La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Sans que le vent y soit pour quelque chose, le changement qui s’opère se doit aux attentes restées sans réponse ainsi qu’aux maigreurs amenées par la maladie cruelle arrivée au moment où tu sortais de celle que tu repoussais depuis des années
C’est dans le bien que le mal cherche partout à nuire aujourd’hui serait-ce une raison de l’accepter ?
Certes non
Nous n’avons jamais retenu les modes comme modèle
Au contraire
Alors te remplir non comme on gave mais comme on caresse justifie…
Le lin sans dentelles tendu en s’arrondissant le creux des mains à la fleur bleue des chants donne au jour une raison de ressentir l’existence
Peindre c’est écrire
Parler pour dire ce que faire procure de différent est donc au bon sens enrichissant ´
Dans les vents déshydratants du temps qui court sentir en épaisseur donne à boire assez d’eau pour faire nager son corps comme dans le ventre de sa me.
En gardant le fond de pratiques de la ligne droite, l’entrée en pleine courbe amorce une radicale intention de virage dans l’expression. Les dernières années et principalement le tragique événement de Juillet en sont cause
En laissant la somme des impossibles s’associer symboliquement au feu , place est donnée au neuf
Les mots ont largement devancé les actes
C’est naturel que l’on en tire qu’une fatigue nocive qui se tourne vers le changement pour s’en sortir
Paperasserie ton sable-mouvant n’est qu’une pieuvre qui pompe les mots comme des bonbons en gâtant les dents
C’étaient les vacances d’été et de retour. L’après-midi, devant l’hôpital de la naissance : « c’est là que tu es née ». Je les avais filmés, père et mère. Son bras à lui, autour de ses épaules. L’hôpital en fond de cadre et moi en face, leur fille. Un hérisson était apparu la veille dans le jardin. Tout sombre. « En fait, c’est comme un tout petit sanglier ». avait remarqué mon père. « Toi, maman, gris-gris, il te fait peur ? ». « Non. Simplement, je ne sais pas quoi en faire ». Devant la petite affiche dans la rue « Perdu chat tigré peureux maigre, il a une plaie dans la bouche, il est sous traitement », le père avait ri : « on se demande pourquoi ils veulent le retrouver ». J’ai pensé à la nuit grise comme une portée de chats. Au soleil qui chaque matin nous adopte. Le hérisson se cache entre les balais, parce que, a dit la mère, c’est la chose du jardin qui lui ressemble le plus – il cherche ses parents.
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Tu as un casse-noix chez toi ? Et j’ai dit oui -alors que non- à ma mère pensant que c’était pour rien. Et me voilà avec donc sept noix dans mes bagages. Sache donc, fille, que pour chaque réponse en l’air T’attend le poids équivalent De sept inutiles noix beiges.
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N’arrivez pas, mes parents, Avec vos deux vieillesses Pour me creuser des tonnerres de patience Et dénicher parmi moi La grande fille et jeune adulte – J’adresserai encore Aux bords de votre seule grande tombe Un mail impatient Envoyé sans objet À minuit.
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Détourne le flot des douleurs Comme la blague de mon père, quand on se cognait le front au meuble et qu’on allait commencer à pleurer, D’aller consoler le meuble, et alors, plutôt, on riait.
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Ma mère a dit Qu’on est tous Traversés par des espérances très profondes Même ceux qu’on imagine pas, ils sont traversés par des espérances très profondes. Et j’ai regardé ma mère, Et c’était effectivement, sur ou dans elle, Plutôt une espérance que de l’espoir Comme y’a parfois pas besoin du soleil pour que y ait la lumière, tant il a déjà brillé, et la mer suffit à faire le soleil, J’ai regardé ma mère avec son espérance Et comme elle était claire. Et ma mère aussi me regardait. Et ça se voyait Qu’elle espérait pour deux Et que moi, il suffisait de vivre.
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Panier et vieille chaise C’est toujours beau A théorisé ma mère, Sans, elle, prendre comme moi de photo.
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Chapeau sur la tête, ma mère analysait : « En même temps il me protège du soleil Mais aussi il me donne chaud ».
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J’ai écouté une chanson avec mon père Et quelqu’un pleurait Sur nos quatre joues.
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Avec ces chaussures légères, Quand je marche sur les pierres On fait connaissance à chaque pas – A dit la mère avec sa façon très à elle De mystère clair.
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Mon père m’a demandé Tu te souviendras de nous vieux Ou de nous jeunes ? Mais moi j’avais même oublié Qu’un jour il faudrait Seulement m’en souvenir.
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