LES RUDERALES – HARRY SZPILMANN


LES RUDERALES

HARRY SZPILMANN

Les rudérales sont des plantes qui poussent en toute liberté sur les terrains en friche, sur les bords des chemins ou dans la proximité de l’habitat humain. Et telle apparaît la parole poétique de Harry Szpilmann, singulière autant que remarquable par la lucidité dont elle fait preuve et la liberté d’expression qu’elle s’autorise. Le monde des Rudérales se construit en réponse à une attente toujours fragile et indécidable, à l’étonnement face à ce qui se montre, la rencontre du réel, sa morsure. C’est toute la présence de l’expérience sensible qui se trouve mobilisée, cependant que cette profusion du regard se double d’une réflexion sur le livre en train de se faire et les possibilités de l’écriture poétique, sa puissance et sa précarité. Pour autant, aussi attentive soit-elle aux ressorts de la parole et à leur soubassement de silence, la poésie d’Harry Szpilmann n’a rien d’un simple jeu formel. Elle se maintient coûte que coûte sur le fil d’une interrogation inquiète, pointant les désastres approchés par l’image, par l’imaginaire, afin de ramener à soi la matière improbable qui insuffle au poème sa chair et son tracé.

Ce poète ébranle ma sensibilité à tel point qu’aujourd’hui j’ai mis une nouvelle toile en chantier en laissant ma main-gauche le suivre, certain, de trouver de qui vivre dans ce genre de friche

Niala-Loisobleu.

21 Juillet 2024

SOUS L’ECORCE


SOUS L’ECORCE

Ces mots de vertèbre laissés en passage

portent du bas du cou au lobe de l’oreille

l’ouverture des fenêtres de la chambre du ventre

Si le vent venu du large fait sonner les seins à la volée

c’est en quelque sorte un bouche-à-bouche qui leur est fait

pour tenir l’oxygène à la hauteur du trajet en corps à parcourir

Sous l’arche pas besoin de billet pour embarquer au nouveau Tour de l’Île

au-delà de la marée basse le père ne partira pas seul.

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Niala-Loisobleu.

21 Juillet 2024

VIE PRIVEE 1 (REPRISE)


VIE PRIVEE 1

Dans le tiroir de la chemisette que je ne mets pas pour aller à la pêche, un jour j’ai mis un bouchon pour que mes affaires ne me fuient plus. Si on pouvait faire pareil avec la mémoire des gens on perdrait moins d’amis, enfin moins de connaissances. Pourquoi j’ai pas de chemise de pêche et pas de canne ? Ah parce que je bois plus…bof, ça ne m’empêche pas d’être saoul du matin au soir si j’allume la radio  –  tous ces mirages que les heures débitent ça pourrait replanter l’Amazonie si on fermait les médias -j’habite un palier de décompression dans le Grand Bleu. Derrière la rampe de lancement des bateaux en papier, avec sans chien et pas plus de chat. Ma voisine a un gros caractère quand elle l’étend après l’avoir mis au rince-doigts je redeviens le petit garçon qui de la rue de Verneuil allait au grand rocher du zoo de Vincennes ceuillir des grimaces. Au travers du mur de refend, l’immeuble est de ces vieilles maisons de nos campagnes, pierre de taille de 0,70, ma voisine me remet l’image et le son à l’heure du repas des grands fauves quand après le jeûne on leur ouvrait Vaugirard avant abattage. Le Lundi c’est là que c’est le plus intense, elle travaille pas les week-ends, ça monte jusqu’aux odeurs.

Si nous n’avions pas nos sens que deviendrions-nous dans ce labyrinthe ?

Niala-Loisobleu

31 Janvier 2015

P.S.: Un homme que j’ai connu au début d’un chemin de vie est mort hier

Seul.

Je l’imagine avec tout autour de lui une odeur de pain. De quoi faire du monde. Cette longue pelle qui rentre dans le four prendre le corps d’un symbole propre à chacun. Il a pétri la vie des années durant avant que le four s’éteigne. Dans le jardin la balançoire passe entre son portique comme un mouvement de recul…

AMOUR AU MENU


AMOUR AU MENU

Le plat des jours monté en soufflé

C’est vahiné

Un collier de fleurs sur la vivacité des seins

Les hanches déboîtées de l’aire de stationnement

De quoi emmener le dimanche à la plage trouver un changement énergétique !

Niala-Loisobleu.

21 Juillet 2024