LANGUE A FLEURS


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LANGUE A FLEURS

Au refus du mur

la vie des reins laboure

sourde aux incohérences des greffes

foulard tenant les  oreilles que le chemin veut disperser

d’un coup d’effroi

La fleur bleue insoumise fait des crans sur sa crosse

des bougies accrochées à cette flamme qui conte au boulier

Niala-Loisobleu – 10/09/19

RUADES


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RUADES

Les toits décoiffés à contre-vent

mettent à la gîte l’aplomb des quilles

Au ber debout le prétentieux domino glisse son jeu de perroquet mécanique

On aurait cru l’anse sûre, le corps-mort fiable , l’ancre indélébile, l’anneau étranger à l’infidélité si le décor de carton-pâte n’avait pris la place du solide granit

Devant la lettre fausse des lises le piano brûle la partition de la musique et des doigts mutilés par la traîtresse lèpre la corne du sabot en révolte s’oppose

Le cheval refuse les mouvements paradoxaux qui drainent en frise aux écuries d’Augias et tire d’airain à la mollesse du oui-ouisme

On ne peut être et laisser paraître au gré d’une diplomatie marieuse

Les squatteurs contaminent plus que des acariens la blancheur du lit conjugal en son ciel

Bavardages diarrhéiques ont mauvaise haleine pour le tricot de la fragrance intime du Nous. Les valétudinaires épaves à la dérive sont perceuses de coques réputées insubmersibles.

Il faut aérer la mer.

Niala-Loisobleu – 10 Octobre 2019

 

 

RUE DE L’ARBRE-SEC


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RUE DE L’ARBRE-SEC

Longtemps l’Arbre-Seul des légendes fut de tous mes voyages longtemps sur la route des nuages un spectre levé sans y croire mais affronté mais poursuivi mais défié sans

autre espoir que d’y voler la voix les bardes de l’épouvantail si souvent allié des fables ou du vent qui met l’infini dans l’infime et le gai désastre au présent.

Longtemps au-delà des lisières

la tentation de jeter tout l’espace dans l’être

et la pensée plus loin que le dernier horizon,

partir si possible au gré de l’impossible

regard lucide cœur égaré

avec volonté d’os goût de blessure sèche

plus la fragile insolence

de qui sait à peine demander son chemin.

Longtemps comme dans les histoires des
Soufis

où l’ironie est visionnaire

l’errance fut la demeure d’un songe aventureux.

L’Arbre-Seul l’Arbre-Sec était

le même interdit le mime paradis qui dérive

de
Terre
Sainte jusqu’en
Perse

qui change le
Tigre l’Euphrate pour
Araxe et
Volga.

Aux confins de
Haute
Asie l’âpreté des déserts

me semblait signe de source, secret

au bord du soleil et des lèvres

sens pleinement éprouvé dans le sens de la marche

et qui cherche le royaume de l’autre

de l’outre-moi du rien immense —

le royaume à l’orée du silence et du vide.

Puis ce fut loin de
Sanglich de
Ralung de
Tsékarmo

loin des instants où la lumière prenait corps

où la lumière donnait corps emportant

le regard la soif composant

un hymne de poussière et d’azur,

une lueur soudaine et si proche

en fin d’après-midi rue
Saint-Honoré

une lumière inverse comme se jouant

dans le murmure d’une fillette essoufflée

qui confiait en posant son cartable

qu’elle allait à l’école rue de lArbre-Sec

Cétait le plus banal à ses yeux

et aux miens plus qu’un éclat de rire :

son père avait été mon premier guide

dans les bazars de
Kaboul avant

que le déporte tout près de cet emblème

une guerre monstrueuse.
Où était

la terre d’accueil?
Qui était l’étranger?

Homayoun notre histoire n’est que l’ombre d’une fable

où s’éclaire par mégarde ce qui nous échappait.

On dit qu’un gibet se dressait en ces lieux plus mort qu’un arbre mort

que l’enseigne d’un marchand célébrait

les rameaux qui séchèrent en
Egypte

au jour du
Golgotha.

Mais sans symbole ni réclame

et à la seule haleine de son nom

la rue dégorgeait bien assez de mémoire

avec
Coligny trucidé en
Saint-Barthélémy

avec les suppliciés de la
Croix-du-Trahoir

et ces cadavres de la grande peste

qui n’ayant rien légué par testament aux évêques

s’entassèrent précisément dessus ce pavé-là.

