RONDEURS MISES A PLAT


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RONDEURS MISES A PLAT

 

L’ocre aux deux vents rougit de sienne à la forge. La braise que le bois nourrit chuinte son soupir blanchâtre en bouilli du tison. On croit entendre au loin la saillie du roi lion glisser de son fourreau. Les oiseaux en décollant des pistes branchues détournent le regard glauque du téléobjectif en embuscade

Sa façon de tourner le bras autour du sein change sa poitrine en accoudoir  côté-fenêtre

Accueillantes et rondes aux tétines comme il se doigt, les lourdes poches à lait suivent le saut de l’animal à la barrière pour suivre le film du train qui se projette du tunnel. Rite bovin que d’aucuns classe en série « vache sacrée », interdit d’écorner

Parlant d’absolu, elle dit ça, c’est pas porté au calendrier des marées ni dans le bulletin des horaires de ferry pour Belle-Île. L’absolu ne dépendant pas d’un quelconque trafic, est atteint par voie pédestre, ou à vélo-équin personnel. Pas de station Vélib à espérer en ville

Elle dit aussi qu’il y a qu’une foi qui compte et qu’hymen à demeurer dans son originel

A ça je réponds ce qui explique que je sois agnostique, je renie pas l’existence de Dieu, j’attends juste de le rencontrer

Rondeurs qui font du mouvement de la vague un transport aérien profondément porté à taire

Sel que j’aime que ça me ballotte comme un funiculaire du bas en haut

Un jour je sortirai

Sans savoir le temps qu’il fera, je sais déjà que mon oeil en aura terminé définitivement, aussi j’ai fait agrandir mon coeur pour tenir toutes les images que j’ai d’Elle au plat du jour

L’au-delà de l’Absolu ça n’existe pas

A mon âge on le discerne avec une telle certitude que l’arrondi entrevu de ses formes fait qu’on revient au tout début, quand on dessinait à main levée. On balance la règle dans la tronche du Ministère de l’Education Nationale pour abus de pouvoir et détournement de mineurs.

Henri mon après-midi faune

emmène-moi au Jardin d’Hiver…

 

Niala-Loisobleu – 1er Février 2020

 

6 réflexions sur “RONDEURS MISES A PLAT

  1. Elle dit que l’absolu est un mouvement continu , qu’il ne saurait s’arrêter à s’auto-contempler…
    Elle dit aussi la jouissance d’avoir encore à apprendre à tout age et jusqu’au bout…
    Elle est d’accord l’absolu est rond mais le rond se caresse et s’agrandit , ce n’est pas une figure fermée…
    Quand Marguerite proclame qu’aucun amour au monde ne peut tenir lieu d’amour ce n’est pas désespéré c’est tout le contraire…
    La menthe la mousse l’amour d’un jardin suspendu…

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  2. Dans les hauts jardins de l’imagination,

    je te trouverai broyant la couleur

    au revers du coquelicot éphémère,

    accoudé au temps et à la butée des étoiles,

    à fortifier la frêle charpente de la toile

    que le couteau déjà entaille de son entière passion.

    Je te trouverai absorbé dans l’intervalle

    entre le geste et son intention,

    entre la beauté et son interrogation,

    au coeur d’une lumière différée,

    à la torche ressaisie sur la cécité du jour

    et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.

    Dans les hauts jardins de l’imagination,

    tu me trouveras au dernier quartier lunaire,

    sur la balançoire obstinée qui balaie le vulgaire,

    à la strate du mot et à la nuque d’un bras de mer.

    Tu me trouveras au sang bleu d’un théâtre mental,

    à la mouette qui se cogne à la butée des étoiles.

    Tu me trouveras dans l’étroit du mot,

    dans l’écriture du ventre et son cachot,

    entre le centre et le contour,

    entre le dire et son silence,

    au coeur d’une partition langagière,

    à la torche ressaisie sur l’éphémère

    et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.

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    • La clarté des vitres dans l’obscurité du geste des paroles
      Le soyeux d’un imaginaire allant butiner au calice absent
      D’où ce charnu roule dans sa propre vague
      Au nom du fils
      Des paires et de l’amer
      Contrées salées
      Galets lapidaires
      Mettez au peint quotidien
      Peau à peau juste la confusion pileuse aux tâches du drap…
      N-L

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  3.  » je sais déjà que mon oeil en aura terminé définitivement, aussi j’ai fait agrandir mon coeur pour tenir toutes les images que j’ai d’Elle au plat du jour »
    suis sans voix, tant c’est beau.
    J’aime Matisse qui n’a jamais renoncé à la beauté, j’aime Salvador.
    Bravo à tous les deux pour votre « Mots peints ».
    Je vous embrasse.

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