CENTRE DE GRAVITE TERRE-LUNE


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CENTRE DE GRAVITE TERRE-LUNE

Attrapé par le suceur de l’aspirateur, l’embarras du jour se voit contraint de prendre la file.

Comment faire autrement pour tenir parole ?

La merde se veut prépondérante. Tu finis tes courses et sur le parking vérifie que rien ne manque pour que la journée baigne. L’averse s’en donne à coeur joie. Il faut faire vite, chez toi un incident technique fait caca.

Bronzée,  tu regardes l’aspect positif de ta pensée

elle est sereinement assise avec le chien au bord de la vague

Les oiseaux blancs

tirent à eux le trouble d’un jour que rien ne doit empêcher d’être clair.

 

Niala-Loisobleu

30 Janvier 2020

3 réflexions sur “CENTRE DE GRAVITE TERRE-LUNE

  1. L’absolu par vocation est exigeant et perdure au-delà de toute mode ..Ce qui s’étale sur la toile comme pour se rassurer dans le strass n’est pas corps beau…
    Si l’absolu n’a ni mots nouveaux ni couleurs nouvelles comment pourrait-il être l’absolu…
    Un jour, Lucien Becker a décidé qu’il avait fait le tour de ce qu’il avait à dire, seul ne comptait plus désormais que d’aller faire pousser des fraises avec Yvonne.Il était passé de la philosophie de l’amour à l’amour…

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    • L’HOMME QUOTIDIEN

      A
      Jean
      Paulban.

      I

      Le vent se lève soudain d’une flaque où par places se heurtent et se traquent les meurtrissures de la nuit et celles plus profondes du soleil.

      La terre est froide et grande à son réveil comme une chambre sans feu.
      Je suis seul au bord de ma bouche lasse, une cigarette respire à ma place.

      Je me hâte vers un couloir sans fin où les portes font des taches de tunnel, où les ombres se cognent sans souffrance et où les murs sont sales et éternels.

      La lumière semble lourde et voûtée sur un monde sans miracle, ni gaieté.

      Dans la nudité du sang qui tourne en moi, je respire le même caillou froid.

      D’autres vivront ma vie à leur tour, solitaires entres les hauts murs du cœur.
      Seule la tête change de regard, du cœur part la même plante de douleur.

      II

      Au fond du couloir où rien ne luit, la porte s’ouvre sur la nuit, claque contre les murs de chaux.
      Je me retourne, d’elle encore chaud,

      vers la vie qui regagne et cerne sa plus belle clairière où la terre parle aux hommes par la voix facile des femmes

      où les fleuves courbent le monde de leurs mains si fraîches et si pleines, où le cœur captif des forêts oscille sur son socle d’ombre

      où les chemins rejoignent le ciel à l’horizon marqués du pas de tous les paysans dont la tête dépasse les maisons comme l’épi le plus haut, le plus pesant.

      III

      Mêlé à tant de soirs, tant de nuits

      qui n’avaient même pas de l’air le poids,

      je n’existe plus que par quelques pas que je fais toujours dans le même circuit.

      Chaque matin, je secoue ma terre

      mais il m’en reste assez sous les pieds

      pour que croisse la douleur

      jusqu’au point où les yeux sont des tiges cassées.

      Le vent passe entre mes mains et peine sans pouvoir les délier de mes veines.
      Bientôt, il ne reste plus qu’un regard mal éclairé par le soir

      et l’or qui remonte du cœur comme un feu déjà gris.
      Et je ressens mieux la coupure que mon corps fait avec le monde.

      IV

      Veines comme des rides sous la peau, j’élève mes tourments et mes maux à vos étages les plus hauts.
      Vous faites le tour de ma vie

      sans savoir le doute qu’en moi mûrit

      et mène votre attelage docile.

      Vous plongez dans ma chair et dans mon cœur

      vos doigts pleins de sang, pleins de sueur.

      Vous ne voyez pas les chemins de la terre où les regards se renversent d’un trait sans s’ouvrir au passage d’un regret.
      Vous n’aimez pas ma voix qui va se taire

      vous êtes si loin dans vos mains qui fuient

      dans les grottes où je n’ai pas accès

      et haletantes vous dites au cœur

      que le monde est plus clair, plus grand que lui.

