EQUUS FERUS CABALLUS


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EQUUS FERUS CABALLUS

Parti de son quartier de Paname, le cheval de trait fit un premier crochet par le Carrousel du Louvre avant d’aller faire un tour de manège et boire au grand bassin des Tuileries. Chemin quotidien du petit matin .

Des années plus tard devenu un rite le cérémonial ouvre le jour

Que le carrefour des quais se distingue et se détache du bruit du ramassage des poubelles ou que l’épaisseur du souci reste du coeur des Halles aux boulevards extérieurs , le brave animal s’en va travailler au chant voisin

Un tombereau pour le ramassage des betteraves, une herse pour briser la motte laissée par la charrue, ou la grande brouette à récolte tirée à la Grange Batelière ça donne au jour du char-à-banc une allure de fête nouée de rubans à la crinière avec un équipage de musiciens entourant les mariés

Impossible d’éviter les jours sombres, ceux qui mettent un drap noir autour de la porte cochère

le corbillard monte la côte à regrets

quelques fleurs sur la caisse et des regards tristes sur le dos voûté des amis qui font cortège

on se retrouve autour de la table qu’un de nous a quitté, la mer balaie d’une vague le mauvais pour laisser que les marées d’un souvenir agréable

alors les enfants rient et on trinque en cognant les  vers

Cheval c’est de toutes les batailles depuis que l’homme en a fait l’ami impérissable

Au matin la roue du soleil  tourne poussée par l’haleine des races équines…

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2019

LA RUE S’ALLUME


LA RUE S’ALLUME

Voici une chanson très courte (à peine trois couplets) qui est sans doute parmi les chansons les plus connues et aimées du répertoire de la grande chanson française. Pourtant, on lui a souvent attribué la mauvais titre.

La chanson ne s’intitule pas  « L’odeur des roses… ».Cora Vaucaire s’amuse d’ailleurs à le souligner lorsqu’elle fait la présentation de la chanson. La chanson tient son véritable titre des premiers mots de la  chanson: « Au dehors, LA RUE S’ALLUME… »

« La rue s’allume » est une chanson écrite au milieu des années 50 et qui est devenue, au fil des ans, un véritable classique de la chanson à texte. Les paroles de la chanson ont été écrite, en 1955 par l’acteur, metteur en scène et compositeur français, Louis Ducreux à qui on doit plusieurs très beaux textes de chansons. La musique de la chanson été composéee par l’arrangeur musical français, André Popp.

Plusieurs grandes interprètes ont, tour à tour, chanté « La rue s’allume », dont Michèle Arnaud qui, je crois, a créé la chanson. La grande Cora Vaucaire chantera magnifiquement La rue s’allume ». Et au Québec, c’est surtout Pauline Julien qui fera connaître la chanson.

Une chanson fétiche
Je vous propose d’entendre ci-dessous deux versions de cette extraordinaire chanson. Vous entendrez tour d’abord, Pauline Julien interpréter « La rue s’allume », avec la vigueur qu’on lui connaît.

Ensuite, j’ai choisi l’interprète qu’on associe le plus spontanément à cette chanson fétiche, soit la regrettée Cora Vaucaire qui n’était presque jamais capable de faire un tour de chant sans se faire demander cette admirable chanson.

 

La rue s’allume
Paroles de Louis Ducreux et et musique de André Popp

Au dehors la rue s’allume
Jaune, orange ou canari,
Une cigarette fume
Près du lit où je lis…
Et moi ce soir ne puis-je supporter
L’odeur des roses ? …

La pluie mouille le bitume,
Son auto s’enfuit sans bruit,
Et la chambre se parfume
D’un espoir évanoui…
Pourquoi, ce soir, ne puis-je supporter
L’odeur des roses…

Il avait un beau costume,
Couleur d’un soir de Paris,
Bleu ou gris, couleur de brume,
Imprécis comme lui,
C’est lui pourtant qui m’avait apporté
Ces quelques roses
Que je ne peux supporter.

SOURCE: J’ai la mémoire qui chante

 

Comme on fait son lit on se couche – Pia Colombo


Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny : Comme on fait son lit on se couche Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny: Alabama
Song

Oh, show us the way
To the next whisky-bar.

Die sechs Mädchen:
Oh, don’t ask why, oh, don’t ask why!

For we must find the next whisky-bar
For if we don’t find the next whisky-bar

Die sechs Mädchen:
I tell you we must die!

Oh, moon of Alabama,
We now must say goodbye,
We’ve lost our good old mama
And must have whisky, oh, you know why.

Show us the way to the next little dollar!

Die sechs Mädchen:
Oh, don’t ask why, oh, don’t ask why!

For we must find the next little dollar
For if we don’t find the next little dollar

Die sechs Mädchen:
I tell you we must die!

Jenny und die sechs Mädchen:
Oh, moon of Alabama,
We now must say goodbye,
We’ve lost our good old mama
And must have dollars, oh, you know why.

