A CAUSE DES PLANCHES


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A CAUSE DES PLANCHES

 

Marchepied des quais comme un tremblement d’os

d’une mémoire disjointe reste toujours la marche à l’amour

peut-être trop de carreaux qui ont reçu des pierres

que la porte en fut clouée

la pluie a tant passé au travers

que la rivière en débordant y tira la mer

En plein labour que de chevaux tués

qu’un pouls lin remis à l’étrier

Sol secs et arides des journaux guettant avec espoir

le retour d’enfants prodigalement peu enclins

laissant la gueule cassée d’une sale guerre

 

Une grange

Peut-être, à travers les chansons
Comme à travers les trous du toit
De la vieille grange effondrée
Appelant la fraîcheur des doigts
De l’orage ou l’amour, on voit
Peut-être ma vie qui appelle
Ô vous savez qu’elle était belle
Anciens compagnons de ma joie
Puisque c’est vrai, tout est image
Nous sommes l’image de nous
Et dans les paumes du message
Vous voyez la trace des clous
Ô les feux allumés de l’âge!
Ne va pas prendre mal, surtout
Et reviens, sèche-toi, sois sage
Il tombe de la mort partout
Chevaux tués, ombres des désastres
Avenirs aux jambes brisées
Éternités tombées des astres
Aux formes de lampions brûlés
Ô les bombes sur l’abbatiale!
Ô l’incendie dans le verger!
La terre est ce tablier sale
Et les couleurs se sont vengées
Puisque c’est vrai, tout est
Puisque c’est vrai que l’iceberg cache la plus grande partie
tu plonges pour y voir
ô le Capitaine est sur ce bord là à garder la part en commun
ça rassure sur la fiabilité du sentiment
l’éternité du pouvoir de l’amour confirmée
devant la beauté de ton tablier
tendu à recevoir les fruits lourds de ton plus bel arbre à toi
Puisque c’est qu’à cause des planches la cabane est sacrée
les buissons églantinent à foison…
Niala-Loisobleu – 12/12/19

LE TRAÎTRE


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LE TRAÎTRE

Les grands vents féodaux courent la terre.

Poursuite pure ils couchent les blés, délitent les fleuves, effeuillent chaume et ardoises, seigneurs, et le peuple des hommes leur tend des pièges de tremble, érige des
pals de cyprès, jette des grilles de bambou en travers de leurs pistes, et leur opposent de hautes éoliennes.

Le poète est le traître qui ravitaille l’autan, il rythme sa course et la presse avec ses lyres, lui montre des passages de lisière et de cols

Michel Deguy

CHANTONS SOUS LA PLUIE


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CHANTONS SOUS LA PLUIE

Derrière la porte marchent les yeux conduits par l’attache perpétuelle

Secret qu’un secrétaire vénitien personnel tient dans la combinaison de ses tiroirs

Bord à bord

L’avenue peut-être animée par une foule grouillante, à la borne d’une porte cochère le duo se forme en dissolvant l’assistance

Au jardin public les tilleuls au coude à coude dessinent l’espace clos autour de la statue équestre, des enfants courent en poussant la roue du cerceau et ces deux personnes assises ne sont pas loin de s’endormir sur leur livre. Le musicien assis sur les marches du kiosque écrit des notes avec l’instrument à cordes. L’autobus suce le trottoir en avalant les gaz des voitures qui le précède

Voici le fleuve

descendons à quai, je t’embrasserai sous l’abri du pont

sans faire crier la sirène du gros remorqueur

Les yeux ouverts dans ton dos ne voyant aucun intrus venir j’irai rentrer ma main à l’intérieur de ta gorge. Elle montre sa palpitation de gros oiseau. Au quatrième bouton le premier s’envolera, immédiatement suivi du second. Tu me dis toujours bien que plus important de taille ce sont de vrais inséparables. Ce manteau pépie et caquette comme une oisellerie. Mais oui, suis-je bête, nous sommes au Quai aux Fleurs. Si tu veux un petit poisson -volant j’en attraperai un qui sera sans nuage. Puis nous remonterons par le Pont-des-Arts, jusqu’à ma chambre d’étudiant. Elle est toute petite mais le lit est assez large pour voir le ciel par le vasistas

Et il pleut toujours

Tu sais j’aimerai que tu me lises tes projets d’une voix de circonstance. Y mettant l’intonation qui va avec, tu sauras y ajouter le geste. N’aies pas peur, j’ai relevé le pont-levis et descendu la herse. Le cheval garde la douve. Le chien lui a manifesté le désir d’entrer en agitant bruyamment le bruit de sa langue.