      V

      Tu as des yeux qui font le tour de la tête comme si tu sortais du plus beau des bals.
      Paupières lourdes comme des céréales, ma bouche apaise vos craintes, vos fêtes

      et fond avec les racines qui puisent au plus obscur de mon tourment la force de m’entourer de ma nuit.
      C’était un grand regard pesant

      que j’obtins pour mes noces nocturnes

      comme une aube battante d’insomnie.

      Il est ma défense contre la mort, il est

      la détresse quotidienne qui souffle de mon cœur.

      Trop de sentiers tournent avec aisance venant de moissons serrées comme la pluie.
      Trop de bois vivent dans le silence où parfois il n’y a de bruit que celui

      fait par une feuille se posant sur le vent,

      avant cette mort où toutes mers éteintes,

      tous passages fermés, toutes tempes inertes,

      nous serons quelques aveux intercalés dans le temps.

      VI

      Je monte des restes fumants du sang, dans les vitres reculent des regards.
      Les trains ralentissent à peine dans les gares et ma voix s’étonne d’être sans accents.

      Des pas béants marquent la douleur.
      Des ponts attendent la fin du monde au fond de leurs grands yeux sans chaleur et le cœur inlassable fait sa ronde.

      Je ne suis qu’une tache de terre encerclée par la mort et la nuit.
      Je m’ouvre en regards que l’ennui dans sa fixité désespère.

      Ma vie tient en quelques pas égarés qui n’ont trouvé aucun chemin vers les fenêtres d’où l’on revient couvert de soleil et désemparé.

      Trop de couchants s’arrêtent à l’aise au haut de murs à jamais tranquilles.
      Des flaques tranchées par le ciel brillent dans l’herbe comme des blessures fraîches.

      VII

      Le vent n’a pas voulu mon haleine, l’oreiller s’est vidé de sommeil.
      Le monde regarde dans les fenêtres, inachevé, sans couleurs, ni fêtes.

      Les colchiques se renversent, las, et le matin les broie de son pas mouillé de tant de paupières pleines.
      Les sources sont grises comme le ciel.

      Un vent fumeux, un vent décapité déborde sans cesse des trottoirs s’enfuit avec les milliers de voix que la solitude attendait.

      Au-dessus des toits, tout est vide, la lumière ne peut pas remonter retenue dans les lampes livides et dans les bouteilles bues.

      VIII

      Mon cœur bat dans sa toile de sang oubliant de mon corps le mal le plus récent et s’attarde à la plaie trop tendre et mal fermée que font les tempes.

      Que sait-il de moi, de ce regard, de cette tête dont la douleur se détache, dure, cernée comme une vitre, de cette peau qu’il éclaire de tous ses éclats captifs ?

      Veilleur de mon sommeil, veilleur de la nuit il ne retient aucun de mes rêves mais se rappelle que des étoiles naissent de lui à la place où les veines font des
      clairières.

      Dans les flaques où je souffre, où j’attends et où je ne suis entouré que de moi-même,

      il conduit le regard aveugle du sang

      pour mourir un jour comme un oiseau abattu.

      IX

      Derrière la fenêtre, le jour est superficiel, le miroir est encore profond de toute la nuit et la route est très loin dans le mur.
      Ma tête dépasse, coupée par le drap.

      Une mouche en fait le tour.

      Je me rappelle ou je rêve

      que ton front est comme ces belles journées

      où il n’y a pas un signe de mort

      et où la lumière se rassemble sur les sources.

      Le pont se lève de l’herbe

      et s’ouvre au-dessus de l’eau

      comme une blessure où la terre accourt.

      Le dormeur est toujours couvert de son front fisse et de ses paupières.
      Des ombres sortent et laissent longtemps leurs tempes contre les murs.

      LE plafond trop bas écoute s’il monte quelqu’un dans l’escalier.
      La même ombre s’approche avec le même tintement de cœur.

      Dans la chambre sans lampe que celle qui vient de la rue,

      le feu fond dans ses cendres et ne réchauffe pas la nuit

      mes mains atteignent les choses qui m’aiment en silence comme des chiens trop doux.
      Plus proche de moi que la douleur

      la fenêtre m’éclaire de sa blessure.
      J’ai vu, la nuit, des vitres béantes qui suivent les gens comme des rails et ne les quittent qu’à la mort.

      Lucien Becker

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