La rondeur d’état d’esprit


La rondeur d’état d’esprit

Sans que le vent y soit pour quelque chose, le changement qui s’opère se doit aux attentes restées sans réponse ainsi qu’aux maigreurs amenées par la maladie cruelle arrivée au moment où tu sortais de celle que tu repoussais depuis des années

C’est dans le bien que le mal cherche partout à nuire aujourd’hui serait-ce une raison de l’accepter ?

Certes non

Nous n’avons jamais retenu les modes comme modèle

Au contraire

Alors te remplir non comme on gave mais comme on caresse justifie…

Niala-Loisobleu.

31 Août 2023

MINOTAURE PAR ROBERT DESNOS


MINOTAURE PAR ROBERT DESNOS

A manger son propre sang
En tartine sur du pain

A boire l’eau de l’étang

Où les morts prennent leur bain

A prononcer des paroles
Nées de cœurs empoisonnés

A fréquenter les écoles
Des esprits emprisonnés

A marcher sur le chemin
Où l’on marche avec les mains

Le
Minotaure a vieilli
Loin des siens et du pays

Il va retrouver les sphinx
Les licornes et les lynx

Qui lui disent il est tard
Déjà l’on ferme l’enceinte

L’homme salera ton lard
Dans un coin du labyrinthe

Mugis encore si tu peux

Minotaure de rien,
Minotaure de peu

La
Reine couchée dans son lit Écoute un rossignol chanter Écoute aussi la sentinelle
Qui fait les cent pas dans la cour

Cent pas par-ci, cent pas par-là
Une reine et un rossignol
Et le soldat qui sent le rhum
Dans la cour du royal palais

Le soldat couché dans son lit
N’écoute pas chanter la
Reine
N’écoute pas le rossignol
Qui fait les cent pas dans la cour

Et le rossignol dans son nid
N’écoute pas la sentinelle
N’écoute pas même la
Reine
Qui fait les cent pas dans la cour

Cent pas par-ci, cent pas par-là
Voilà bientôt quatre cents pas
Avec les cent pas du passant
Dans ce palais extravagant.

Robert Desnos

« ELLE NE CESSE D’ECRIRE ET JE LE PEINS TOUJOURS… » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« ELLE NE CESSE D’ECRIRE ET JE LE PEINS TOUJOURS… »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

En t’en allant le savais-tu que tu resterais, alors que des gens qu’on ne voyait jamais racontaient à tout le monde que nous nous ignorions..

C’est fou ce que les gens disent n’importe quoi rien que pour être méchants

Je suis épuisé dans tout le temps de cette solitude qui est

sauf quand je vais peindre ce que tu viens de m’écrire et qu’on est seuls à connaître

.

Il me semble doux ce dernier

ce doit-être le pied-de-nez de ma nouvelle expression…

.

Niala-Loisobleu.

30 Août 2023

Changer de Chemise


Changer de Chemise

Le lin sans dentelles tendu en s’arrondissant le creux des mains à la fleur bleue des chants donne au jour une raison de ressentir l’existence

Peindre c’est écrire

Parler pour dire ce que faire procure de différent est donc au bon sens enrichissant ´

Dans les vents déshydratants du temps qui court sentir en épaisseur donne à boire assez d’eau pour faire nager son corps comme dans le ventre de sa me.

Niala-Loisobleu.

30 Août 2023

« RONDE LANGUEUR » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 81X65


« RONDE LANGUEUR »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 81X65

A passer que par ses cahots

l’été étouffe

il faut aller dans l’atelier forger la roue neuve

l’automne sera l’enclume qui videra le grenier usé

le mendiant mis à table

.

Femme personne d’autre que toi

a le pouvoir de faire ça

Muse donne tout ton corps

de la fente jamais sèche de dérèglement climatique

.

Assez du tant rabougri par absence de ponte

l’oiseau vient saillir l’arbre au nid

et sortir Vénus

de la pierre chaude où Excalibure légende.

.

Niala-Loisobleu.

