CRUZ DE OLVIDO – LILA DOWNS


CRUZ DE OLVIDO – LILA DOWNS

Avec le coucher du soleil
Con el atardecer

Je partirai d’ici
Me iré de aquí

Je partirai sans toi
Me iré sin ti

Je vais m’éloigner de toi
Me alejare de ti

Avec une douleur en moi
Con un dolor dentro de mi
Je jure mon coeur
Te juro corazón

Ce n’est pas un manque d’amour
Que no es falta de amor

Mais c’est mieux comme ça
Pero es mejor así

Un jour tu comprendras
Un día comprenderás

Je l’ai fait pour toi
Que lo hice por tu bien

Que tout était pour toi
Que todo fue por ti
Le bateau que je vais quitter
La barca en que me iré

Porter une croix de l’oubli
Lleva una cruz de olvido

Porter une croix d’amour
Lleva una cruz de amor

Et sur cette croix sans toi
Y en esa cruz sin ti

Je mourrai d’astio
Me moriré de astio
Coupable, je n’ai pas besoin d’être
Culpable no he de ser

Que tu peux pleurer pour moi
De que por mi puedas llorar

Il vaudrait mieux partir
Mejor sera partir

Je préfère donc te tromper
Prefiero así que hacerte mal

Je sais que je vais souffrir
Yo se que sufriré

Mon navire traversera une mer de solitude
Mi nave cruzara un mar de soledad
Au revoir, au revoir mon amour
Adiós, adiós mi amor

N’oubliez pas que je vous aimais
Recuerda que te ame

Que je t’aimerai toujours
Que siempre te he de amaré
Le bateau que je vais quitter
La barca en que me iré

Porter une croix de l’oubli
Lleva una cruz de olvido

Porter une croix d’amour
Lleva una cruz de amor

Et sur cette croix sans toi
Y en esa cruz sin ti

Je mourrai d’astio
Me moriré de astio

Source : LyricFind

JUS D’ORANGE


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JUS D’ORANGE

Insane

de ciel pressé

pinceau trempé allo

j’ai blanchi de jaune soleil

le gris du ciel

en prolongement d’arrêt

au moment où tu rentrais par l’apporte

Faire que je peindrai d’une sorte de mousson ce que nous savon des intempéries sur tout cet arc-en-ciel formé ensemble dans le bac à douche

Egon, Egon…

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2020

IMPRESSION SUR LES CRANS


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IMPRESSION SUR LES CRANS

 

Dans les volées de pluie rabattue le jardin monte et descend à hauteur de vitre, déployant une impression de glace dans les génuflexions des arbustes

D’aucuns se tiennent haut-le-coeur bassine aux mains. Impression étrange du lambda sur son plancher des vaches baladé d’un bord à l’autre

Les rêves abordent des pontons du cauchemar dispersés par quelques conspirateurs du système d’embrouille planétaire. Ici et là, plantant leur cul dans la feuillée en formation pour déféquer leur fausse nouvelle, faute de pouvoir avancer dans la clarté. Ainsi on interdirait et autoriserait en même temps selon l’indice monétaire. Comment communier avec un masque ? Là, je m’inquiète au regard de ma communion de mécréant qui n’a rien d’église en tous genres. Que la monnaie en prenne un coup je m’en fous, je suis pauvre de nature, mais que l’amour voit son cas paralysé de contact, j’en tremble de mon métronome appendice. Nous n’aurions donc plus rien ?

Je refuse de m’en laver les mains

A force de jouer aux apprentis sorciers les Maîtres de Guère nous dépouillent, plus d’hiver, pas printemps, du vent, du vent, du vent et encore du vent !!!

Ce matin j’ai dit au revoir à ma coiffeuse après qu’elle m’ait confirmé ne pas le faire au domicile, et suis rentré en me disant que la prochaine fois devenue prophétique ma barbe pourra me servir de masque en la remontant d’un élastique. La peur tardive qui s’inscrit dans le regard des confinés n’a rien d’une vendange. C’est ce con appelle se scier la branche.

