles
Aima Fut Vint Caressa
Attendit Épia les escaliers qui craquèrent
0 violences violences je suis un homme hanté
Attendit attendit puits profonds
J’ai cru mourir d’attendre
Le silence taillait des crayons dans la rue
Ce taxi qui toussait s’en va crever ailleurs
Attendit attendit les voix étouffées
Devant la porte le langage des portes
Hoquet des maisons attendit
Les objets familiers prenaient à tour de rôle
Attendit l’aspect fantomatique Attendit
Des forçats évadés Attendit
Attendit Nom de Dieu
D’un bagne de lueurs et soudain
Non Stupide Non
Idiot
La chaussure a foulé la laine du tapis
Je rentre à peine
Aima aima aima mais tu ne peux pas savoir combien
Aima c’est au passé
Aima aima aima aima aima
0 violences

Ils en ont de bonnes ceux
Qui parlent de l’amour comme d’une histoire de cousine
Ah merde pour tout ce faux-semblant
Sais-tu quand cela devient vraiment une histoire
L’amour
Sais-tu
Quand toute respiration tourne à la tragédie
Quand les couleurs du jour sont ce que les fait un rire
Un air une ombre d’ombre un nom jeté
Que tout brûle et qu’on sait au fond
Que tout brûle
Et qu’on dit Que tout brûle
Et le ciel a le goût du sable dispersé
L’amour salauds l’amour pour vous
C’est d’arriver à coucher ensemble
D’arriver
Et après Ha ha tout l’amour est dans ce
Et après
Nous arrivons à parler de ce que c’est que de
Coucher ensemble pendant des années
Entendez-vous
Pendant des années
Pareilles à des voiles marines qui tombent
Sur le pont d’un navire chargé de pestiférés
Dans un film que j’ai vu récemment
Une à une
La rose blanche meurt comme la rose rouge
Qu’est-ce donc qui m’émeut à un pareil point
Dans ces derniers mots
Le mot dernier peut-être mot en qui
Tout est atroce atrocement irréparable
Et déchirant Mot panthère Mot électrique
Chaise
Le dernier mot d’amour imaginez-vous ça
Et le dernier baiser et la dernière
Nonchalance
Et le dernier sommeil Tiens c’est drôle
Je pensais simplement à la dernière nuit
Ah tout prend ce sens abominable
Je voulais dire les derniers instants
Les derniers adieux le dernier soupir
Le dernier regard
L’horreur l’horreur l’horreur
Pendant des années l’horreur
Crachons veux-tu bien
Sur ce que nous avons aimé ensemble
Crachons sur l’amour
Sur nos lits défaits
Sur notre silence et sur les mots balbutiés
Sur les étoiles fussent-elles
Tes yeux
Sur le soleil fût-il
Tes dents
Sur l’éternité fût-elle
Ta bouche
Et sur notre amour
Fût-il
Ton amour
Crachons veux-tu bien

Louis Aragon

Extrait de La grande gaieté (1929).

ENTRE LA VITRE ET LE BOIS


ENTRE LA VITRE ET LE BOIS

Ces images que le mastic garde et celles que j’apporte depuis la crémone d’une évasion gagnée

Sans savoir pour combien de temps l’odeur restera par-dessus l’image de la fleur imprimée sur les draps

Du rêve qui vient du rêve qui va des animaux faméliques sautent les lacets de la route de montagne pour voler à pieds nus dans l’espace absolu de la mer

où tout se met en flottage joue contre la plage

l’oreille au sable pour deviner l’heure à laquelle la lune sera à marée

Le chien-assis sur le bord du toit garde le souvenir de toi dans la cretonne de sa mansarde

Et sur l’arêtier un oiseau a écrit sur des feuilles restées cousues par la sève au branchu des veillées devant le feu d’une guitare

Tout ça pour que le vent balance la lumière d’une sorte d’espérance entre la vitre et le bois

en sachant pour quoi la transparence favorise ton corps de sa lingerie

Niala-Loisobleu.

2 Juillet 2024

APPONTAGE


APPONTAGE

Au creux de la main un sein plein s’offre aux jours avenir

tout autour la mer

et sur l’horizon la découpure de l’île se marque

Ici et là les effets désastreux des orages

soulignent l’impériosité de changement

Entre les restes laissés par l’indifférence

j’aborde la sortie des effets de grêle sur ma vigne.

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Niala-Loisobleu.

1er Juillet 2024