La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Les choses se passent le plus souvent en dehors du choix qui pourrait changer la configuration des choses. Ainsi durant des siècles l’art fut régi par les rois comme leur droit de cuissage, jusqu’à ce que vienne Cézanne. Un homme naît au sein d’une humanité absente. Refusant les contraintes dirigées par les chapelles où le mandarinat exerce en tous domaines. L’herbe qui pousse passe sous les clôtures et grimpe aux murs. On osait plus y croire tant la main-mise sur la liberté de créer tenait le pouvoir
La grande toile est sortie ce matin comme un signal de départ pour rejoindre le chevalet
Je suis au bout de patienter, il faut que je chasse la raison, faire une grande toile comblera mon désir le plus profond. Un cheval pour me tenir debout. La main-gauche prenant le lin comme un ventre qu’on parcourt, des seins dont on fait le tour pour s’alimenter, finir par trouver la rivière dans les hautes-herbes et franchir les monts du bas du dos. Ne plus attendre, vivre son choix sans avaler les couleuvres qui se glissent en avant des vipères
L’émoi qui se détache de mes yeux signifie au diabète un refus de céder la place. Je ne m’abstiendrai pas de mon idée-femme. Jacqueline maintenant libre des mauvaises langues est débarrassée d’un vote où elle a été malmenée dans une intention coercitive d’une calomnie de famille.
Je la sens débarrassée, il était temps, mais tout arrive
Il me parle, mon père
Et je lègue ce que je lui dois à tous les DENEFLE…
Appuyé sur la plaque des goûts, je cherche quelle transparence pourraient avoir les consignes de vote pour le second tour. Il s’avère que mon scanner prend la fuite devant les arguments instrumentalement balancés par l’union des éléphants qui ont prouvé plus qu’il ne faut combien ils nous ont promené durant des années. Je laisse mes portes battre Barbe-Bleue sans ouvrir sur des placards dogmatiques. La vérité est violée comme une féministe qui se plaint d’attouchement en se baladant sans culotte. J’ai vraiment plus peur en voyant ce que reflète les visages et les cacophonies qui en sortent que devant la virginité de la nature.
Tous deux crachons tous deux Sur ce que nous avons aimé Sur ce que nous avons aimé tous deux Si tu veux car ceci tous deux Est bien un air de valse et j’imagine Ce qui passe entre nous de sombre et d’inégalable Comme un dialogue de miroirs abandonnés A la consigne quelque part Foligno peut-être Ou l’Auvergne la Bourboule Certains noms sont chargés d’un tonnerre lointain Veux-tu crachons tous deux sur ces pays immenses Où se promènent de petites automobiles de louage Veux-tu car il faut que quelque chose encore Quelque chose Nous réunisse veux-tu crachons Tous deux c’est une valse Une espèce de sanglot commode Crachons crachons de petites automobiles Crachons c’est la consigne Une valse de miroirs Un dialogue nulle part Écoute ces pays immenses où le vent Pleure sur ce que nous avons aimé L’un d’eux est un cheval qui s’accoude à la terre L’autre un mort agitant un linge l’autre La trace de tes pas Je me souviens d’un village désert A l’épaule d’une montagne brûlée Je me souviens de ton épaule Je me souviens de ton coude Je me souviens de ton linge Je me souviens de tes pas Je me souviens d’une ville où il n’y a pas de cheval Je me souviens de ton regard qui a brûlé Mon cœur désert un mort Mazeppa qu’un cheval Emporte devant moi comme ce jour dans la montagne L’ivresse précipitait ma course à travers les chênes martyrs Qui saignaient prophétiquement tandis Que le jour faiblissait sur des camions bleus Je me souviens de tant de choses De tant de soirs De tant de chambres De tant de marches De tant de colères De tant de haltes dans des lieux nuls Où s’éveillait pourtant l’esprit du mystère pareil Au cri d’un enfant aveugle dans une gare-frontière Je me souviens
Je parle donc au passé Que l’on rie Si le cœur vous en dit du son de mes paroles Aima Fut Vint Caressa Attendit Épia les escaliers qui craquèrent 0 violences violences je suis un homme hanté Attendit attendit puits profonds J’ai cru mourir d’attendre Le silence taillait des crayons dans la rue Ce taxi qui toussait s’en va crever ailleurs Attendit attendit les voix étouffées Devant la porte le langage des portes Hoquet des maisons attendit Les objets familiers prenaient à tour de rôle Attendit l’aspect fantomatique Attendit Des forçats évadés Attendit Attendit Nom de Dieu D’un bagne de lueurs et soudain Non Stupide Non Idiot La chaussure a foulé la laine du tapis Je rentre à peine Aima aima aima mais tu ne peux pas savoir combien Aima c’est au passé Aima aima aima aima aima 0 violences
Ils en ont de bonnes ceux Qui parlent de l’amour comme d’une histoire de cousine Ah merde pour tout ce faux-semblant Sais-tu quand cela devient vraiment une histoire L’amour Sais-tu Quand toute respiration tourne à la tragédie Quand les couleurs du jour sont ce que les fait un rire Un air une ombre d’ombre un nom jeté Que tout brûle et qu’on sait au fond Que tout brûle Et qu’on dit Que tout brûle Et le ciel a le goût du sable dispersé L’amour salauds l’amour pour vous C’est d’arriver à coucher ensemble D’arriver Et après Ha ha tout l’amour est dans ce Et après Nous arrivons à parler de ce que c’est que de Coucher ensemble pendant des années Entendez-vous Pendant des années Pareilles à des voiles marines qui tombent Sur le pont d’un navire chargé de pestiférés Dans un film que j’ai vu récemment Une à une La rose blanche meurt comme la rose rouge Qu’est-ce donc qui m’émeut à un pareil point Dans ces derniers mots Le mot dernier peut-être mot en qui Tout est atroce atrocement irréparable Et déchirant Mot panthère Mot électrique Chaise Le dernier mot d’amour imaginez-vous ça Et le dernier baiser et la dernière Nonchalance Et le dernier sommeil Tiens c’est drôle Je pensais simplement à la dernière nuit Ah tout prend ce sens abominable Je voulais dire les derniers instants Les derniers adieux le dernier soupir Le dernier regard L’horreur l’horreur l’horreur Pendant des années l’horreur Crachons veux-tu bien Sur ce que nous avons aimé ensemble Crachons sur l’amour Sur nos lits défaits Sur notre silence et sur les mots balbutiés Sur les étoiles fussent-elles Tes yeux Sur le soleil fût-il Tes dents Sur l’éternité fût-elle Ta bouche Et sur notre amour Fût-il Ton amour Crachons veux-tu bien
Ces images que le mastic garde et celles que j’apporte depuis la crémone d’une évasion gagnée
Sans savoir pour combien de temps l’odeur restera par-dessus l’image de la fleur imprimée sur les draps
Du rêve qui vient du rêve qui va des animaux faméliques sautent les lacets de la route de montagne pour voler à pieds nus dans l’espace absolu de la mer
où tout se met en flottage joue contre la plage
l’oreille au sable pour deviner l’heure à laquelle la lune sera à marée
Le chien-assis sur le bord du toit garde le souvenir de toi dans la cretonne de sa mansarde
Et sur l’arêtier un oiseau a écrit sur des feuilles restées cousues par la sève au branchu des veillées devant le feu d’une guitare
Tout ça pour que le vent balance la lumière d’une sorte d’espérance entre la vitre et le bois
en sachant pour quoi la transparence favorise ton corps de sa lingerie
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