 

LA TERRE ENTRE MOI-MÊME ET MOI


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LA TERRE ENTRE MOI-MÊME ET MOI

Une autre écriture une autre langue un autre malheur

les rizières à la place des champs de blé

ici les cosmos et les marguerites là-bas

les montagnes qui se découpent sur l’horizon différemment

J’essaie d’identifier quelques caractères

en les confrontant sur les panneaux de signalisation

aux bizarres transcriptions en lettres occidentales

m’étonnant souvent du son que j’entends

Les enfants qui défilent dans les monuments nationaux

ont des uniformes brillants jaunes pour la plupart

comme le chrysanthème sauvage mais aussi

de toutes les autres couleurs même céladon

Certains de leurs camarades plus âgés

se risquent parfois à se détacher de leur groupe

pour me murmurer « Welcome in Korea »

avec un sourire timidement effronté

Les couleurs des deux drapeaux sont bien les mêmes

mais alors que chez nous cela fait trois panneaux

comme les deux battants immobiles d’une porte

entrouverte on l’espère sur l’aube et le départ

Ici les vagues du yin se lovent dans les flammes du yang

et les trigrammes aux quatre coins ajoutent

le noir de leur écriture mathématique

sur la plage blanche qui claque au vent

L’ail et les cigales comme en Provence

l’explosion des villes et des autoroutes

la hantise des frontières meurtrières

les traces partout des catastrophes et massacres

Amis de l’ancien royaume ermite avant de continuer

mon tour du monde en m’enfonçant de plus en plus

à l’orient si bien qu’à l’extrême je retrouverai

mon village dans ses montagnes à la frontière

Où je vais semer des cosmos pour vous accueillir

tentant de faire passer au brouillard de mes mots

un peu de la lumière de vos soies campagnardes

un peu de la fraîcheur chaleureuse de vos épices

Je souhaite en levant un bol d’alcool de riz

bon voyage à vos inventions votre langue et votre écriture

tout autour du monde pour lui apporter un peu du calme

que vous avez su conserver parmi tant de bruit

 

Michel Butor

TRESSES


Dans le présent qui nous porte manquent ces choses vécues

Ta main au pouls de mon horloge physiologique

Ton odeur sauvage sous la lampe des chevets

Tes mèches pileuses aux pages de tes pistes

Le banc du même regard dedans et autour

Et un Noël en tête à tête face au sapin…

Niala-Loisobleu – 19/12/19

LA NAGE


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LA NAGE

 

 

Nous sommes partis un jour de marguerites embrassés

dévêtus de la barrière et de l’entrave au cou

les nuages de laid ont fondu sur la langue du dragon

et la barque trop lourde est restée dans les lises

pour donner la palme à nos corps  défaits de l’amarre…

Niala-Loisobleu – 18 Décembre 2019

LE CHATEAU


LE JARDIN DE MES NUITS 2010 (2)

LE CHATEAU

Merveille par une soirée de demi-lune : derrière le bruit des douves occupées à serrer leur double ceinture, la masse laiteuse du château, dont la brume estompe les
disparités ; les buis ronds et les buis pointus balisent la sortie vers le large de la plaine ; merveille.

L’orangerie voûtée, la clairière de la pelouse plus grande que toute fête, LE CHATEAUles arbres exhaussés depuis des siècles éduquaient les fils vers la grandeur du
monde qu’un bâtisseur avait su rendre visible. Beaucoup — les comptait-on ? — habitaient un domaine sans proportion avec leur squelette. Grâce au château où
conduisait un grand jardin ils vivaient en mesure.

Chez nous : la pesanteur des corps torturés entassés dans les fentes de la prison ; des femmes dont le visage ressemble à un corps : yeux, bouches et cheveux et narines se
décomposent les uns des autres ; et la haine qui rompt le temps.

Michel Deguy

STRATES BLEUES 1


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STRATES BLEUES 1

 

Passe un vent sonore sur le silence du chemin

on aperçoit des formes qui rappellent tant de choses en une que l’assemblage en passant au spectre dévoile une forme de genèse

écrite d’un souffle équin, dépassement simple fondé sur l’âme du beau

L’odeur d’anciens bûchers tourne autour des cris d’un index établi

A l’angle de la pierre dressée brille la flamme de la survivance , verticale la lanterne des morts tient son arc tendu

au coeur de l’enclos

l’oiseau traverse la peau d’un ventre

nourri d’herbe, l’esprit aromatise le passage

Les yeux se voient à toucher la main à paume en suivant les cailloux semés…

Niala-Loisobleu – 17 Décembre 2019

EMBROUILLES


Le volet grippe et coince à l’ouvrant

Quel lierre se veut en façade ?

Dans la transmission de l’arbre l’hélice passe en gui parasite

Je ne vois pas de lumiere éteinte

Il ne peut donc s’agir que de sort malin à faire partir…

Niala-Loisobleu – 17/12/19

RUE QUI PLONGE DANS L’ABÎME DE LA PRÉSENCE


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RUE QUI PLONGE DANS L’ABÎME DE LA PRÉSENCE

Lugubre cette rue au cent soldats lunaires ?
Non ! Elle creuse et se creuse
Dans la paix du lointain
Jusqu’à une courbe
Où se serre
Son espace

Pieuse rue qui vit avec notre sourire
Et remue avec les phares
Qui y plongent

Nous y puisons notre propre lumière :
Pour y construire un horizon
Invisible
Et veine de la ville
Elle traîne
Son sang
Dans d’innombrables
Chants d’artisans
Dont elle vit

Il n’y a plus ces airs de héros
Pour enchanter notre
Existence
Mais nous rentrons dans
Une résistance : prélude
A la traverse
Du lointain
Et la rue qui s’effile
Dans le cours encore vif du jour
Rentre dans la nuit
Qui s’avance…
Elle nous offre une veille prolongée
Pour accueillir ici
L’inconnue de
La présence
Les murs qui s’effacent
Tracent les frontières
De la lumière
Dans ses équerres où rient
Des abîmes d’ouverture…
C’est la rue prise
Par l’essaim de
La ville
Où se trame le secret
De vives circulations
D’ici on allume un regard
Comme avec les vestales
Qui maintiennent
Les feux de
L’accueil
Aux ombres s’enfonçant sur
Ses lèvres incendiées

D’ici on fait entrer la tendresse
De sauvages proches
Au cœur
Des méandres rangés
Du carrefour
Et on pénètre
Dans la rue…
La nuit venue

 

Alain Minod