AZULEJOS


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AZULEJOS

Les ocres des terres cuites mêlent ce que le feu possède de pouvoir  de  rétention à la forme charnelle des jarres

Les collines ondulent en remontant les hanches dans des transports de silhouettes ramassant la nature au passage

L’olive balance son épaisse chevelure

Le vin y déverse ses ivresses

Et la poussière des galops que les chevaux soulèvent tient la discrétion des nomades à l’écart des inopportuns

Le fleuve qui me va des veines aux entrées souterraines d’un refus sauvage trouve son embouchure aux quais d’un port mis à l’ancre  d’une île cachée

Et ce depuis une traversée assez longue pour en avoir retenu l’écho-système ainsi que la paille locale à tresser les chapeaux. La couleur des peaux donnent aux yeux des variétés de fleurs conforme à l’odorat de sa faune

Bleu sur fond blanc l’azulejos grimpe aux façades des rues de Lisbonne à bord d’une chanson d’amour que la vie malmène. En prenant la mer le fado garde une part des cargaisons d’esclaves. Désespoir auquel l’homme apporte le bleu nécessaire

Ôte ta chemise et rends-là aux touffes du coton, le dos pliera en chantant dans la peine son désir d’aimer comme seul sens qui vaille

Bois un coup du sang de la terre il a été greffé aux poignets des grappes humaines qui l’ont précédé

J’ai cette  folle ivresse en besoin au fond de la gorge-soute du vieux grément qui migre…

Niala-Loisobleu – 9 Mai 2020

 

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