TAPIS ROUGE


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TAPIS ROUGE

Pour bon jour

les dattes heureuses et mûres

me réveillent au coeur de l’oasis

dans leurs coussins de soie brodée

chants d’oiseaux en bonus

Voilà qui met sur les rails sans Cannes pour marcher

ni Bollywood pour fantasmer

Au dessus du rempart les parfums du brûlot d’herbes

accourent à dos d’ailés fans…

Niala-Loisobleu – 11 Février 2020

AU GRE DU VENT


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AU GRE DU VENT

La bruyère chauffe la roche du sentier

Jaunes filles modèles en marche

Bouton de sein ocre dénote le gris de robe de bain du ciel

Sol que les petites fesses caressent à profusion

Toute la gamme

Au coeur de la prochaine fleur le printemps couve

Ces fruits jaunes , jus de pêche, délice d’abricot, pulpe nectarine et prunes

Mire à belles

Chair de sable que la mer lave

Au berceau d’hiver le printemps veille au chaud

Les Canaries s’archipèlent du cri des laves

Niala-Loisobleu – 11 Février 2020

Le minotaure déménage et autres recueils


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Le minotaure déménage
et autres recueils

 

​Le parfum raye le miroir

et la raison à genoux

ressent la nostalgie de l’eau.

Un autre pouvoir

chuchote pour la fleur.

Gendarmes parmi les roses.

En la rencontre qui s’amenuise

une lumière fortuite

pardonne le passé.

Les chiens léchant le gibier

t’accueillent sur la grève.

Gendarmes parmi les roses.

 

Christòphoros Liondàkis

 

 

TEMPO


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TEMPO

Soir qui tombe

Et songe qui se relève

Au pied du figuier l’odeur d’herbes chiffonnées s’étale

un chemisier gît à côté des fruits tombés

 L’après-midi habité a commencé tôt matin

Au loin le carrosse flambe

Nous resterons en corps ensemble

L’accordéon sort de derrière le rideau

Et la taille au flûtiau se cambre

Quelques fétus de paille tombés de la grange

Dans le hennissement équin

Quand de la corne le ventre s’ouvrit

La trompette débouchée remplit les vers de son air

Niala-Loisobleu – 9 Février 2020

Jacques Bertin/Des mains


Jacques Bertin/Des mains

Des mains
Pour partir au long cours
Comme des cheveux
Ou comme la vie
De belles mains
Sur la page ou la peau
De belles mains
Des mains de noblesse

Des mains
Comme sont toutes les mains

Des mains
Comme des veilleuses
Dans l’ombre naissant
Allant et venant
Des mains de lingères
Des mains
Comme veillant, les mains de mère

Des mains
Qui creusent des sillons
Dans la vie sans ombre
Des mains aveuglément
Qui suivent une passion
Des mains pour bâtir la maison
Comme mon père

Des mains
Comme des foules de mains
Qui viennent donner la main
Des mains
Comme des foules de mains
Appelant l’espoir et l’eau vive
Des mains
Comme des troupeaux de mains
Longeant la rive
Et t’accueillant dans ton lendemain
Sans limite

Des mains
Traçant les signes du pardon
Et puis se cherchant
Comme des paroles d’abandon
Des mains
Comme des voiles pour partir loin

Des mains
Comme des voiles pour partir loin, loin
Avec des yeux d’enfant dans l’horizon loin, loin
Des mains
Pour mon amour loin
Des mains pour ramener l’amour à la raison
Et le vagabond à la maison

 

 

VENT EN CHEMIN


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VENT EN CHEMIN

 

Troussée à n’en plus voir le clocher, la côte vole par dessus l’épaule de la plage

Soulevant les vagues par paquets

Les mouettes entachant le drap de noirs bouts d’ailes plongent dans le tourbillon des sorcières emballées

Ballet à ras des balayettes sur la pointe des pelles tentant de rattraper la poussière

Un lit est passé sans la chambre mais avec ses amoureux enlacés

Une paire de seins, deux oreilles, un nombril habitable, deux fesses bonnes à s’asseoir, un sourire franc du regard, un reste de garde-robe, un conseil de classe

Passent

Un merle s’en bat l’œil en sifflant…

Niala-Loisobleu – 09/02/20

 

ROUSSE HEUR


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ROUSSE HEUR

Tel un écho buage gagnant les territoires

la pelisse brûle d’un cardinal à l’autre

tordant  les pierres à fendre

Du haut du piton on voit Vénus

taper la cadence

ajoutant aux hanches

des clarinettes, du cuivre et des cordes à la corne des ongles

C’est l’heur du cracheur de feu, du jongleur, du montreur d’ours et des acrobates

on dispose les tréteaux autour des chariots pendant qu’on sert les rôts

Dans son arc de cercle la lune tient les chevaux avec peine,  cette constellation animiste libère le rut

Le raisin se presse aux peaux, Bacchus et sa bande en liesse prennent pied…

Niala-Loisobleu – 8 Février 2020

ÊROS SUSPENDU


René Char

 

 

ÊROS SUSPENDU

 

La nuit avait couvert la moitié de son parcours.
L’amas des cieux allait à cette seconde tenir en entier dans mon regard.
Je te vis, la première et la seule, divine femelle dans les sphères bouleversées.
Je déchirai ta robe d’infini, te ramenai nue sur mon sol.
L’humus mobile de la terre fut partout.

Nous volons, disent tes servantes, dans l’espace cruel, — au chant de ma trompette rouge.

René Char

UN LOINTAIN TOUCHABLE


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UN LOINTAIN TOUCHABLE

Sur la table corps et couverts se vêtent de fumets tout droit venus des grandes forêts que les vagues tanguent

Instant où rien d’étranger ne s’immisce

l’insolite non plus, rien ne fait tabou

juste l’assemblage de ton nom et du mien au pluriel de tout ce que qui surréalise le poétique cherché

Je suis à l’intérieur de ton genre, tu es entre mes organes et l’équin mammifère, l’arbre aux essences à voile, ce nuage dompté, cette pluie civilisée, à l’échelle de meunier traversant l’impossible

Des nuées de papillons bleus  tiennent les taupes dans leurs galeries, ta pelouse n’est pas la proie des calvities dégradantes

La rayure bicolore ta poitrine, côté fraise, côté framboise, tee-shirt en mouillé pour coudre la bonne taille. C’est là que le coq sort le levé du jour

Deux enfants rient dans ton ventre

je trace la marelle au centre

au niveau, à l’équerre et tire l’extraordinaire du jardin au levier

On frappe à la porte

Nous brouillons le son de l’émission de gaz, en vidant un glacier sur le trottoir. La mer monte un chantier naval. Une montgolfière accouche un ciel sans tâches

C’est fini

le bleu domine, nous orgasmons et mer veille…

Niala-Loisobleu – _ Février 2020

PORTE CLEF


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PORTE CLEF

 

Un grand passage maritime devant le banc de sable, le morse sans S.O.S. qui se bronze, la voile affalée, cales plaines et sur le pont ta plante solaire

pour le reste l’immensité habitée

porte clef…

Niala-Loisobleu – 08/02/20