Niala-Loisobleu – 12 Décembre 2019

 

JEAN-LUC JUVIN – REVEIL


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JEAN-LUC JUVIN – REVEIL

 

Les cloches sonnent dans le matin
Et je m’en vais avec mon chien
Fidèle
L’église porte sur les reins
Sa croix qui troue comme une main
Le ciel
La brume porte en son écrin
Les sarcelles

Dans le matin les cloches sonnent
Sur le pigeonnier qui frissonne
De l’aile
La ferme porte dans son sein
La vérité acre du pain
Le sel
C’est le réveil, on chasse au loin
Les dentelles

Les clochers pointus s’interrogent
Mais la réponse vient de la forge
Réelle
La poule est saignée à la gorge
Et le sifflet du rouge-gorge
Se fêle
Les écoliers vite interrogent
Leurs semelles

Ce carillon dans le matin
Les hommes armés d’outils, de vin
Appelle
La brume quitte le chemin
La terre s’ouvre sous la main
Et pèle
On reprend force dans le vin
Qui ruisselle

Les cloches sonnent dans le matin
Et je m’en vais avec mon chien
Fidèle
L’église porte sur les reins
Sa croix qui troue comme une main
Le ciel
La brume accroche au lendemain
Sa nacelle

 

LE CAILLOU DE MA POCHE


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LE CAILLOU DE MA POCHE

 

Trace

et le sable sorti des pages laisse la peau inscrire

Un vélo équin ça existe

en dehors des farces et attrapes

Parallèle à l’aqueux la crinière garde les oreilles dressées dans une m’aime verticale

L’entends-tu faire meuh dans sa crèche ?

 

Niala-Loisobleu – 11/12/19

ENTRE TIEN EMOI 121


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ENTRE TIEN EMOI 121

 

Du coq à l’âne

le temps gémît en se faisant mettre

la mâchoire en caque

oh ouïes

Montagnes de tes formes en cordée qu’est-ce que le méplat d’un ongle cassé vient faire contre le bouton de fermé de la lumière ?

J’entends ta voie à travers les portes quand à l’approche de la pleine-lune le ciel se vide

L’être inamovible riveté au domicile nous brise le voyage comme un yacht amarré dans le port de St-Tropez

Se promener dans la lourdeur du degré dans les rues en pagodes ou sur un marché flottant, en main l’ananas qui rafraîchit en clarifiant les canaux de Bangkok, me flottent d’encens le contour de ta démarche. Théâtre de marionnettes entre les ficelles d’Hanoï aussi bien qu’au couché du soleil sur l’or d’un temple où en corps à cheval à Mandalay, comme si nous y étions, en file de bonze pour la quête du riz. Mékong, eaux troubles, les enfants de Marguerite ahanent en bridé l’espoir effarouché d’un envol. Et au bout du monde, poussés par le vent, à dos d’éléphant l’enfer d’une route vers Delhi gommée par un voeu de Bénarès, cette offrande qu’on lâche au Gange en papillon un soir à la bougie.

Tu trembles dans ma paume. La vache du pré peut ne pas être sacrée, ça n’enlève rien du cri qui va naître dans l’orgasme une nuit dans la cabane au bord des églantines. Les percherons paissent entre deux haras qui rient

L’amour en valise du coeur, visa pour l’à venir est au chaud dans ta haute-forêt, cette Amazonie garantissant mon oxygène. L’enfant-sauvage en sort La Pomme sur le rail, traverses en voie secondaire où le principal à gare.

Niala-Loisobleu – 11 Décembre 2019

MAREE MONTANTE


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MAREE MONTANTE

 

Dans l’écoulement de fin de nuit, le port sort doucement ses départs pour la pêche au petit jour. Quelques mouettes s’apprêtent à prendre la première marée. Au premier du phare des Baleines, la femme du gardien trempe un sourire dans la cuvette. Par la fenêtre et sa chemise ouverte, on peut voir l’oeil rose de son sein gauche chanter sans attendre le coq. Irons-nous jusqu’à Dieppe chercher le Normandie ? Dans la rue du Commerce les pigeons se font la voix sans soutien-gorge. La boulangère remonte l’odeur du pain chaud du fournil dans une robe imprimée de mains blanches. Dehors le dernier ivrogne vient d’être ramassé par les éboueurs tandis qu’à la cave les musiciens ferment le jazz. La mer sale proprement mon langage d’enfant matinal. Le chien m’accompagne.

