L’EPOQUE 2020/39: LES ENFANTS DE GAÏA 5


L’EPOQUE 2020/39: LES ENFANTS DE GAÏA 5

 


Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-neuvième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES ENFANTS DE GAÏA 5  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 

 

L’EPOQUE 2020/39″Les enfants de Gaïa 5″ – Niala – Acrylique s/toile 61×50

 

 

Bleus pareils

On a d’abord crié pour dire le monde

Puis on a ri par insouciance on a multiplié les soleils

Fermé les yeux devant le déluge des fondations

Les saisons toujours précédant les saisons

D’un empan et d’une impermanence

De destins en glissades de glissades en trébuchements

Le monde avait vieilli ses instincts les meilleurs s’étaient tus

Et c’est vers toi que je suis venu comme un grand chien

Qu’interpelle la nuit définitive

Toi tu n’avais pas grandi et tu regardais tourner

L’autre douleur du vivre qui cultive la persistance

Des enfants tristes

Ensemble on a mendié les ardeurs oubliées du vert

Rappelé les passions premières laissées à l’écurie des hommes

Tu as levé des pommes sur l’arbre intercesseur

J’ai réveillé les tambours des rêves immodérés

Pour eux tu as renfloué le grenier de la peau

J’ai remis d’aplomb les jambes du cœur

Ô comme il nous aura occupé cet ici-maintenant de l’amour

Capable de tout donner dans une restriction qu’aggrave chaque jour

La disparition programmée des oiseaux !

 

 

Barbara Auzou.

9 réflexions sur “L’EPOQUE 2020/39: LES ENFANTS DE GAÏA 5

  1. Remettant d’aplomb les jambes du coeur
    je sais que l’on fait face à la grande mécanique
    qui nous broie
    et il faut nous éprendre meme si l’espoir est menu
    ici-bas…
    Pour les enfants de Gaia…Montrer que l’on est doué pour le bonheur…
    Qu’il est des êtres capables de donner tout….

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  2. Donner sans vouloir se mettre à la mode restrictive du monde
    seulement conter
    Parce que s’il faut inventer
    dire l’amour finit par exister en véritable partage
    La mer est davantage qu’une plage
    la limiter à sa serviette ne mène nulle part…

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    • Ma,
      Je trouve que le désir que tu m’exprimes a plus que de louable
      j’irai jusqu’à lui lui retenir la salle de travail…
      N-L

      ÉPILOGUE

      Né coiffé, ton garçon est né coiffé,
      Diani !

      et les dix orteils en avant comme pour mourir !

      on planta sous un bananier

      le placenta de sa venue au monde :

      il porte ainsi un tempérament de maître-coq

      avec de la croûte et de la mie de pain

      autour de ses éperons attendris du soir.

      Il eut à mener au fouet et au feu

      le manioc en colère de ses jours

      le voici qui passe le mors du sage

      au poulain le plus emballé de ses rêves.

      A son temps d’arbre à régimes de fruits

      il laisse tout le temps qu’il faut

      pour se changer en un parler de papa-fleuve :

      un papa-fleuve c’est long à raconter

      quand toute la souffrance de la mer

      reste complice de ses vieux os de fleuve.

      Il se tient debout au plus haut de la crue

      où un cœur inconsolé d’animal marin

      alimente son dernier galop de sève.

      René Depestre

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