Mois : juillet 2020
LE BÂILLON SUR LA TABLE
LE BÂILLON SUR LA TABLE
Ancien acteur qui joue des pièces d’eau
De vieilles misères bien transparentes
Le doux fer rouge de l’aurore
Rend la vue aux aveugles
J’assiste au lever des murs
A la lutte entre la faiblesse et la fatigue
A l’hiver sans phrases.
Les images passées à leur manière sont fidèles
Elles imaginent la fièvre et le délire
Tout un dédale où ma main compliquée s’égare
J’ai été en proie il y a longtemps
A des hallucinations de vertus
Je me suis vu pendu à l’arbre de la morale
J’ai battu le tambour de la bonté
J’ai modelé la tendresse
J’ai caressé ma mère
J’ai dormi toute la nuit
J’ai perdu le silence
Voici les voix qui ne savent plus que ce qu’elles taisent
Et voici que je parle
Assourdi j’entends pourtant ce que je dis
En m’écoutant j’instruis.
Paul Eluard
L’ESCALIER
L’ESCALIER
Juste avant d’fermer la porte
J’me d’mandais c’que j’oubliais
J’ai touché à toutes mes poches
Pour comprendre que c’qui m’manquait
C’était ni ma guitare
Ni un quelconque médicament
Pour soulager quelques souffrances
Ou pour faire passer le temps
Pis tout au long de l’escalier
Que j’ai descendu lentement
Parce que sans raison j’aurais r’monté
Parce que sans raison j’allais devant
J’étais tout à l’envers
Parce que c’qui m’manquait
C’t’ait par en-dedans
J’me sentais seul comme une rivière
Abandonnée par des enfants
Et pis le temps prenait son temps
Prenait le mien sur son chemin
Sans s’arrêter, sans m’oublier
Sans oublier de m’essouffler
Y a pas longtemps j’étais petit
Me voilà jeune mais plutôt grand
Assez pour voir que l’on vieillit
Même en amour, même au printemps
Alors voilà je me décris
Dans une drôle de position
Les yeux pochés et le bedon
La bière s’ra pas la solution
J’aimerais plutôt que cette chanson
Puisque c’est de ma vie qu’il est question
Finisse un soir dans ma maison
Sur un bel air d’accordéon
Pis les enfants c’est pas vraiment, vraiment méchants
Ça peut mal faire ou faire mal de temps en temps
Ça peut cracher, ça peut mentir, ça peut voler
Au fond, ça peut faire tout c’qu’on leur apprend
Mais une belle fin à cette chanson
M’impose de dire c’que j’aurais dit
Si j’avais pas changé d’avis
Sur le pourquoi de mes ennuis
Ben oui, j’allais pour me sauver
Vous dire comment faut être indépendant
Des sentiments de ceux qu’on aime
Pour sauver l’monde et ses problèmes
Qu’il fallait surtout pas pleurer
Qu’à l’autre chanson j’m’étais trompé
Comme si l’amour pouvait m’empêcher
De donner mon temps aux pauvres gens
Mais les héros c’est pas gratis
Ça s’trompe jamais, c’t’indépendant
La gloire paye pour les sacrifices
Le pouvoir soulage leurs tourments
Mais oui, c’est vous qui auriez pleuré
Avec c’que j’aurais composé
C’est une manière de s’faire aimer
Quand ceux qu’on aime veulent pas marcher
J’les ai boudés, y ont pas mordu
J’les ai quittés, y ont pas bougé
J’me sus fait peur, j’me sus tordu
Quand j’ai compris chu r’venu
J’les ai boudés, y ont pas mordu
J’les ai quittés, y ont pas bougé
J’me sus fait peur, j’me sus tordu
Quand j’ai compris chu r’venu
Quand j’ai compris que j’faisais
Un très très grand détour
Pour aboutir seul dans un escalier
J’vous apprends rien quand j’dis
Qu’on est rien sans amour
Pour aider l’monde faut savoir être aimé
J’vous apprends rien quand j’dis
Qu’on est rien sans amour
Pour aider l’monde faut savoir être aimé
Paul Piché
EVOCATION