A
Saint-Germain-l’Auxerrois le bestiaire

a traversé l’enfer des siècles,

griffons ours muselés singes et loups

gardent ensemble les rigueurs romanes

les élans gothiques les ajouts flamboyants

et un homme qui porte un lion sur ses épaules.

Marie l’Egyptienne n’a plus qu’une statue.

Qui se souvient de ce vitrail où la sainte

plutôt que de marcher simplement sur les flots

au nautonier s’offrait

toute troussée pour le prix du passage?

Et qui se souvient du magique enterrement

d’un allumeur de réverbères

que les émeutiers de 48 exaltèrent

pour avoir succombé

à une indigestion de diamants?

Est-il une frontière

rue de l’Arbre-Sec ou bien au
Khorassan?
Un reste de panache plus haut que l’infamie qui poste à d’Artagnan l’envoi de son poème
Hôtel des
Mousquetaires aux bons soins maintenant du rayon parfumerie de la
Samaritaine ?

 

André Velter

L’EPOQUE 2019/58 « TRANSE-MIGRATION 4 »


L’EPOQUE 2019/58 « TRANSE-MIGRATION 4 »

 

Voici « TRANSE-MIGRATION IV » le cinquante-huitième de cette nouvelle Epoque 2019 avec BARBARA AUZOU.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos likes.

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L’EPOQUE 2019/58
« Transe-Migration 4 »
Niala
Acrylique s/toile 55×38

 

Le fourreau noir des yeux où le doute se fend

Ecoute chaque désir s’épeler sur l’instant

C’est le grand éboulement des croupes

L’effondrement joyeux dont le bleu

Profond assure la durée et le secret

Tiède des bords Un navire hurlant

Vire à bâbord dans la région du cœur

Guidé par le vif-argent du mystère et sa chaleur

 Les bouches scellées d’une commune

Frontière font rouler le galet de leur histoire

C’est la matrice le grand écart l’esquisse

Le reflux et le ressac le ruisseau du temps qui repart

Se remettre à l’abri dans sa fosse mythique

Avec assez d’amour pour supporter la vie

Et sa plainte magnifique sous la lune précise

 

 

Barbara Auzou.

CUTANÉE


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CUTANEE

Touffe blanche qu’un soleil donne à l’image. Une ambulance n’a pas qualité pour transporter le cri dans son état de bonne santé

Plus de nouvelles du coq

Angoisse

Oh non un camion n’aurait pas osé

Chair de poule

La branche est tout verte dans la blancheur du vent qui glisse par la sève

Cri de peau

Vite

Quitte ta chaise et ouvre portes et fenêtres.

Niala-Loisobleu – 09/10/19

TOUT DE SUITE


TOUT DE SUITE

 

Le bulle claque sous le pli du tableau qui s’emballe. Un pied encore dans l’atelier, l’autre vers les Récollets.

Soulève cette mèche qui balaie le trajet qui fait le plus court.

La route est fraîche d’encre peinte. J’en ai plein les yeux en permanence.

Comme c’est rond à tenir.

Niala-Loisobleu – 09/10/19

A L’INSTANT


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A L’INSTANT

Le melon est à sa place sur la perruque, pendant que les cheveux s’étirent entre les dents du peigne

Côté ciel, des yeux secs. Pas une larme n’a mouillé les dalles, la terrasse est bonnement sèche, à cet instant je me dis:

-Attelle-toi à la chèvre, c’est le bon moment pour aller vers le jardin tendre d’un lieu de pureté. Le bi-polaire est coincé dans sa névrose. Chouette la soie est à toucher l’arbre qui l’a faite.

J’emballe avec l’entrain du bovin qui a appris qu’un convoi de citerne se préparait à traverser le jardin. L’oiseau sur la hune guette la première fumée.

Je ne veux rencontrer devant les peintures de l’expo que des absences de personnes inopportunes. La Suissesse qui talonne, la maladie qui ponctionne telle une accusation, les imposteurs de tous bords, les qui minaudent, les chiens perdus, non rien que tout ce mensonge que j’abhorre, je ne referai pas le monde mais peux tenir ma porte fermée comme je trie debout le choix de ne ps céder

La Beauté ne s’explique pas elle s’impose.