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2020

LE TEMPS DES CORONS


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LE TEMPS DES CORONS

D’un seau à charbon ma palette me dit non, reviens quand la lumière sera

les vitres pleurent à ne plus voir où mettre les pieds

j’ai vu un marin être avalé par le fond en voulant monter à bord

On craint la noyade pour les poissons, seuls les volants s’en tireront

J’ai retenu une baleine chez Jonas pour me rendre de l’autre côté de l’averse

l’étiage arrive au-dessus du niveau des Ponts-et-Chaussées rendant inhabitable ma chambre dans l’Atlantide. Les belles dames du pont d’Avignon remonteront à la surface un jour trop tard. Le coronavirus ayant vidé le rayon des masques et Venise étant pas recommandable en plus des magasins de bricolage, impossible de trouver un masque de plongée, les films de Cousteau se sont arrachés en 1/4 d’heure. Fût une époque où l’on aurait ri de moi quand je parlais de décadence, à présent le retour au Moyen-Âge et ses épidémies mortelles fait qu’on sait plus quoi dire pour les élections municipales

Au Château des Valois à Angoulême on a annulé le crépis pour une durée indéterminée

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2020

ODE ANDROGYNE


Jean-Paul Daoust

ODE ANDROGYNE

 

 

Le téléphone sonne et je réponds :
Bonjour
Bonjour madame, je parle à madame Daoust?
Non!
Vous n’êtes pas la maîtresse de la maison?
Non! Je suis monsieur Daoust!
Ah! excusez, pourrais-je parler à votre conjointe?
Je n’ai pas de conjointe mais j’ai cependant un conjoint. Donc, il n’y pas de maîtresse de la maison ici.
Clic!
Voilà l’histoire de ma vie en une intonation
Le malentendu voire l’insulte parfois le sarcasme
Vous savez ce petit sourire en coin
Qui en dit si long sur la condescendance
Que ce soit au téléphone
Ou à la caisse enregistreuse des magasins
Le sempiternel manège recommence
Ce fatigant bonjour madame! bonjour madame! bonjour madame!
Avant au moins c’était bonjour mademoiselle! Vous allez bien?
Je me souviens d’une scène épique chez Jean Coutu
Où une caissière m’infligeait des mademoiselle à profusion
Un ami poète qui m’accompagnait m’avait alors conseillé à voix haute :
Mets-la sur le comptoir Jean-Paul!
J’ai bien failli le faire!
J’ai passé ma vie à vivre avec ce problème
Né avec des traits fins dessinés au pinceau
Et ma voix si… spéciale!
Mes gestes de gazelle nerveuse cherchant fauve
Intrigué par cette ambiguïté d’une douce perversité
J’ai pu depuis baiser tellement de belles bêtes
Des tueurs à gages à Rudolf Noureev!
Et je ne regrette rien comme chante l’autre
Ce timbre de voix m’aura nui et sauvé
Je prends le micro
J’ouvre la bouche
C’est quoi cette bibitte-là qui parle?
Mais non! je n’ai pas deux sexes
Un me suffit amplement
Et je déteste profondément les gais qui veulent se moquer
En se parlant au féminin
Dénigrant ainsi l’autre sexe
Ce sexe sans lequel nous n’existerions pas
Cette façon de faire relève d’un sexisme idiot
Ben oui! j’ai une drôle de voix
D’un lyrisme baroque voire rococo
Et qui traîne comme un écho collé à elle
Certains ou certaines ont soit le look ou la voix androgyne
David Bowie Klaus Nomie Annie Lennox Conchita Wurst
Boy George Alice Cooper Marilyn Manson Prince K.D. Lang
Martine Audet Michel Dorion et Mick Jagger parfois
Moi, je suis choyé
J’ai les deux!
D’où mon problème parfois à passer aux douanes
Les douanes françaises me sont les plus faciles
Je dois avoir l’air d’un Luis Mariano avec un accent
Et même Philippe Laguë ne réussit pas totalement à m’imiter
Comme le fait si bien le guitariste trifluvien Manu Trudel
Vas le chercher Philippe!
Look et voix androgynes
Qu’y puis-je?
J’aurai tout le temps vécu la marginalité
Avant même de savoir ce que ce mot-là signifiait
Avec toutes ses conséquences que j’ai subies
Avant aussi de savoir la triste modernité du mot intimidation
Ça m’a pris tellement de temps à m’apprivoiser
Et ce n’est pas encore tout à fait au point
Alors! soyez donc gentils et généreux!
Pensant à tous ceux et celles qui n’ont pas de mots pour s’exprimer
Pour se défendre ou pour éblouir et charmer
Je suis ce que je suis
Je suis un homme et peut-être poète
Avant tout fabuleusement humain
J’écris ce poème que je lance sur la mer des ondes
J’espère qu’il traversera vos neurones
Pour adoucir certains coeurs
Ben oui! j’ai une voix androgyne
D’où, tout mon charme!

Jean-Paul Daoust