EVOCATION
Mâché des deux mains avant qu’il plonge
patte à papier
une fraise au mortier
l’erre enfin penchée se fixe au Centre
comme le fruit étire son poids
au fil de la longue couture des jours
le sein tambourin approfondit la résonance échappée
d’un oiseau
l’air pesant se déleste des maux
sans se laisser reluquer
la virginité renaît hennit toute concupiscence
Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2020
VERDE – ANA BELEN Y MANZANITA
Verde
Verde, que te quiero verde,
verde viento, verdes ramas
el barco sobre la mar,
el caballo en la montaña
verde, que yo te quiero verde
Con la sombra en la cintura
ella sueña en su baranda
verde carne, pelo verde
con ojos de fría plata,
verde, que yo te quiero verde
Compadre quiero cambiar
mi caballo por tu casa
mi montura por tu espejo
mi cuchillo por tu manta,
verde, que yo te quiero verde
Compadre vengo sangrando
desde los puertos de Cabra
y si yo fuera, mocito,
este trato lo cerraba,
verde, que yo te quiero verde
Pero yo ya no soy yo,
ni mi casa es ya mi casa
Dejadme subir al menos
hasta las altas barandas
verde, que yo te quiero verde
Compadre quiero morir
decentemente en mi cama
de acero si puede ser
con las sabanas de holanda
verde, que yo te quiero verde
Compadre, donde está dime,
donde está esa niña amarga
cuantas veces la esperé
cuantas veces la esperaba
verde, que yo te quiero verde
Verde, que te quiero verde,
verde viento, verdes ramas
el barco sobre la mar,
el caballo en la montaña
verde, que yo te quiero verde
vert
Vert je te veux vert,
vent vert, branches vertes
Le bateau sur la mer,
le cheval sur la montagne
vert, je te veux vert
Avec l’ombre à la taille
elle rêve sur sa balustrade
viande verte, cheveux verts
aux yeux d’argent froid,
vert, je te veux vert
Copain, je veux changer
mon cheval pour ta maison
ma monture près de ton miroir
mon couteau pour ta couverture,
vert, je te veux vert
Compadre je viens saigner
des ports de Cabra
et si j’étais, mon garçon,
cet accord l’a clôturé,
vert, je te veux vert
Mais je ne suis plus moi
Même ma maison n’est plus ma maison
Laisse-moi monter au moins
jusqu’aux rampes hautes
vert, je te veux vert
Compadre je veux mourir
décemment dans mon lit
l’acier s’il peut être
avec les draps hollandais
vert, je te veux vert
Compadre, où est-ce me dire,
où est cette fille amère
combien de fois ai-je attendu pour elle
combien de fois ai-je attendu pour elle
vert, je te veux vert
Vert je te veux vert,
vent vert, branches vertes
Le bateau sur la mer,
le cheval sur la montagne
vert, je te veux vert
FAIT DE MAINS

FAIT DE MAINS
Bruit de machine
insulte
Là où la fourmi travaille en silence des millions de sans emploi passent et repassent dans un vacarme lucratif
J’ai croisé mes mains comme tu aimes
et t’ai mis mon silence en entonnoir.
Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2020
FLEUR DE CONQUE

FLEUR DE CONQUE
En disant cette chaleur de parking, j’avais les fleurs d’un jardin bien ouvertes dans la tête
Quelque chose de fantastique
de l’Odilon Redon
Arum
comme un fameuse fontaine
Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2020
TOILETTE

TOILETTE
Fraîcheur plombée
dans un air conditionné
le jour se passe la langue sur la paresse du levé
d’un lancé de s’aima fort
Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2020
Oh! dis-moi, mon amie, mon aimée ancienne…Antonio Machado
BOULEVARD DU DOS

BOULEVARD DU DOS
Des fenêtres qui se cachent
derrière
des linges, jardinières ou jalousies
vas savoir
la rue se croit tout permis
je garde les yeux entre les joints du pavé
d’où sort la musique de tes pas
les vitrines racolent
je m’isole
assis sur le bord du bassin
colibri au gîte de la voile
fleur à l’oreille
perché sur tes épaules
pour ne dire qu’au coin du cou
sous la nuque
ta colonne de la main gauche
la droite à l’italique de l’hanche.
Niala-Loisobleu – 19 Juillet 2020

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