
VENELLE AVENUE
En s’enfuyant le serpent à tiré les ronces et les étocs. Tu n’avais plus de voix alors et avec tes cordes retendues tu as chanté d’un bond
Retournant le carton où j’avais rangé mes cubes, je pris des maisons sans hasard
Hautes comme les endroits que les aigles préfèrent, j’en posais ci-et-là, contre ces arbres à moulins qui recueillent les blés d’en-bas
Rouges à la poitrine de coquelicots sauvages, comme le chant du coq alors qu’il fait encore froid de nuit
Une cosmogonie à l’épaule, tu es au Centre, le feu monte
en cascade les eaux de ton ventre arment la tige des menthes poivrées
Les murs se touchent, façades en mains sur le cerne des yeux égarés, sécurisés par la capture des pièces faites par les seins longs, larges, s’étalant au tombé de chaque note de musique
Une grappe d’enfants sort en tonnelle ombilicale, d’un nu égal par devant et par derrière indiquant le genre sans étiquette à l’orteil
De leurs petits doigts boudinés ils peignent le mouvement floral d’un repas d’abeilles
Une vieille femme déride de sa beauté intérieure le fond des tiroirs-secrets d’un meuble vénitien. A ses flancs vont et viennent en balancement les désirs assujettis à l’art de vivre
La barbe du vieil homme a taillé la carrière en espaliers de rizières, pour le grain des mariages.
Haut les voiles !
Niala-Loisobleu – 03/04/20
Des petits soleils vers se sont multipliés sur l’enfant qui a maintenant deux ans…
Il grandit nu et fort de ses choix…
J’ai changé d’appui et de chemin
pour une hirondelle pressentie multiple
qui mesurait le jour sur un autre bord
cherchant le flux égal à ce qui fuit
débarrassée enfin du tablier d’usage.
Et je suis remonté nu dans l’image.
Je me souviens de tout et ma main
dessine la courbe lente de mon fleuve d’or.
Du paradoxe de connaître la rondeur infinie
qui creuse pourtant l’inconnu encore.
J’ai allumé la lampe sur le sein de l’heure fébrile
brisé la faïence rompu le pain façonné l’argile
de nos existences qui prenaient les contours très fins de l’éternité
suspendues à des globes lourds et graciles.
Il dort derrière la barrière protectrice de nos cils
des années de soleils tendus vers des jardins transfigurés
qui se balancent dans la lumière de leurs tiges mêlées.
Barbara Auzou
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Les lèvres soudées à la ventouse des saisons vivent à pleins poumons d’égale respiration
Les reins liés aux marées bercent les enfants de lune émancipatrice
Le voyage à bord des courants d’art…
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Tout schéma disparaît, tout devient naissance, enchantement poétique éliminant le vulgaire usage…
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