L’EPOQUE 2020/8 -« ESPACE »


L’EPOQUE 2020/8 -« ESPACE »

Après les Époques 2018 et 2019, voici le septième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : ESPACE . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

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L’EPOQUE 2020/8

« ESPACE »

Niala

Acrylique s/toile

ESPACE

Je n’ai pas toujours su étonner l’oiseau

Qui comblait le vide de mes pensées

Et à peine éclose de son absence

J’écrivais aux bernaches

Pour que l’on m’arrache d’un temps

Qui me mangeait

Et me faisait vivre de profil

Dans les trouées décisives et nues

Des raisons d’être

Loin tellement loin des roses

Alors je lui réclamais l’espace

Et la nécessité des mains

Que je lui abandonnais

Donnait naissance à des fenêtres

A des maisons

Qui deviendraient loin des villes

La matière amoureuse que l’on pénètre

L’haleine doucement chantante d’une vie facile

Barbara Auzou.

PAPIER JOURNAL


Malgorzata Lazarek - Google Search

 

PAPIER JOURNAL

 

Comme du laçage des blés l’accordéon la déplie

du coin de porte-cochère pour trouver le coquelicot épanoui

Quelques pièces du dernier poème sont tombées dans l’étui à violon

Laisse ton menton appuyé à l’horizon

 

Niala-Loisobleu – 26 Mars 2020

MARINE AMARRE


MARINE AMARRE

Un seul Capitaine

le fond tenu entre deux mains peignant ses algues abdominales

Une coquille de fleur souffle ses mouvements d’anémone

au jeu des bulles pour faire sourire l’enfant qu’elle porte

Le trait d’argent brun et rose qui apparaît en nage vit dans son paysage subaquatique

sous lui une épave, les dernières guerres finissent par mourir

alors que les spermatozoïdes jouent à la marelle en suivant le compas

Ma Néréide sort du sable à l’estran..

Niala-Loisobleu – 26 Mars 2020

PATCHWORK


PATCHWORK

 

Jeu de massacre

René Clair m’entraîne Boulevard du Crime

la cage ouverte a libéré l’oiseau

il est mort par défaut d’ailes

Laissant Guignol à Lyon, par la bonne traboule me suis retrouvé dans mon Paname

le marché noir infeste sans localisation particulière

Cette tache blanche qui tapisse la grimpée des pommiers est un composé d’Indochine et de frontières qui s’épluche à voix de Jeanne Moreau

Sous mon toit chambré, la psyché me fend d’un appendice, j’irai remplir mon broc au bout du couloir pour une toilette intime

L’insignifiant comportement se répand au lieu de prendre le confinement comme seule place lui convenant. Tout porte à se faire virus. On peut tuer sa vie soi-même à se prêter

Quand j’ai vu son ventre désert, sans un poil je me suis dit elle a froid à l’âme déjà toute petite, la moquette ne réchauffera pas la dureté du sol

Que la balançoire soulève tout ça

Un grand jardin offre son nid

Quand la mercerie rouvrira, j’irai chercher du fil bleu pour coudre en un seul morceau les erreurs et les cris à côté

Niala-Loisobleu – 26 Mars 2020

ENTRE TIEN EMOI 123


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ENTRE TIEN EMOI 123

Du voyage nocturne j’ai toujours l’haleine de ton bel âge

comme on n’oublie pas ce qui compte

j’ai dans ce froid la chaude chaleur de ton sein

Le nid douillet frémissait

je me suis penché

ma langue a sauté pour se faire couver

Bon jour amour…

Niala-Loisobleu – 26 Mars 2020