EQUINE PRESENCE


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EQUINE PRESENCE

Terre d’album sanguin

dans le négatif épandu, l’image claire montre sa vraie nature

Au point d’ars

l’enfant carotide

des cochons, des vélos, des autobus et des carrosses tournant et montant en manège

sur les trous d’un orgue de Barbarie

Petit cavalier des longues chevauchées de l’Epopée

Frère de l’Arbre

Fils du Vent

Pierre de la Colonne

Rayon du Temps

Soulève des mottes le grain du Vivant…

Niala-Loisobleu – 6 Février 2020

DEVANT L’ETENDUE BLEUE


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DEVANT L’ETENDUE BLEUE

Le jeu de lumière tient les deux bouts de l’horizon

Touffes de thym en quinconce, alignement de maisons prolongent le bruit de la mer qui lèche l’orangeraie

Par les volets qui restent les derniers à bailler, on entend le jet d’eau du patio escalader les étages

L’âne tire déjà des sauts de la noria

Assise à la table ton regard est déjà en voyage, corne de bateau, sifflet de train, cris d’oiseau montent du lointain

La pensée en roulis comme une croupe animale, tu laisses à ton corps le choix des armes  et sur la chaise ta liste de tâches

tu rattraperas le chien avant qu’il n’avale la côte…

Niala-Loisobleu – 6 Février 2020

L’AQUEUX DU CHAT 2


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L’AQUEUX DU CHAT 2

Des oiseaux comme des gouttes

qui volent

un formidable espace bleu

que l’orange ne peut taire

Ah tu sais, me dit-elle en caressant le chat, je dirai du Grindel  ce que je vis

le ciel est pourtant de plomb

mais moi je saute comme un ballon dans une autre stratosphère

j’en lévite contre le toit…

Niala-Loisobleu

5 Février 2020

CROISADE EQUIDEE


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CROISADE EQUIDEE

 

Ressac bleu

une campagne partie orée flamme cousue au vent du levant

traverse

le rail d’où est sang

Autour de la lance les toiles du Berger veillent au chariot

d’Amour Courtois

Graal que la craie piste  aux battements de la Belle Poitrine

dans l’écheveau du petit-jeu de doigts tenant les cordes vocales en torsade à l’olivier

Sur la lice se dresse le chevalet nu et sans armure, juste tendu de lin sur un flot renouvelé depuis les mouvements lunaires, écharpe d’écume saluée par des hérauts faméliques. La rondeur de la coque coupe en V à plein compas et lève l’arc en lancé de cathédrale

Herbages lacustres de la Bien-Aimée en fourrage que l’âpreté du combat ne fauche pas malgré les famines. L’Atelier que le soleil accompagne s’abrite de son bouclier de villages aux maisons blanches, force créative inconditionnelle pour un retour au Bois d’Amour sous la conduite du Spectre…

 

Niala-Loisobleu – 5 Février 2020

 

VIVANTE NATURE


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VIVANTE NATURE

Le gros figuier qui borde

le fond du jardin pose sa joue au panier

La brouette est prête

On gratte à la porte

Entrez donc c’est tout vers

Dit Coco sur son perchoir…

Niala-Loisobleu

5 Février 2020

 

 

SERREMENT DU JE DE PAUMES


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SERREMENT DU JE DE PAUMES

 

Au chardon de l’âne donne adhésion

en voulant  la chaleur de feu du camp nomade

sous l’abri de l’aboiement des chiens et du bois des roulottes

à quai du manteau de poussière des chemins-maritimes et terrestres

Un seul amour en nourriture…

 

Niala-Loisobleu – 5 Février 2020

VERS L’ETÉ


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VERS L’ETÉ

1

Les nuages se séparent
avec regrets

Les plaques de neige se fendillent
pour laisser perler un torrent

Sur les phylactères des montagnes
les anges calligraphient
des runes indéchiffrables

C’est sur leur partition qu’ils improvisent
mais nous n’entendons pas leur cantilène
seulement la soufflerie des orgues

La nuit se fait plus indulgente
il y a des aubes sans gelée blanche

Les étangs polissent leurs miroirs
la roue des paons s’irise
et se bronze

Les arcs-en-ciel proposent
à la haute couture des prairies
des nuanciers de satins
et de gemmes

Les cols se rouvrent
à la circulation

Une à une
dans les stations de ski
les remontées mécaniques
se taisent

Les cascades par contre
font éclater
leurs fanfares

les arbres
que l’on croyait encore
emmitouflés de flocons
nous surprennent
par leurs bouquets

Après les pruniers les cerisiers
après les poiriers les pommiers
une avers de pétales sur le trottoir

Les pissenlits sont si nombreux
qu’on ne voit plus le vert des prés
sous leur brocart

les petites orchidées
hissent leurs oriflammes
les digitales font la haie

Un faon s’est égaré sur la route

Après les jonquilles les iris
après les rhododendrons les hortensias

Les vaches sortent de leurs étables
les chevaux se roulent dans l’herbe

Le virevoltement d’une pie
d’un frêne à l’autre
le cajolement d’un geai
puisque c’est ainsi qu’il faut dire

Les anémones et les violettes
l’œil des renoncules
les petits œufs de la bruyère
les ancolies et les arums

La nef de la hêtraie
les arpèges de la sapinière

Des museaux humides
au ras du sol

Les brouillards matinaux
persistent dans les ravins

Glycines puis clématites
d’énormes gouttes de rosée
sur les parasols des capucines

