PATIENCE DES SIGNES
sublimes excoriations d’une chair fraternelle et jusqu’aux feux rebelles de mille villages fouettée arènes feu
mât prophétique des carènes feu
vivier des murènes feu feu feux de position d’une île bien en peine feux empreintes effrénées de hagards troupeaux qui dans les boues s’épellent morceaux de chair crue
crachats suspendus éponge dégouttant de fiel
valse de feu des pelouses jonchées des cornets qui tombent de l’élan brisé des grands tabebuias feux tessons perdus en un désert de peurs et de citernes os
feux desséchés jamais si desséchés que n’y batte un ver sonnant sa chair neuve semences bleues du feu feu des feux témoins d’yeux qui pour les folles vengeances
s’exhument
et s’agrandissent
pollen pollen
et par les grèves où s’arrondissent les baies nocturnes des
doux mancenilliers
bonnes oranges toujours accessibles à la sincérité des
soifs longues
Aimé Césaire
Au retour de nos échanges verbaux, la mystique des signes est revenue tourner dans ma pensée. Le surnaturel est parfaitement en place dans toute existence. Végétale, minérale, animale et humaine. Comme par le sang on se transporte de génération en génération, on se dirige, se révèle et se rejoint dans un mystérieux décalage ordonné. Le réseau invisible fonctionne (bien que devant subir la contrainte de la bêtise humaine). D’où l’absence de hasard.
Césaire est un prodigieux visionnaire. Cette ténacité sienne procède non de l’espoir en provenance de la faiblesse qui fait se tourner vers un Messie, mais de la force de parvenir au but parce que le portant en lui.
Comme la maison qui nous sera commune le jardin est habitable. La menthe s’étend comme un poil qui tient le ventre par la racine. Les fruits aux branches des épaules s’allongent de tout leur poids pour être mangés sur l’arbre.
La rivière ne coule que vers la mer, union du goût du salé-sucré. Aux flots prenant le ciel et ses moutons pour passagers, une voix se prononce en choeur.
Niala-Loisobleu – 22/07/19

À la fenêtre
la mer inversée de tes épaules rondes qui fait commerce d’aubes et d’horizons
et le refrain de mon regard comme une chanson à mettre de l’ordre dans la frivolité du mot
ton dos
est le revers contre la cruauté qui n’en finit plus de se mordre la vertèbre
un entêtement de violoncelle à se jouer du désordre et du verbe et le cellier plein de toutes les maisons offertes à ton séjour
Palier par palier l’ascension sans détour d’un envol de tourterelles sur l’épine dorsale du monde
Barbara Auzou.(Dans l’Atelier III)
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Du premier bruit des poings arrive là martre et l’absolu du peint écrit
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Au pas de la porte
la biquette se frotte
douceur du lendemain qui vient
Je t’embrasse ma Julie…
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