La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Y’a pas de langues anciennes C’est la même toujours Pour dire les mêmes peines Jurer les mêmes amours C’est écrit dans vos pages En mieux et bien avant nous Rockstars del Media d’Atge S’endavalèm de vos
Vous c’est un trait de plume C’est le pas des chevaux C’est chanter à vos Dames Tout ce qu’il y a de plus beau Leurs âmes et leurs visages Loin au-dessus de tout Rockstars del Media d’Atge
S’endavalèm de vos
La fille à la fenêtre Qui chante les yeux clos Cherche à se reconnaitre Dans chacun de vos mots Ça vaut bien d’avantage Que le plus lourd bijou Rockstars del Media d’Atge S’endavalèm de vos
Avec pour seule armure La peau d’un tambourin Sous la hauteurs des murs Sous le balcon éteint Où la Belle est en cage Et sans amant jaloux Rockstars del Media d’Atge
S’endavalèm de vos
La filha a son fenestron Canta los uèlhs barrats E dins cada cançon Espera se trobar Aquò val fòrça mai Rockstars du Moyen Age Nous descendons de vous
Jaufré Rudel, Guillaume Bernard de Ventadour Pèire, Bertran de Born Cent autres troubadours On veille à l’héritage Guitares autour du cou Rockstars del Media d’Atge S’endavalèm de vos
Dans la pénombre de circonstance d’un confinement la case pour l’allée cavalière étant passée par maille, le cheval rongeait son frein en coloriant un mandala pour une position amoureuse suggérée par la cellule psychologique veillant sur la crise. Recommander de sortir son humeur plusieurs fois par jour amène à refondre l’état d’esprit ludique mis à l’épreuve. C’est vrai entre le suicide ou se pisser dessus c’est pas mieux que regarder la télé où écouter les princes se nettoyer la Cour. La scène se passe dans l’atelier, devant la Chaume déserte. Je trempe ma main gauche dans une grosse chique de Jaune de Chrome Moyen et l’étale sur un lin de 73×60. La secousse est immédiate, je tremble de tout mon corps. Le choc déclenche le départ des billes je suis un jute-box, je m’allume et cogne en ruant. Voyant quoi elle grimpe la balançoire. Un premier tour et offert et les autres gratuits, on se retrouve comme deux mômes qui ont gardé l’âge de vivre. Entre deux caresses on épingle un Avis d’Appel à la grève avec plus de motifs de préserver la santé. Il était temps. On devenait sans pores d’attaches embarqués à la dérive d’une abstinence fondamentale.
A travers l’orée je sangle l’harnais accroché à ta longue criniere. Un vol de goélands passe en escadrille dans le sillage de la queue ondoyante. Du Rocher où se dresse la balise un veilleur guette les nouvelles sur le tracé de ta ligne de vie en me coupant ta paume en quartiers. L’odeur animale que le roulis de ta croupe déverse le long du passage redresse la végétation piétinée. Le renard s’imagine entré en basse-cour et la belette ne fait rien pour l’en dissuader. Voilà de quoi contrebalancer les fausses-nouvelles qui viennent de partout. Au galbe de tes seins la preuve tombe en tournoyant. J’apaise mes inquiétudes en decouvrant ton regard dans le virage de l’étreinte…
Je rentre dans le ciel bleu D’où chutent les circulations lentes Du soleil Que n’apprivoisent pas celles Plombées mais galopantes Des véhicules en proie A de vertigineuses Courses Vers des horizons serrés Par des ailleurs Improbables Pour un temps apparemment libéré Du travail – mais Qui convoie A l’oubli de l’hier
Mais se retrouver hors des ombres Conduit combien d’hommes A ne rien voir Des variations de la lumière Qui pourraient rythmer Pour eux Une passe lente du temps
Serait-elle vraiment ailleurs Et pour combien d’hommes fiers De leur autonomie ? Lignes de fuite pour échapper Ne serait-ce qu’un jour de plus – A la fixation par la vitesse aveugle De l’intime et secrète vie De leurs désirs
Non ! Prendre au calme soleil Prendre à ce jeu d’ombres et de lumière Glaner tranquillement sa durée Ses formes en douces stries Variables et musicales Sur les murs Secrets Sur les fenêtres sorcières Sur le macadam Fiévreux Sur les herses d’arbres dénudés
En saisir ainsi de l’inamovible Règne courant immobile Du travail : L’univers des songes et laisser Fluctuer le sauvage Cours du monde
Ne pas tomber dans ce semblant imperturbable Et obscur – d’une réalité dévolue Au trafic Mais l’oubli qui ne crie pas Qui ne chante pas ? : L’oubli de l’oubli Fondu Dans un soleil comateux de l’être Il court vers les nids Repus Du laisser paraître
O Temps des vitesses qui ne s’accordent Qu’avec la rotation à sens perdu Fermé à tout horizon De la ville !
O Temps de tous les paraîtres Infirmes de leurs pensées oubliées Vite – très vite !
Le trafic est là Mais la totonomie se blesse Dans les fractures Insondables Des cœurs Ah ! Lancer son char comme en triomphe Total de l’autonomie
Chaque course en vedette de soi-même Chaque voyage charriant les nerfs A bout de corps fendus Dans l’enfer Du mobile tendu Par la soif De la fuite Sans rémission autre Que l’infecte paradis Du tout consommable
Et cela consume – paralyse Pensée- Amour – Désir Et cela tue le possible Partir à jet continu Éjaculer l’instant Comme si c’était A chaque fois Le dernier soupir des dieux Ne jamais entrevoir Un ciel autre Que dans la tempête intériorisée De l’oubli de l’oubli Pourtant … Ah ! Couper court à tout ce fictif Devenu réalité et … : Traverser l’instant Jusque dans la fidélité A l’éveil Où demeure tout guetteur De tout hasard Constructif
Chercher cependant la chair des âmes Comme si jamais elle ne devait Scissionner Et … Là – dans la présence au monde Pourrait alors souffler Aux lèvres Le doux bruit Du temps d’un baiser Livré aux passades concrètes Du désir demeuré Désir
Mais trop attendre et juste vouloir Sauter dans la jouissance Dès que l’on vous L’ouvre : Cette porte – c’est se livrer Aux promesses du trafic Et courir tout droit Vers la désespérance ! O Combien Obsédante avec sa nostalgie Des songes jamais Réalisés que Dans l’aboiement feutré Du plaisir arraché Au long désir Pour décharner ce qui pèse : Cette indépendance Solaire D’un corps demeuré corps Dans la pensée.
Alain Minod
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A Propos
« La ville où le nulle part a lieu » Édition Librairie Galerie Racine « La ville où le nulle part a lieu » – sous-titre : « Le proche et le lointain » Collections Poètes des Sans Continents Éditions POLLYGLOTTEVoir la biographie et les textes de cet auteur
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