IL ETAIT…HEIN


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IL ETAIT…HEIN

 

Les billes roulent par le tunnel

train mécanique

la fée électricité

Fouille dans les archives

Un tracé de craie marelle

blanchit

l’éléphant rose

qui est libéré

et la seringue avec le cannabis et son jardin de reptiles jetés à la face de  l’irresponsabilité numérique, intelligence artificielle et abonnés compris.

 

 

Niala-Loisobleu – 24 Août 2020

L’EPOQUE 2020/37: LES ENFANTS DE GAÏA 3


L’EPOQUE 2020/37: LES ENFANTS DE GAÏA 3

 

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-septième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES ENFANTS DE GAÏA 3  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/37

« Les enfants de Gaïa 3 »
 
Niala
 
Acrylique s/toile 61×50
 
 
 
 
 

Si la pensée d’une vie

Ne peut tenir tout entière en l’homme

Mets ta tête entre mes bras

Personne ne commence là où il veut

Autant choisir là où l’on va

Il y a pourtant des chemins de transparence

Que je tire de tes yeux comme un fruit lourd

Il s’exprime du dedans c’est une pomme

Et je veux fonder à nouveau

J’ai fui j’ai failli fuir je reviens

Pour ces enfants-là

Leur élégance d’oiseaux devant les fumées d’incendies

Leurs concerts de canons délicats dans les branches

Métissés d’aurores à coups de poings et de jouir joyeux

Quand le pur azur s’abrège demeure ce pays d’orgues blanches

Ce paravent forcené d’arbres et de lupins

Derrière lequel tu laisseras mûrir  ton amour

Silencieux comme un jus fragile

 

Barbara Auzou.

 

REGARD TRAPEZISTE


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REGARD TRAPEZISTE

 

 

Je me tourne vers moi, des yeux que la marche a rempli, me déchausse, un cil de toi se frotte , dévisse le tube, prend le chiffon, et choisit son pinceau

le peau d’eau est clair

un peu manifesté, le petit grain de sable est là au coin comme de la pâte d’oie

mais j’ai la poitrine d’une chemise propre pleine de fleurs

quant à lui, le coeur, une moustache sous le né

comme accompagné du chien, il contourne tout sucre tendu pour le saut et coupe le filet

l’élastique toi seule sait comme je raffole de son sceau

reste tapie nue je peins des nouveaux transes pores

mes paupières s’en soulèvent…

 

Niala-Loisobleu – 23 Août 2020

ENFANCE


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ENFANCE

 

Mon enfance

Au matin, ma mère levait les persiennes vertes

et rangeait du linge frais dans les armoires

Je me regardais dans la glace pour voir le fond de ma

bouche et je prenais le mannequin d’osier pour un squelette de

femme

Je conduisais ma vie comme un cerceau léger

Le cerceau et l’escarpolette

j’ai toujours eu l’esprit tourné vers

les lois qui régissent l’univers

L’été, on partait en
Suisse

soleil

les poteaux télégraphiques chantaient le long des routes

Un petit hôtel dans la montagne

Mon petit frère pissait dans le chapeau de la
Fraulein

et lorsqu’elle s’emportait, il lui répliquait:
Nein.

Puis le retour des classes

Une tache d’encre

sur la fraîche joie de vivre

et l’école buissonnière dans les banlieues

Mon père jetait sur moi un regard de pitié:

tu es un infortuné gosse

qui n’es pas né pour le négoce

La gare du funiculaire

myrtilles

grillon

Maman, il pleut des gouttes et il fait des éclairs.

 

Paul Neuhys

L’EPOQUE 2020/36: LES ENFANTS DE GAÏA 2


 

L’EPOQUE 2020/36: LES ENFANTS DE GAÏA 2

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-cinquième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES ENFANTS DE GAÏA 2  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 


L’EPOQUE 2020/36″Les enfants de GaÏa 2″ –  Niala – Acrylique s/toile 92×73

 

 

Il est des gestes poussés sur l’intime pourtant

qui semblent faits pour créer l’autre côté des nuits

et les fleurs reviennent toujours à la bouche où elles ont fleuri

La main sur la fureur douce des flancs j’ai vu un matin

les cuisses musclées de la joie se dresser sur une terre mal fagotée

pour réclamer l’aube du corps sans atours

Des roues de vins clairs tournaient alors entre des roseaux ravis

et les soleils se recomposaient tout en lenteur sableuse en mers reculées

 en sexes d’oiseaux

De fruits superposés en confidences 

de confidences en testament

comme il a fallu que je vous pense bien haut

mes enfants pour que vous soyez là suspendus à l’arbre de votre propre vie

avec vos roitelets dans la voix qui tomberaient en saison

pareilles aux nôtres dans les graves éblouis de l’amour

 

Barbara Auzou.

Condolence» par Benjamin Clementine


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Condolence» par Benjamin Clementine

 

I swear that you’ve seen me
Je te jure que tu m’as vu
Yes you’ve seen me here before, before
Oui tu m’as déjà vu ici autrefois, autrefois
And so don’t tell it
Et ne le dis pas
Don’t tell it otherwise
Ne le dis pas, sinon
This voice, this particular voice
Cette voix, cette voix particulière
Yes you’ve heard it before, before
Oui tu l’as déjà entendue autrefois, autrefois
And so don’t you dare tell it
Et tu n’oses pas le dire
Don’t you dare tell it otherwise
Tu n’oses pas le dire, sinon

No wonder why the road seems so long
Je ne me demande pas pourquoi la route semble si longue
Cause I have done it all before
Car je l’ai déjà prise auparavant
And I won
Et j’en suis venu à bout
You felt this feeling
Tu as connu ce sentiment
Tell me, don’t be ashamed
Dis-moi, ne sois pas gêné
You felt it before, before
Tu l’as ressenti autrefois, autrefois
And so don’t tell it
Et ne m’en parle pas
Don’t tell it otherwise
Ne m’en parle pas, sinon
I almost forgot, foolish me
J’ai presque oublié, je me mens
I almost forgot, forgot
J’ai presque oublié, oublié
Where I’m from you see the rain
D’où je viens on voit la pluie
Before the rain even starts to rain
Avant même qu’elle ne commence à tomber
Before I was born there was a storm
Avant ma naissance il y avait une tempête
Before that storm there was a fire
Avant cette tempête il y avait un feu
Burning everywhere, everywhere
Brûlant partout, partout
And everything became nothing again
Et tout est redevenu poussière
Then out of nothing
Et puis sorti de nulle part
Out of absolutly nothing
Sorti d’absolument nulle part
I, Benjamin, I was born
Moi, Benjamin, je suis né
So that when I become someone one day
Pour que le jour où je deviens quelqu’un
I’ll always remember I came from nothing
Je me rappelle à jamais que je ne suis parti de rien

 

 

 

 

DES BUEES D’ANEMONES


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DES BUEES D’ANEMONES

 

Riches fleurs du pauvre qu’une tige serre au poignet

bras scellés

au vase des larmes

Coin de table

chevet

travers seins

asparagus retenu à quai chez le fleuriste

Au bout de la pointe

l’oiseau crève l’oeil noir

et hisse en

rouge carminé

bleu outremer

violet foncé

l’effacé de la grandeur miserere

La voile azur carguée au mât des cornes

sabot du sombre gardé en traîne du trémail

remontant des villages blancs des ors du sable rougi de sang…

 

Niala-Loisobleu – 22 Août 202