Niala-Loisobleu – 9 Octobre 2019

 

 

 

JE SONNE CHEZ VOUS – Jacques Bertin


 

JE SONNE CHEZ VOUS – Jacques Bertin

 

Je sonne chez vous, les mains vides
Je ne donne rien que mon chant
Je n’en sais pas les premiers mots ni la musique
Mais entendez
Cette respiration qui est la mienne
Roulée en boule et sur elle retient son chant
Je ne donne que l’amitié dans le bol cassé de la tête
Comme ce chien dans le regard des hommes qui vivait

Heureux celui qui me reçoit dans sa maison
Et de sa main il caresse sa femme
Et les draps sont pliés dans l’armoire à la place des draps
Et l’heure à la place de l’heure
Mais le rire de ton enfant il ressemble à la craie
Et toute chose a l’élan mort des pierres
Je ne donne rien que mon chant mort et qui s’étonne des morts

ENTRE TIEN EMOI 115


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ENTRE TIEN EMOI 115

 

Un regard sur le siège, assis, pendant que des mouvements se préparent, viennent  des impressions de terre fouillée, une buée entoure le sillon ouvert par la griffe de l’oiseau-ours. Oui, c’est vrai ça existe un oiseau-ours et point n’est besoin d’être dans un parc naturel et surtout pas sur un dessus de lit.

Tiens au fait en parlant de lit je n’ai pas cure de ma rivière. Elle est pas polluée.

Nous avons envie de jouer à quatre mains. Sans le piano, avec la plume. On se dirait tout ce qui n’intéresse personne.

Par exemple ce qui rime à fond la prose. Les fleurs du corsage, la bretelle de la plage, le chenal du bassin, vous aimez l’huÏtre verte ? Et au four avec une sauce à la crème ? En ce moment elles se préparent, la fin d’année va les envoyer sur les routes. L’huître en camion y paraît que ça s’étudie dans les usines automobiles à partir d’un nouveau nessaim japonais. C’est pour ça qui qui z’auraient foutu l’ancien dirlo en tôle. Un projet gigantesque qui battrait le beaujolais en faisant de Marennes un bassin plus grand producteur que la Seudre et l’Atlantique réunis. le beurre dedans, plus besoin de tartiner, pour le pain y pourraient semer le blé dans le carter à huile, le vinaigre c’est à l’étude peut-être planteront-ils des citronniers pour que l’ombre fasse refroidisseur. C’est colossal, rien n’arrêtera l’évolution à part la pauvreté de la générosité.

Pendant que tu roules, Ma, arrêtes-toi à Trousse-Chemise, que je sente ce qui fait la fleur de la poésie avec ce parfum si pénétrant que la tête m’en tourne.

 

Niala-Loisobleu – 08/10/19

LA POÉSIE EST MAL NICHUE, ET LE POÈTE EST MAL FICHÉ…


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LA POÉSIE EST MAL NICHUE, ET LE POÈTE EST MAL FICHÉ…

La poésie est mal nichue,

et le poète est mal fiché…

La poésie est dans les mots,
Mordons la phrase à belles dents !
Mais attention au dur noyau
Que la grammaire a mis dedans…

La poésie est dans les flots :
Taillons dans le tissus des vagues…
Mais gare aux traces de ciseaux
Sur la syllabe qu’on élague !

La poésie est dans les beaux
Discours qui choient d’un dieu distrait :
Méritons-nous d’être un héros
Décochant la rime et le trait ?

La poésie est dans les sauts
D’un vers vers l’autre sur la page:
Maîtrisons-nous bien ces accro
Bâties de mouche entre deux nuages ?

La poésie est dans les crocs
D’un serpent fou qui nous instille
Méditatif, l’excès d’écho
Qui envenime notre style.

La poésie est dans les eaux
D’un œil pleureur humecté d’ail,
Mettant la larme à pris de gros,
L’alarme à l’œil et sans détail,

La poésie est dans les dos,
Telle une affiche de réclame :
Merci d’illustrer la photo
A grands coups de supplément d’âme,

La poésie est dans les faux
Sonnets sonnants et trébuchants,
Mélange étonnant de rondeau
Et de ballade à travers champs…

La poésie est dans les hauts
Cris que psalmodient les lettristes,
Mégalos d’a rigolant d’o
Et buvant leur petit lait triste…

La poésie est dans les gros
Bouquins regorgeant d’élégie
Mettant en vers, et en sabot,
Berger bergère et stratégie…

La poésie est dans les pots:
Le pot hésite à se vider…
Méfions-nous de tenter trop
De jouer sur les mots comme aux dés.

Jean-Pierre Desthuillier
Extrait de:  La Vigne Adamantine (à paraître)