FLEUR DE FLEUR
Amour, tu pèses ton poids
De fer. de feux et de plumes.
Oiseau forgé qui flamboie
Rouge et criant sur l’enclume.
Pourquoi du fer est-il fleur.
Chevaux, ruisseaux et demeures ?
Je vis de ce fer, j’en meurs.
Est-ce miel, fiel, rose et beurre ?
Mon petit beurre de rose.
Mon sapide miel de fiel,
Floréal parmi ventôse,
Réel, pluriel, irréel.
Ah, de toutes les couleurs.
Immense et de vide immense,
Douleur, délice et douleur.
Ah mon petit fer de lance ;
Ah. ma toute fleur de vigne,
Rien n’est au monde que nous.
Mon petit jeune de cygne
Avec tes jeunes genoux.
Non, tu n’es pas assez nue
Lorsque tu es toute nue.
Mienne connue inconnue,
O mes folles avenues.
Les
Alpes, l’azur, c’est nous.
Mais c’est nous les
Pyrénées.
Les chants, les vents, les années.
C’est nous et nous, mon joujou !
C’est nous les plus nus au monde
Et c’est nous les plus cachés,
O ma vipère profonde.
Mon jardinet, mon duché.
Quelle beauté : tu respires !
Laissons le fagot des mots.
Rien dans les mots ne désire
Assez pour nous, mon moineau.
Nous n’y sommes plus, royaumes.
Vertus, meutes, sacrements.
Adieu.
Nos regards fantômes
N’ont pas existé vraiment.
Perdus, les morts et les mers
Et toutes vignes, perdues !
Je n’ai pour suc et pour chair
Que toi, ma pêche mordue.
Liqueur de cœur, orgue et chœur,
Déserte, chaude et dorée,
Fleur de tout, fleur de marée.
Fleur de fleur, c’est fleur de cœur.
Géo Norge

Devant nous fuse un jet d’eau dont elle paraît suivre la courbe. « Ce sont tes pensées et les miennes. Vois d’où elles partent toutes, jusqu’où elles s’élèvent et comme c’est encore plus joli quand elles retombent. Et puis aussitôt elles se fondent, elles sont reprises avec la même force, de nouveau c’est cet élancement brisé, cette chute… et comme cela indéfiniment. »
Extrait de Nadja, André Breton
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