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C H A N S O N
Mon cheval arrêté sous l’arbre plein de tourterelles, je siffle un sifflement si pur, qu’il n’est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves. Feuilles vivantes au matin sont à l’image de la gloire)… Et ce n’est point qu’un homme ne soit triste, mais se levant avant le jour et se tenant avec prudence dans le commerce d’un vieil arbre, Mon cheval arrêté sous l’arbre qui roucoule, je siffle un sifflement plus pur…
Saint-John Perse |
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Jour : 15 décembre 2019
NAUFRAGE INFORMATIQUE

NAUFRAGE INFORMATIQUE
La corde d’ombre prise au gel d’un vers glas
et dans la nudité de connaissance le coeur qui patine
encouragé par une rue qui penche en gargouille au pied du cadran solaire
Passent les heures à écoper en plongée
la machine en naufrage
grand transatlantique aux pieds d’argile
pour relancer l’hélice en surface par le trou de l’éclaircie…
Niala-Loisobleu – 15/12/19
JOUE ET DORS…
JOUE ET DORS…
Joue et dors, bonne soif, nos oppresseurs ici ne sont pas sévères.
Volontiers ils plaisantent ou nous tiennent le bras
Pour traverser la périlleuse saison.
Sans doute, le poison s’est-il assoupi en eux.
Au point de desserrer leur barbare humeur.
Comme ils nous ont pourtant pourchassés jusqu’ici, ma soif,
Et contraints à vivre dans l’abandon de notre amour réduit à une mortelle providence!
Aromates, est-ce pour vous?
Ou toutes plantes qui luttez sous un mur de sécheresse, est-ce pour vous?
Ou nuages au grand large, prenant congé de la colonne?
Dans l’immense, comment deviner?Qu’entreprendre pour fausser compagnie à ces tyrans, ô mon amie?
Joue et dors, que je mesure bien nos chances.
Mais, si tu me viens en aide, je devrais t’entraîner avec moi, et je ne veux pas t’exposer.
Alors, restons encore…
Et qui pourrait nous dire lâches?
René Char
NOTRE DEMEURE
NOTRE DEMEURE
Dame de près l’ombre chat sous ta main de peintre
joue
Tandis que l’âge crible la mienne drainant le derme
(et mince taie sur la pupille)
La paume de la nuit en sueur scintille sur la nuit
Une meule d’étoiles se rentre à l’horizon urbain
La lune fardée comme une
Japonaise
Approvisionne là l’immeuble de la nuit
Les feux du stade bordent notre alcôve
Une demande précautionneuse
Cherche ta voix
Que ta diction lente et courtoise exauce
Michel Deguy
PARADISO
PARADISO
Dans les bouts d’aurore accrochés à la nudité des branches
les cris des gibbons arrivent au dernier souffle des chevaux de la rue de Vaugirard
Sur la mer du Nord le hareng sort du vomi
de bière, les marins du chalutier de Bonne Espérance tiennent difficilement le cap sur leur jambes. Les filles avec lesquelles ils ont dégorgés sentaient la saumure dans laquelle ils embarquent leurs rêves en campagne
La patronne a du noir dans l’oeil, j’ai ouvert le hublot pour tirer un saut de bleu dans la ligne d’horizon
Des guirlandes de rues que les sapins tiennent, l’harmonium s’est tu en même temps que le ronflement du projecteur du cinéma Paradiso. L’enfant et le vieillard marchent entouré d’oiseaux. De la douleur qui sort sur le trottoir devant la vitrine du traiteur, les cartons du trottoir libèrent le chien qui sert de couverture à Ulysse, le SDF échoué là. Il montre à tout le monde la photo jaunie d’une femme sortie de son portefeuille vide, en disant elle s’appelait Pénélope. Avant pendant qu’elle tricotait, j’allais à la pêche au Graal
Les bouées de Niki de Saint-Phalle arc-en-cielent de leur gros ventre le glauque du jour, le long du chenal
tour à tour, les oiseaux de mer que l’enfant promène à quai, nettoient leurs yeux. Il les conduira dans la salle et les fera s’asseoir pour leur passer le film d’une histoire autre qu’un conte de Noël où un âne promène des sauts d’ô sur un vieux manège…
Niala-Loisobleu – 15 Décembre 2019





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