Niala-Loisobleu – 11 Décembre 2019

 

JE T’EMMENERAIS BIEN – POMME


JE T’EMMENERAIS BIEN – POMME

 

Je t’emmènerais bien de l’autre côté de l’Atlantique
longer quelques chemins perdus outre Amérique
Je te dirais bien qu’on restera encore ensemble
jusqu’à la fin des jours et même si le sol tremble
Je t’emmènerais bien de l’autre côté de l’Atlantique
Plus près des neiges de nos rêves chimériques
Mais qui me tiendront debout jusqu’au bout des ravins
Qui me feront courir encore longtemps
Jusqu’à demain, jusqu’à demain.
Il est bientôt temps de partir.
Retiens-moi.
Il est bientôt temps de partir.
Reste là. Regarde-moi
Car dans tes yeux que je ne pourrais bientôt plus voir,
Il y a ces choses qui ressemblent à l’espoir
Et tu supportes encore mon corps entre tes bras.
Faudrait aussi que j’apprenne seule à marcher droit, à marcher droit.
Il est bientôt temps de partir.
Retiens-moi.
Il est bientôt temps de partir.
Reste là. Garde moi.
Je t’emmènerais bien voguer et faire le tour du monde
Au bord du ciel où nos âmes vagabondent
J’oublierais bien la ville et ses murs de ciment
Pour voir la vie passer le long du Saint Laurent

 

SABLES EMOUVANTS


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SABLES EMOUVANTS

Les yeux peignent une situation mutante

envie d’aller ensemble vers le refus opposé jusqu’alors

Cet anneau du sapin, ce bracelet de nativité, ce linge où le sein corbeille, l’entrejambe flottante dans l’âtre ouverte en tomette au tapis de bête

l’étoile montante

les phares ont de la rose-des-vents

des cheveux de comète

Et dedans les enfants

Des caravansérails sans rois mages à travers une escale en Mandchourie un soir où l’âne et le boeuf passent à table, tu as mis une cravate au chien et les vers en cristal sur l’étable

Au centre le compotier

Encore des cheveux d’ange l’odeur de paille

Le figuier se penche pour voir à travers les carreaux

Venu de loin par la mer le duduk est là sur le sable

Le vent il connaît mieux que personne

Je me rappelle les oranges de Marthe, ce soir tout imprégné de ton jus…

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2019

LES EAUX-NEUVES 6


LES EAUX-NEUVES 6

« Les pensionnaires pudiques »

L’EPOQUE 2019/65

 

Du furet passé entre les lignes les pages ont débouché, pétillant, le vin d’une nouvelle vendange, davantage à quatre mains.  Comme on voit le rempart s’élever pour tenir l’oiseau à l’abri des flèches, l’arbre est venu se dépouiller  pour nager dans sa propre sève. Bivalent fluide d’accouplement. L’automne a mis la mer, la campagne, leurs crêtes moutonneuses, vaches aux pis transsibériens, maisons mimétiques, pierres levées, herbes aromatiques et arbres à médecine en résidence au bassin métaphysique des Eaux-Neuves.

 

 

Tu m’as placée

Aimée reconnaissable

A la main unique qui lui va

Dans l’axe végétal

Avec une urgence nouvelle dans l’accent

Etait-ce pour percer le secret

Dense de l’eau pensive

Ou recoudre l’échancrure

De mots sans éclats?

Consentie et embrassée

l’inépuisable lecture

Trouve sa rive sur les prunelles

Nues du printemps Pole 

Hérissé du complice 

Où le cou cercle la bouche

Boucle nourrie des sens

A habiter en pensionnaires pudiques

Avant de s’en remettreau genou

Lustré des lendemains

Barbara Auzou.

 

 

Le paysage baigne à la base d’un travail de renouveau pour la verticale à ériger en suivant le fil-à-plomb des seins que l’haleine du chien fait rouler jusqu’à la cale. Chair fruitière de la matrice primordiale.

Lucide l’enfant assure son rire

Lui laissant l’éclat de sa cascade  dans l’écume des jours

Barbara à cheval et à l’encre, vibrante guitare.

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2019

 

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LES EAUX-NEUVES 6 – « Les pensionnaires pudiques » – L’EPOQUE 2019/65

Niala – Acrylique s/toile 70×70