
LES CHAUSSONS ROUGES
Un étend bleu des mûres en blanc à longer
un oiseau cogne ton pis vers
tes pans touffes, ta bouche cerise et l’endroit du derrière
Niala-Loisobleu – 04/03/20

Un étend bleu des mûres en blanc à longer
un oiseau cogne ton pis vers
tes pans touffes, ta bouche cerise et l’endroit du derrière
Niala-Loisobleu – 04/03/20

Je n’étais ce jour-là que deux jambes qui marchent.
Aussi, le regard sec, le nul au centre du visage,
Je me mis à suivre le ruisseau du vallon.
Bas coureur, ce fade ermite ne s’immisçait pas
Dans l’informe où je m’étendais toujours plus avant.
Venus du mur d’angle d’une ruine laissée jadis par l’incendie,
Plongèrent soudain dans l’eau grise
Deux rosiers sauvages pleins d’une douce et inflexible volonté.
Il s’y devinait comme un commerce d’êtres disparus, à la veille de s’annoncer encore.
Le rauque incarnat d’une rose, en frappant l’eau,
Rétablit la face première du ciel avec l’ivresse des questions, Éveilla au milieu des paroles amoureuses la terre,
Me poussa dans l’avenir comme un outil affamé et fiévreux.
Le bois de l’Epte commençait un tournant plus loin.
Mais je n’eus pas à le traverser, le cher grainetier du relèvement!
Je humai, sur le talon du demi-tour, le remugle des prairies où fondait une bête.
J’entendis glisser la peureuse couleuvre;
De chacun – ne me traitez pas durement -j’accomplissais, je le sus, les souhaits.
René Char

Pas plus tard que tout à l’heure après avoir tendu la toile je lui fis le fond rouge tout en me disant que si le temps est peu propice à la lumière je continue à bronzer sous un certain soleil
Il faut dire
et n’ai que peindre pour ce faire
Briser le manque, enlever l’inquiétude au chevalet, rattraper la joie comme au bilboquet, t’étaler dans le bleu par le manche à palette à bord de rouge sang volant
Allumer le plafond-bas d’un plié des reins en suivant les lames du parquet à travers la dentelle de ton jupon et la transparence de tes seins
S’il pleut tiens ton chapeau à fleurs entre les Je Nous
Je viendrai à tes jarretières par le souffle de l’orgue éclairé a même les dalles remuants jamais vus de mémoire de gisants
Niala-Loisobleu – 4 Mars 2020

Ecrire à partir de cette musique viscérale pose la question de savoir si avant de lire les mots il ne vaudrait pas mieux en écouter la sonorité
Sans doute trouveras-tu le petit port de Normandie qui te conduira dans une vaste plaine d’Argentine où ton taureau rejoindra alors l’immense troupeau, moi dans un coin de barrio vidant les cendriers en rangeant les vers
Astor a su léguer
c’est mon voeu
te laisser en consigne plus que la vie, sa vibration
intense musique où le souffle et le cri sont le seul verbe à tenir pour effacer la mort
J’en ai vu de toutes les formes des racines en rêvant d’une greffe donnant naissance à l’absolu
Intrinsèque expression de la définition de la Poésie au moyen de mon Art
Planter du soleil dans sa marche
je te monte haute-pierre
Instinct animal sous la mère veillant à la sélection naturelle dans un envol de moineaux
Niala-Loisobleu – 4 Mars 2020

Un souffle de lumière
que ton visage éclaire
d’une impression de premier jardin
De l’autre côté de la porte la joie du chien sautille
avant que la route l’emporte je le serre au fond de ma poche…
Niala-Loisobleu – 4 Mars 2020
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