LE MARGINAL (REPRISE)
Ces jours où la mort, comme on voudrait ne plus la connaître, était collée aux bruits de bottes d’une fin paraissant sans issue, tant la peur sombre et visqueuse la fixait au moindre coin d’existence, remontrent leur rictus. Demain était trop loin pour construire, il fallait s’abriter. On doutait malgré soi de vivre par imposition de privation de liberté. Et pourtant on a refusé de démissionner.
Je me suis marginalisé par foi dans l’espoir, bien qu’entrant pourtant dans un statut social où rien n’était à espérer.
Et je les ai mordu de mes deux pieds, piétinés de mes dents, ces motifs d’abandon.
Vivre ô vivre en les néantisant, naturellement tourné vers le refus de céder, j’y suis parvenu, me séparant de l’inexorable destin humain, qui en définitive se veut faible.
Aujourd’hui, une fois encore j’ai eu la vision d’une abolition des privilèges, d’un saut vers l’égalité entre les êtres au niveau du genre, de la liberté d’expression, des croyances, des couleurs de peau…
A peine m’en suis-je réjoui que j’ai vu l’opposition au changement redresser la tête.
Seul de nouveau, marginal à jamais, rien ne me fera abandonner mon idéal. En pleine possession de mes moyens, je persiste et signe.
Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2016

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