Jour : 19 juillet 2020
BOULEVARD DU DOS

BOULEVARD DU DOS
Des fenêtres qui se cachent
derrière
des linges, jardinières ou jalousies
vas savoir
la rue se croit tout permis
je garde les yeux entre les joints du pavé
d’où sort la musique de tes pas
les vitrines racolent
je m’isole
assis sur le bord du bassin
colibri au gîte de la voile
fleur à l’oreille
perché sur tes épaules
pour ne dire qu’au coin du cou
sous la nuque
ta colonne de la main gauche
la droite à l’italique de l’hanche.
Niala-Loisobleu – 19 Juillet 2020
LE PAPILLON VINT
LE PAPILLON VINT
[…] j’avais la sensation qu’une belle fiole en cristal s’était brisée,
que le parfum s’était répandu sur l’étalage poussiéreux.
Tous ceux qui passaient hésitaient vaguement un instant,
ils humaient l’air, se remémoraient un souvenir heureux
puis disparaissaient derrière les poivriers ou dans le fond de la rue.
Ce parfum, par moments, je le sens encore — je veux dire que je m’en souviens;
n’est-ce pas étrange?
— les événements que nous qualifions habituellement de graves s’évanouissent, s’éteignent —
le meurtre d’Agamemnon, l’égorgement de Clytemnestre
(on m’avait envoyé de Mycènes un beau collier de petits masques en or
réunis par leurs oreilles à l’aide d’anneaux
— je ne l’ai jamais porté). On les oublie;
d’autres, au contraire, accessoires, insignifiants, subsistent;
— je me souviens d’avoir vu un jour
un oiseau posé sur le dos d’un cheval;
et ce fait inexplicable me semblait m’expliquer (à moi seule entre tous)
un beau mystère
Je me souviens aussi, enfant, sur les rives de l’Eurotas,
auprès des tièdes lauriers-roses,
du bruit d’un arbre qui se dépouillait tout seul;
ses écorces tombaient mollement dans l’eau,
voguaient comme des trières, s’éloignaient,
et moi j’attendais qu’un papillon noir à rayures orange
vienne à tout prix se poser et s’étonne de se voir bouger
alors qu’il resterait immobile;
cela m’amusait que les papillons, avec toute leur science du ciel,
n’aient aucune notion de voyage au fil de l’eau et de navigation.
Le papillon vint.
Yannis Ritsos

Les rives du Douro – Antonio Machado
Mon amante a les vertus de l’eau – Victor Segalen
JARDIN RESPIRABLE

JARDIN RESPIRABLE
D’un bout à l’autre mon jardin parcouru avant la coulée de plomb, dispense ses trésors vers un désir d’être dans la présence effective
A sa manière de sourire quand je l’arrose
je le crois décidé à franchir les laves d’un jour difficile …
Niala-Loisobleu – 19 Juillet 2020

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