29 Aoùt 2023

Virage


Virage

En gardant le fond de pratiques de la ligne droite, l’entrée en pleine courbe amorce une radicale intention de virage dans l’expression. Les dernières années et principalement le tragique événement de Juillet en sont cause

En laissant la somme des impossibles s’associer symboliquement au feu , place est donnée au neuf

Les mots ont largement devancé les actes

C’est naturel que l’on en tire qu’une fatigue nocive qui se tourne vers le changement pour s’en sortir

Paperasserie ton sable-mouvant n’est qu’une pieuvre qui pompe les mots comme des bonbons en gâtant les dents

A chacun son choix.

Niala-Loisobleu.

29 Août 2023

MA NOUVELLE FORME ENTRE EN COURS


MA NOUVELLE FORME

ENTRE EN COURS

Vénusienne comme une colline à thé vers

La colline alanguie sa rondeur

toutes fleurs à la tige

L’été laisse l’oiseau faire peau-neuve avec l’automne

en venant se nourrir d’herbe-neuve

De la mer sans serviettes pour que le cheval galope…

.

Niala-Loisobleu.

28 Août 2023

POEMES DE FAMILLE PAR MILENE FOURNIER


SE COLTINER GRANDIR, Lurlure, 2022 TERRE A CIEL

POÈMES DE FAMILLE

PAR MILENE FOURNIER

C’étaient les vacances d’été et de retour.
L’après-midi, devant l’hôpital de la naissance : « c’est là que tu es née ».
Je les avais filmés, père et mère. Son bras à lui, autour de ses épaules.
L’hôpital en fond de cadre et moi en face, leur fille.
Un hérisson était apparu la veille dans le jardin. Tout sombre.
« En fait, c’est comme un tout petit sanglier ». avait remarqué mon père.
« Toi, maman, gris-gris, il te fait peur ? ».
« Non. Simplement, je ne sais pas quoi en faire ».
Devant la petite affiche dans la rue « Perdu chat tigré peureux maigre, il a une plaie dans la bouche, il est sous traitement », le père avait ri : « on se demande pourquoi ils veulent le retrouver ».
J’ai pensé à la nuit grise comme une portée de chats.
Au soleil qui chaque matin nous adopte.
Le hérisson se cache entre les balais, parce que, a dit la mère, c’est la chose du jardin qui lui ressemble le plus – il cherche ses parents.

Tu as un casse-noix chez toi ?
Et j’ai dit oui -alors que non- à ma mère pensant que c’était pour rien.
Et me voilà avec donc sept noix dans mes bagages.
Sache donc, fille, que pour chaque réponse en l’air
T’attend le poids équivalent
De sept inutiles noix beiges.

N’arrivez pas, mes parents,
Avec vos deux vieillesses
Pour me creuser des tonnerres de patience
Et dénicher parmi moi
La grande fille et jeune adulte –
J’adresserai encore
Aux bords de votre seule grande tombe
Un mail impatient
Envoyé sans objet
À minuit.

Détourne le flot des douleurs
Comme la blague de mon père, quand on se cognait le front au meuble et qu’on allait commencer à pleurer,
D’aller consoler le meuble, et alors, plutôt, on riait.

Ma mère a dit
Qu’on est tous
Traversés par des espérances très profondes
Même ceux qu’on imagine pas, ils sont traversés par des espérances très profondes.
Et j’ai regardé ma mère,
Et c’était effectivement, sur ou dans elle,
Plutôt une espérance que de l’espoir
Comme y’a parfois pas besoin du soleil pour que y ait la lumière, tant il a déjà brillé, et la mer suffit à faire le soleil,
J’ai regardé ma mère avec son espérance
Et comme elle était claire.
Et ma mère aussi me regardait.
Et ça se voyait
Qu’elle espérait pour deux
Et que moi, il suffisait de vivre.

Panier et vieille chaise
C’est toujours beau
A théorisé ma mère,
Sans, elle, prendre comme moi de photo.

Chapeau sur la tête, ma mère analysait :
« En même temps il me protège du soleil
Mais aussi il me donne chaud ».

J’ai écouté une chanson avec mon père
Et quelqu’un pleurait
Sur nos quatre joues.

Avec ces chaussures légères,
Quand je marche sur les pierres
On fait connaissance à chaque pas –
A dit la mère avec sa façon très à elle
De mystère clair.

Mon père m’a demandé
Tu te souviendras de nous vieux
Ou de nous jeunes ?
Mais moi j’avais même oublié
Qu’un jour il faudrait
Seulement m’en souvenir.

Milène Tournier