PARTIR
Partir
S’il vient sauras-tu le prendre le navire annoncé par les
cinq océans
Sauras-tu éviter les vagues qui viennent mordre le rivage
L’écume dans la gueule blanche à faire reculer la nuit
Pour que le jour ne s’achève jamais
Pour que tu ne te reposes plus
Il y a tant à faire sous le soleil
S’il vient sauras-tu l’ennoblir ce bateau
Décroche un croissant de lune
Et voici une coque longue et fine comme une goélette
Taille quelques rayons de soleil
Et voilà un fier trois-mâts qui relève la tête
Saisis une étoile filante en vol
Et tiens bon la barre aux cinq épines de lumière
Déchire la queue d’une comète
Et mets toutes voiles de feu dehors
Vers le
Nord
Au pays des couleurs bleues où la neige est blanche
Où les troupeaux de rennes traversent les vallées qui
descendent dans les fjords
Nous donnant la mer à la bouche
Vers le
Nord où vagabondent les poésies
Qui nous entraînent dans les pays du beau et du bon
Pars comme se baladait le nain sur l’oie sauvage
Tu prendras le premier oiseau qui dépliera ses ailes devant
ta maison
Ses plumes racontent que dans le froid il y a une odeur de
cheminée
Une main qui désire la tienne
Des moufles en laine de toutes les couleurs qui galopent
sur la prairie
Écoute le chant des bâtisseurs de cathédrales
Leurs voix maçonnent des fenêtres dans nos cœurs
Leurs mains nous montrent les épaves des châteaux de
sable
S’agenouillant à la marée
Implorant la princesse à la robe d’écume
Pour qu’elle revienne du nouveau monde
Nous raconter des histoires à dormir debout contre la vie
Yvon Le Men

Choisir la vie
Toujours…
J’aimeAimé par 1 personne
En l’occurrence si je dois partir je n’aurais certainement pas choisi mais contraint
J’aimeAimé par 1 personne
Regarde ce que tu as entre tes mains
Serre ta chance comme dirait Char et protège-là
J’aimeAimé par 1 personne
« À une sérénité crispée »
«Nous sommes, ce jour, plus près du sinistre que le tocsin lui-même ; c’est pourquoi il est grand temps de nous composer une santé du malheur. Dût-elle avoir l’apparence de l’arrogance du miracle.» Ainsi s’exprime René Char dans À une sérénité crispée.
Ce recueil de notes, d’aphorismes, de réflexions poétiques est un ouvrage aussi essentiel que les Feuillets d’Hypnos. D’un laconisme souvent déchirant, il est, de plus, un manuel de courage témoignant que l’homme lucide et le poète clairvoyant ne font qu’un.
J’aimeAimé par 1 personne
Je crois que je connais
J’aimeJ’aime
Partir sur un trois mats toutes voiles dehors, se jouer des vagues en riant, côtoyer des sirènes enchanteresses et chanter avec elles, voilà une proposition qui n’est pas tomber dans l’oreille d’une presque sourde malouine
J’aimeAimé par 1 personne
Les maloins sont sourds à l’amer
J’aimeJ’aime
mais c’est la mer qui coule dans leurs veines !
J’aimeJ’aime
L’immensité des possibles du sens du mot partir donne le vertige ………. mais la soif est magnifiquement étanchée par ces mots là … merci …. bonne journée
J’aimeAimé par 1 personne
LA SOIF HOSPITALIÈRE
Qui l’entendit jamais se plaindre ?
Nulle autre qu’elle n’aurait pu boire sans mourir
les quarante fatigues,
Attendre, loin devant, ceux qui plieront après;
De l’éveil au couchant sa manœuvre était mâle.
Qui a creusé le puits et hisse l’eau gisante
Risque son cœur dans l’écart de ses mains.
Philippe Jaccottet
Merci Jane..
J’aimeAimé par 1 personne