
LÂCHE DE BRIDE
L’eau tremblerait plus que ta main
A rincer l’écume du cheval parvenu aux semailles
La dernière maison fleurit derrière le volet tenant le jour
J’ai planté le premier mot de l’enfant que tu portes en même temps que tu l’écrivais
Le bateau de papier alors ponté d’encre s’est tissé des jambes
Niala-Loisobleu – 06/04/19
Nous avions établi notre maison du haut dans l’attente rose et le gué tendre, désertant la vie grouillante, pour l’amour du silence , prompts à éloigner l’orage du pavot.
Nous laissions l’arène de l’aile plaintive à la patte molle du jour et aux becs des corbeaux qui contemplaient l’ongle rongé du jardin avec une satisfaction maladive.
Et quand le pouls portait à la poitrine les cors de chasse de la première bruine, nous restions loin du fouet du langage et du poignard du geste pressé.
Les rails du tonnerre retenaient pour nous la vague qui se faisait le dos rond aux rochers escarpés de notre demeure de papier.
Les cordes accrues se nouaient et se dénouaient encore pour tresser le nœud sensible d’un mystérieux accord que nous portions du.bout des doigts comme un objet rare et dur.
Au soleil revenu du matin, nous élevions avec soin les poissons de nos chevelures.
Barbara Auzou.
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Soulevant le chapeau du tagine, l’idée me parvint après que ton odeur d’écaille se soit mise à naviguer dans mon imaginaire aqueux. Laissant les légumes de côté j’ai donc accordé ma nage à la tienne. Nous arrivâmes ainsi au perron de la maison haute en ricochets simultanés par le gué dans un silence partagé. La pensée du cor de chasse de ta poitrine me rend le pouls incontrôlable. Loin des railles de rap vulgaire la chanson douce des embruns a tari la sécheresse du monde austère. La chambre prête à twoo s’est jointe pour écrire les paroles du cri.. Petit poids son deviendra grand…
Merci Ma en bond des lèvres que les vacances ne gardent qu’en chaume…
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Je m’invente un pays où vivent des soleils
Qui incendient les mers et consument les nuits,
Les grands soleils de feu, de bronze ou de vermeil,
Les grandes fleurs soleils, les grands soleils soucis,
Ce pays est un rêve où rêvent mes saisons
Et dans ce pays-là, j’ai bâti ma maison.
Ma maison est un bois, mais c’est presque un jardin
Qui danse au crépuscule, autour d’un feu qui chante,
Où les fleurs se mirent dans un lac sans tain
Et leurs images embaument aux brises frissonnantes.
Aussi folle que l’aube, aussi belle que l’ombre,
Dans cette maison-là, j’ai installé ma chambre.
Ma chambre est une église où je suis, à la fois
Si je hante un instant, ce monument étrange
Et le prêtre et le Dieu, et le doute, à la fois
Et l’amour et la femme, et le démon et l’ange.
Au ciel de mon église, brûle un soleil de nuit.
Dans cette chambre-là, j’y ai couché mon lit.
Mon lit est une arène où se mène un combat
Sans merci, sans repos, je repars, tu reviens,
Une arène où l’on meurt aussi souvent que ça
Mais où l’on vit, pourtant, sans penser à demain,
Où mes grandes fatigues chantent quand je m’endors.
Je sais que, dans ce lit, j’ai ma vie, j’ai ma mort.
Je m’invente un pays où vivent des soleils
Qui incendient les mers et consument les nuits,
Les grands soleils de feu, de bronze ou de vermeil,
Les grandes fleurs soleils, les grands soleils soucis.
Ce pays est un rêve où rêvent mes saisons
Et dans ce pays-là, j’ai bâti ta maison…
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Ce lieu qu’une voix a rendu en corps plus sacré….merci Ma !!!
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Entends,
Il chante déjà sur demain…
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De sa voix douce et prenante je l’entends, bon jour Ma !!!!
SECOND INTERMÈDE – CHANTÉ
Chanté
Dans ce pays plein de cendres amères
Il va germer ce que les cieux semèrent
C’est un avril avant le temps venu
C’est un enfant de parents inconnus
Et comme au vent un peu d’eau qui frissonne
C’est un enfant qui ne tient de personne
C’est un enfant entre hier et demain
Tout le passé dans le creux de sa main
Bien sûr la vie est toujours la plus forte
Quand le soleil s’assied devant la porte
Il se regarde et s’étonne de lui
Dans les maisons que lui laisse la pluie
On a repeint tous les volets en vert
Les jours s’en vont pourtant comme en hiver
Pinçant l’oreille à leurs mêmes ciseaux
Sous le ciel noir comme l’aile et l’oiseau
Mais déjà l’œil de l’herbe s’écarquille
Pour laisser voir le jaune des jonquilles
Un long parfum fleurit dans les passants
Une musique à leur lèvre se sent
Tout semble prêt au venir des vertiges
L’air semble fait pour ce pas du prodige
Comme un joueur cachant son point aux dés
Trahit des yeux son secret mal gardé
Un mol ferait que tout s’évanouisse
Laissez le lin traîner pour qu’il rouisse
Taisez même à
Dieu ce que vous rôvioz
Faites semblant que c’est toujours janvier
Laissez venir cette mer haute et lente
Laissez grandir en vous comme une plante
Ce doux bonheur facilement brisé
Laissez la force aboutir au baiser
Laissez former le chant dans votre bouche
La main frémir de la main qui la touche
Et regardez dans vos miroirs troublés
Lever en vous la jeunesse du blé
À tous les printemps printemps qui ressembles
Tourne vers moi ce visage qui tremble
Verse ton vin dans mon verre ô printemps
Rends-moi mon cœur ma vie et mes vingt ans
Sombre plaisir des soirs légers demeure
Demeure en moi qui renais et qui meurs
Mue et remue amour en moi qui fuis
Comme une rame au profond de la nuit
En quelle année où sommes-nous mon âme
Tout peut changer mais non l’homme et la femme
Ni ce grand cri ni ce déchirement
Et la stupeur soudaine des amants
Tout peut changer de sens et de nature
Le bien lo mal les lampes les voitures
Même le ciel au-dessus des maisons
Tout peut changer de rime et de raison
Rien n’être plus ce qu’aujourd’hui nous sommes
Tout peut changer mais non la femme et l’homme
Louis Aragon
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Bon jour Mon…Bonjour Aragon
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