Le tilleul répand
ses effluves de calme

Au bout du rameau de l’épicéa
de minuscules projets de cônes
rougissant de leur audace

Le cognassier du Japon
ajoute sa touche orange
au jaune serein des cytises

Une vergue de plus
aux mâts de la caravelle
un échelon de plus
à ses haubans

Un vent chaud se lève
qui ramasse dans les paumes de ses mains
toutes les productions pelucheuses
des graminées pour les disséminer
sur le plus hautes pentes
ou au plus profond des crevasses

On fauche le trèfle et la luzerne
une bouffée de parfum
vous cloue sur place

Des aboiements de chiens
de vallée en vallée

Le sentier a décidé
de nous faire une surprise
non seulement l’échappée
sur des cimes encore neigeuses
mais le faufilement d’une couleuvre

2

Les jeunes filles
entrouvent leurs manteaux
les abandonnent sur les bancs
des jardins publics
puis dans les maisons

Nuages de duvets
accrochés aux peupliers

Par leurs robes
et leurs sourires
elles rivalisent
avec les lilas
puis nous invitent
à venir cueillir avec elles
les premières baies
savourer le fruit
de l’arbre de la science
du bleu et du blanc

Une première rose

L’éclusier fait descendre
une péniche d’eau minérale

Voici déjà les groseilles
les cassis et les menues fraises
les myrtilles dans les sous-bois
on astique les bassines de cuivre
pour y transformer notre récolte en confitures

On trace son chemin
dans une jungle d’herbes

Le grand-père ingénieur
installe un petit moulin à aubes
dans une rigole

Piéride du choux paon du jour
tabac d’Espagne petit citron
vanesse amiral Apollon

Une seconde rose

On prépare le bal du 14-juillet
drapeaux et tribunes
haut-parleurs et tréteaux

Les enfants ne sont pas encore bien sûrs
d’être en vacances

Les têtards quittent leur queue
pour se joindre au chœur des grenouilles

Quelques roses

On bourre les malles
on bourre les coffres des voitures
on oublie toujours
quelque chose d’essentiel

A la recherche du maillot séducteur
des lunettes inouïes
de la serviette la plus moelleuse

Couteaux bulots palourdes
bigorneaux praires moules
huîtres crevettes patelles
oursins crabes et langoustes

Des jetées de roses

Les vacanciers sortent leurs transats
et font tinter des glaçons dans leurs verres

3

Le chant de l’alouette
Au-dessus des blés murs

Derrière chez mon père
vole mon cœur vole
derrière chez mon père
y a un pommier doux

Les abeille s ‘empressent
autour de leurs ruches
les guêpes façonnent
leurs palais de papier

Des arceaux de roses

Trois jeunes personnes
vole mon cœur vole
trois jeunes personnes
sont couchées dessous

Un faisan doré
s’envole lourdement

Deux éperviers tournoient
sur la clairière

Se dit la première
vole mon cœur vole
se dit la première
j’ai un ami doux

Scarabées cétoines bourdons
coccinelles mouches moustiques

Dans le sillage des roses

Se dit la seconde
vole mon cœur vole
se dit la seconde
j’attends mes amours

Des enfants se baignent
dans le grand bassin

Des adolescent se construisent
des cabanes ente les branches
des amoureux dorment paisiblement
sous les saules

Se dit la troisième
vole mon cœur vole
se dit la troisième
j’aimerai toujours

Après avoir dîné dehors
on regarde les étoiles
s’allumer l’une après l’autre
puis par paquets
soudain c’est tout l’ensemble
des constellations de la saison
puis la Lune vient les effacer

Des chauves-souris
planent autour des ormes

Et nous verrons bientôt des étoiles filantes

Michel Butor

DES BAINS D’OUCHE


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DES BAINS D’OUCHE

Edvard ne me poursuit pas

j’ai tout son Cri

comme un axiome

La leçon de Conduite en traverse du chemin quotidien

Elles nagent

toutes brunes d’écailles

et roses à l’ouïe

à l’écoute de cette caresse aquatique

Puis à l’ouche

terre de choix où tout peut se cultiver

le nerf végétal

en verger, espaliers , sein et matrice de vie

Niala-Loisobleu – 4 Février 2020

CLUNY LINGUS


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CLUNY LINGUS

 

Une suite de longs couloirs traîne comme  à loisir pour chercher à retenir

et  faire buter aux empaillages de safaris imaginaires

Une gazelle en pâtisserie coule sous la porte du réfrigérateur, sucre lent rapidement évacué

Dans la forêt ardennaise de mon enfance où Marthe avait tant d’attaches, j’ai joué avec des marcassins pendant le ramassage des betteraves, pris  jusqu’aux genoux dans l’engrenage des boues d’hiver

Même enlisé sur place le vide ne m’apparaissait pas. La force de traction du cheval expliquant la différence dans l’espace temps

Des vêtements de femme jonchent le parcours, petit-linge au fond de baignoire, mèches tenues aux châles par des peignes, peignoir gonflé à la poitrine, porte-jarretelles au bas d’un collant désabusé, un string accroché à la poignée de porte de la cuisine pour que le chat se fasse les griffes. Mon dieu comment tu prétends exister en ôtant la chair de tous ses soi? Paradoxale torture de la langue française qui conjugue sa dame à tous les tant en revenant au conditionnel. Moment où admettre la réalité d’un Moyen-Âge s’introduit

Envie d’aller manifester Boulevard St-Germain  avec mon lance-pierres contre la chasteté et la grande ceinture.

 

Niala-Loisobleu – 4 Février 2020